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Contes du fou de trèfle, univers en construction |
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May 1 2008, 05:03 PM
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Un trèfle à trois feuilles cueilli au matin, le Fou se pique d'être saisi, sans entrain, d'un grand fou rire. Répétant mots, tons et cadences, il esquisse une pirouette. Demain, jour de fête! On mangera bien. Et aussi, laisser au bercail paresses et langueurs de l'après midi pour les refrains du soir, à la veillée. Viendront les contes, les chants, et les sourires des maquillages. D'ailleurs, le Fou aussi, peinturluré, surprendra tout le voisinage. Costume blanc de rigueur, tracés noirs sous l'oeil, lune blafarde au chapeau; voilà pour séduire le public tout ce qu'il faut. Et l'adage magique? Seuls les hommes rient, seuls les hommes pleurent, seuls les hommes dansent? Le Fou ne sait pas pleurer, alors, il danse et rit en surplus, rétablissant l'équilibre d'un coup de baguette magique. Holà, Fou, cabriole encore! dira t on alors. Mais aujourd'hui n'est pas demain, dit il au trèfle, qui, poli, ne répond point. Les atours de carnaval remisés au placard sont à soigneusement déplier, mais le reste est déjà préparé. Cependant, c'est l'attente, le pire. Qu'adviendra t il s'il ne plait pas? Il lui faudra mettre clé sous la porte et repartir en voyage jusqu'au prochain village. Toujours est il qu'à conter sa vie à une plante, il mérite bien son nom. Répétons mots, tons et cadences! Seuls les hommes rient, seuls les hommes pleurent, seuls les hommes dansent.
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May 2 2008, 06:53 PM
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^^
Au coeur...
Mélomane mélancolique, le Cavalier de coeur a tendance à quérir les hauts lieux bucoliques, perdant son regard dans un horizon lointain dessiné dans le feuillage des bosquets qu'il chérit. Le Fou de trèfle aime bien ce pseudo romantique roulant des mécaniques, qui joue l'artichaut à l'abri des nuages, peu soucieux de montrer qu'il a du coeur aux gros légumes de la Cour. Et pourtant, se dit le Fou, combien on y gagnerait. Mais, saperlipopette! Qu'y peut on si l'homme est timide? Ou plutôt, réservé. Les gentes dames de la cour ne jurent que par monseigneur, mais du diable si l'une d'entre elles profitent d'une once de ses faveurs! D'ailleurs, à ce propos... Figurez vous que la Dame de Pique a reçu en cadeau une rose...rouge, de surcroît! Le fait serait banal-la Dame ne manque point d'admirateurs, il est vrai- si le lieu de découverte de la fleur n'était si osé! Sur le palier même de sa chambre! Quel audacieux a ainsi pu se risquer dans les appartements de la belle pour en ressortir si discrètement, sans être vu par quiconque? Et bien, il n'a pas pu. Car lui, Fou, l'a vu... Olà, quels regards noirs on lui lance... Comment croyez vous qu'un Fou à la Cour s'en sort? Pirouettes et plaisanteries ne plaisant pas forcément à tous, il faut bien trouver ses protections un peu partout....mais il se jusitifera bien, en son heure. Toujours est il qu'il a coutume, il est vrai, d'errer dans les recoins du chateau et qu'un coup de veine lui permit de voir dans le couloir...un jeune homme de bon aloi....se faufiler en dehors des quartiers de Madame. En tout bien tout honneur, je dois vous dire: il avait la certitude que celle ci était absente, au manège avec sa cousine d'Epine, de concert aux figures équines. Quelle ne fut pas sa surprise. Le renommé de Coeur! Mazette. Quelque part, il fut déçu, le Fou. Une information, tombé sur un autre, lui aurait valu une soirée de bons divertissements sans trop forcer sur l'invention. Mais c'est un ami cher..qui, en se lançant dans cette voie, pourrait s'amener des ennuis! Elle n'est pas Pique pour rien... Autant pas ses propos que par ses actes, la Dame est intraitable. Belle, mais perfide, hélas. Les éconduits, s'ils sont nombreux, ne reviennent guère à la charge; les coups pris après procès sont par trop douloureux. C'est pourquoi le bouffon du roi se décida à quérir l'homme de Coeur, ce mousquetaire aguerri à sa cachette de lierre..
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May 3 2008, 11:02 AM
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De l'autre côté...
