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belvis

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7 May 2008


Une nuit de tièdeur et de ruines,
Ce goût âpre dans vos bouches de sable,
Sont caries d'un desert miserable
Où s'effondrent les lunes bédouines.
Le jour clair au feston de la langue
Salivant une écume de mer
Qui des bleus, va, couleurs teinturières,
Diluer les flots amples exsangues,
Et de l'ocre étalé sur vos lèvres,
La fraîcheur d'un granit adouci
Lorsque scintillent les dolomies
Qu'aux pénombres, ont lustré des orfèvres.
Vos regards sous l'onyx et le feu
Auront tu que les êtres s'indignent
Du soupçon où nos craintes soulignent
Ce bon gré marchandé par les yeux.
Des jardins derrière les murs
Aux senteurs nues sur la peau
Fleuriront quand des pommeaux
Brumiseront nos airs impurs.....

Je reviendrai.











17 Feb 2008




Et la nuit s'ensoleille au point de l'arcature
Dans ce petit matin de nos mémoires antiques.
Emergeant des tunnels, natales villégiatures,
La côte était flottante, les eaux en italique.
Mes allégresses pleines pour la Venitie,
Aux traînes d'un archet, encielleront andante,
Une blanche saison d'où quelque main brûlante
Moissonnera la terre en camaïeux roussis.
Elle a drainé le coeur doré de l'archipel,
Cette eau qui a troublé l'Eternelle Cité.
S'y cache une princesse, immémoriale et belle
Que portent là, aux fastes, des pierres et des palais,
Où jouent sur le velours, les loups de carnaval,
La patte enfarinée blasonnant sa lagune,
Quand le Rialto en veine fait le dos rond aux lunes,
Argent de vieilles lires qui moirent un Grand Canal.
Encore, je reviendrai y voir le crépuscule,
Celui de nos accents, les bâtards de culture.
Cul-de-jatte toujours au temps des déchirures,
Je graisserai ma botte, chaussant la péninsule...



Poème revisité.












10 Feb 2008


J'aimais...

l'encre d'alise
Et bistre de Felice,
De rousseur et d'incises
Jonchant le clos des lices,

Les froideurs d'Heloïse
Où niche un chien mourant
Que l'aube métallise
De noirceur et de sang,

Les secrets d'Annelyse
Et sa blancheur de craie
Au temps qui se brumise
Dans la poussière des claies.

J'aimais...

Vos beaux endroits
Là, comme un brise-vent.
De mots. De sons. De voix,
Je vais, me souvenant.

J'aimais...

















3 Feb 2008


Baillonnons les enfants que le soir effarouche!
Mais alors berçons-les pas trop loin des cloisons
Où les fleurs, les sangsues ainsi que les mouches
Se piquent, ô combien, d'exalter les moutons.

Chantons-leur la musique de nos barcarolles!
Promenons la nacelle comme on pond un soupir...
Mais alors de l'eau froide et une casserole
Pour noyer de ces chiards outrés, l'art du pire.

Vous boudez, tête d'ange! La laideur vous va bien!
Vos caprices convulsent nos envies de vous plaire.
Lorsque nous ascendants, lansquinons par besoin,
Vous chignez!...C'est pisser en faisant des manières.











20 Jan 2008




Je l'ai vue cette nuit comme on voit en plein jour,
Chantourner les lumières à petits traits de scie.
Du balsa, de l'ébène, ses tranquilles envies
Que les cycles délignent comme trace d'amour,

Une amorce avancée de l'endroit d'un sourire,
Et m'invite à toucher le détour de ses yeux
Qu'elle garde baissés, n'ignorant pour nous deux
Pas la chair ni les mots qui diraient un empire.

Elle entrouvre un huis-clos, de contraste vêtue,
L'encre noire déliée sur les marges si blanches
Et auxquelles je rêve, d'une allusion franche,
Sur les draps en dehors, qui évide son nu.

Je l'ai vue cette nuit et le jour me profile
Une courbe où désir et pudeur dégauchissent
Les tensions de sa peau sous le fil d'un métis
Quand la chaîne et la trame font les aubes fragiles...











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