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poème magnifique et très juste bruno. cette récupération, inévitable, me soulève les tripes. j'ai relu tout son cahier hier, car c'est là sa parole, et rien d'autre. jai écrit un court texte qui va dans le même sens que le tien. seulement il est plus méchant, c'est de l'humour noir, non, nègre :
Le détournement d'un mort.
Maintenant : tous les citoyens français doivent entendre Aimé Césaire, le cul levé. Par delà les portes de la mort. Et s'enfiler jusqu'aux veines des vîts d'esclaves nègres. Soit dit en passant. Le cahier d'un retour au pays natal sera transformé pour l'occasion en gigantesque bouge peuplé d'esclaves nègres. Servez-vous. Sans condoms. Pour l'érésipèle. Rien à voir avec les maladies sexuellement transmissibles. Soit dit en passant. L'érésipèle est césarien. Quelque part. Il est situé quelque part dans le cahier d'un retour au pays natal. Il est dans le corps du lecteur, et le dévore en même temps qu'il dévore le poème. Maintenant : tous les citoyens sont conviés à la grande fête de l'érésipèle. Et vite. Il est venu le temps de populariser ces plaques rouges, ces poussées de fièvre. Des nègres en images d'archives, vêtus d'habits militaires, défilent. Chacun d'entre eux le porte. La pipe n'est qu'à 5 euros 90, et elle s'affiche dans toutes les bonnes usines de livres. Faites-vous aspirer votre semence laiteuse de blanc, par des lèvres dodues d'esclaves nègres. Jouissez. Pensez, la durée d'un éclair, au grand poète que fut Aimé Césaire. Puis vautrez-vous dans la négritude, avec bonheur. Célébrons le combat contre le racisme, sur le dos d'un mulâtre. Chevauchons aux quatre coins du globe terraqué, grisés par le souffle de la liberté. Serrons des mains. La mort du poète Aimé Césaire est une aubaine incroyable. Pressons nous de rendre hommage à l'homme, ainsi qu'à tous ses frères nègres. Et que vive l'intégration, pour des siècles et des siècles. Amen. ***
" Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalyptique. Et la voix prononce que l'Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences, car il n'est point vrai que l'œuvre de l'homme est finie que nous n'avons rien à faire au monde que nous parasitons le monde qu'il suffit que nous nous mettions au pas du monde mais l'oeuvre de l'homme vient seulement de commencer et il reste à l'homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête et nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu'à fixée notre volonté seule et que toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite. "
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"Ce n'est plus de cette facon que la réalité fonctionne dans ce monde, nous sommes un empire maintenant, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Pendant que vous étudiez cette réalité, judicieusement, nous agirons de nouveau. Créant de nouvelles réalités, que vous pourrez à leur tour étudier. C'est comme cela que les rôles sont répartis. Nous sommes les acteurs de l'histoire, et vous, vous tous, ils ne vous restera qu'à étudier ce que nous faisons."
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