Le Fou de trèfle, un jour de nuit, a donné patte grise à la porte. La sentinelle, d'humeur chagrine, regarda cet étrange disparaître dans la brume de pluie. Pourquoi, se dit elle alors, pourquoi les fous s'en vont toujours au matin? S'il savait, ce sédentaire. Le Fou de trèfle pourrait lui dire: allons, voisin, le chemin est long jusqu'à la prochaine ville, voilà pourquoi. Partir avant la couleur du miel dans le ciel, à l'heure du chien loup, voilà qui assure le couvert autre que sous la lune.
Le Fou de trèfle y pense, à cet être perplexe. Et à part lui, imagine une toute autre réplique: ah, compagnon du moment, le mouvement est dans l'aube! Avant complies viennent verve et veine de l'artiste accompli!
Hélas, faut il en convenir? Le Fou donnerait sa langue et et sa peau de chagrin pour un lit à cette heure. Malheur lui a pris la veille, dommage, une pitrerie fausse farce lui a coûté sa place. Piteux et pitoyable, c'est ainsi que proscrit, le Fou de trèfle avance clodiquant sous la bruine.
La sentinelle au loin éteindra sa chandelle. Ménageant la bonne cire, il s'enveloppe dans sa cape.
Et le pierrot mouillé, lui s'éloigne.
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May 4 2008, 12:10 AM
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 C'est cool! Merci ^^ Forme différente mais fond dans le même genre: L'Enfance Au chemin de poussière couru d’empreintes Pierrot couleur de lune se tient debout séant. Parcourant le monde contenu dans la pièce, S’arrêtant aux tournants ravagés qu’il emprunte. Vaste lieu tournoyant déserté au portail béant, Patiné de souvenirs, d’échos fantasques, rieurs, Terni à maints endroits de colère et de pleurs. Sur la gauche, Fou, admire la merveille ! Une corolle séchée d’après midi à ras bord pleine de fleurs Un cheval éméché à la crinière de laine Des bonbons de verre se battant en duel Des merveilles de pacotille qui se réveillent, Avant de retomber dans l’ombre derrière toi. Attire l’attention ce chat dans sa chaussure de porcelaine Qui te suit du minois sur ton chemin de terre, Soulevant au passage une douce odeur de sel, Les premières amertumes, les attentes déçues Et les débuts d’expérience de la solitude Les images papillons plus loin se posent sur tes épaules Racontant les amis, les chamailleries de classe, Les sorties découverte, les jeux de cour, la joie La mélancolie des après midi d’ennui. Une brise fraîche chante dans les ébréchures Tu vois ? Dans cette structure de verre Cassée sur les côtés, fissurée au milieu : Les angoisses et les peurs retenues à grand’ peine. En l’effleurant, tu en sens la froideur ; tu frissonnes. Accélérant l’allure, tu observes plus loin La visite s’éternise, la pièce t’absorbe, immense Le temps ici, c’est les fées qui le tiennent. Le chemin s’éclaircit, pourtant, et l’air paraît plus terne Tu arrives à la porte à l’autre bout de la pièce. De métal et de fer, tordue, un peu branlante. Tu en pousses le battant, enjambe le chambranle. Jetant l’ultime coup d’œil, tu quittes le monde Enfance.
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May 4 2008, 11:21 PM
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La tour de Pique
Les yeux tournés vers le trou dans le toit, la fillette frissonne sous l’air froid qui s’engouffre. Elle parcourt les arches inquiètes qui se décousent, où, par endroits, un souffle déchire la pierre; à d’autres, il la caresse pour mieux l’effacer. Les hommes sont passés; leur musique s’est éteinte; désormais, le vent chante dans les couloirs, voix d’un orgue déformé qui s’ébrèche. Et elle, malicieuse, reste sous les lierres fanés jouer à la marelle. Aux seuils sont suspendus encore des soldats de paille et de terre, clochettes jouant l’air des nouveaux venus qui ne viendront plus; le vent joue au convive et les agite, impatient. La poussière danse sur les rayons de soleil et de papier. Les hommes ont décrit; les images se sont fanées; la lumière perce par les fissures des toits effilochés. La petite fille, échevelée rit dans les voiles de l’air emmêlé. Aux murs s’accrochent encore des feuilles d’histoire et d’expérience, aux couleurs vives gagnées par le gris de l’abandon; la sciure berce et endort les écrits délaissés , apaisante. Des vestiges écrits, la petite fille explore les reliures, et écorche les dorures. Mais elle s’ennuie, aujourd’hui, dans ces décombres, et pense à partir, courir, toucher la route ci-devant. En attendant, elle monte les escaliers descellés, s’agrippe vaillante aux plantes grimpantes, pour suivre son ascension. En allant au sommet, elle grandira un peu, exposée aux quatre vents. Mais, ô surprise ! Elle le sent au craquement de la pierre, au silence des rainures, au claquement des graviers : sa corniche est déjà occupée. Etonnée, curieuse, elle se hisse, et qui reste à sa place favorite ? Un altier personnage de vermillon vêtu, aux étoffes de sang d’encre cisaillées d’écarlate : le Cavalier de Cœur, qui l’accueille au passage. Tourmaline, la maligne, dépenaillée à l’opposée, lui sourit en retour, et, trêve de plaisanterie, le rejoint, jambes ballantes, vive gardienne, au bord du grand vide. Contemplent ainsi la route, chevalier tristounet et petite Tour de Pique, en silence pensif.
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May 17 2008, 11:45 AM
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Citation (Le fou de trèfle @ May 4 2008, 01:10 AM)   C'est cool! Merci ^^ Forme différente mais fond dans le même genre: L'Enfance Au chemin de poussière couru d'empreintes Pierrot couleur de lune se tient debout séant. Parcourant le monde contenu dans la pièce, S'arrêtant aux tournants ravagés qu'il emprunte. Vaste lieu tournoyant déserté au portail béant, Patiné de souvenirs, d'échos fantasques, rieurs, Terni à maints endroits de colère et de pleurs. Sur la gauche, Fou, admire la merveille ! Une corolle séchée d'après midi à ras bord pleine de fleurs Un cheval éméché à la crinière de laine Des bonbons de verre se battant en duel Des merveilles de pacotille qui se réveillent, Avant de retomber dans l'ombre derrière toi. Attire l'attention ce chat dans sa chaussure de porcelaine Qui te suit du minois sur ton chemin de terre, Soulevant au passage une douce odeur de sel, Les premières amertumes, les attentes déçues Et les débuts d'expérience de la solitude Les images papillons plus loin se posent sur tes épaules Racontant les amis, les chamailleries de classe, Les sorties découverte, les jeux de cour, la joie La mélancolie des après midi d'ennui. Une brise fraîche chante dans les ébréchures Tu vois ? Dans cette structure de verre Cassée sur les côtés, fissurée au milieu : Les angoisses et les peurs retenues à grand' peine. En l'effleurant, tu en sens la froideur ; tu frissonnes. Accélérant l'allure, tu observes plus loin La visite s'éternise, la pièce t'absorbe, immense Le temps ici, c'est les fées qui le tiennent. Le chemin s'éclaircit, pourtant, et l'air paraît plus terne Tu arrives à la porte à l'autre bout de la pièce. De métal et de fer, tordue, un peu branlante. Tu en pousses le battant, enjambe le chambranle. Jetant l'ultime coup d'œil, tu quittes le monde Enfance. Il y a des images magiques... Pauvre Pierrot. Amicalement ClaricorneCitation (Le fou de trèfle @ May 5 2008, 12:21 AM)  La tour de Pique
Les yeux tournés vers le trou dans le toit, la fillette frissonne sous l'air froid qui s'engouffre. Elle parcourt les arches inquiètes qui se décousent, où, par endroits, un souffle déchire la pierre; à d'autres, il la caresse pour mieux l'effacer. Les hommes sont passés; leur musique s'est éteinte; désormais, le vent chante dans les couloirs, voix d'un orgue déformé qui s'ébrèche. Et elle, malicieuse, reste sous les lierres fanés jouer à la marelle. Aux seuils sont suspendus encore des soldats de paille et de terre, clochettes jouant l'air des nouveaux venus qui ne viendront plus; le vent joue au convive et les agite, impatient. La poussière danse sur les rayons de soleil et de papier. Les hommes ont décrit; les images se sont fanées; la lumière perce par les fissures des toits effilochés. La petite fille, échevelée rit dans les voiles de l'air emmêlé. Aux murs s'accrochent encore des feuilles d'histoire et d'expérience, aux couleurs vives gagnées par le gris de l'abandon; la sciure berce et endort les écrits délaissés , apaisante. Des vestiges écrits, la petite fille explore les reliures, et écorche les dorures. Mais elle s'ennuie, aujourd'hui, dans ces décombres, et pense à partir, courir, toucher la route ci-devant. En attendant, elle monte les escaliers descellés, s'agrippe vaillante aux plantes grimpantes, pour suivre son ascension. En allant au sommet, elle grandira un peu, exposée aux quatre vents. Mais, ô surprise ! Elle le sent au craquement de la pierre, au silence des rainures, au claquement des graviers : sa corniche est déjà occupée. Etonnée, curieuse, elle se hisse, et qui reste à sa place favorite ? Un altier personnage de vermillon vêtu, aux étoffes de sang d'encre cisaillées d'écarlate : le Cavalier de Cœur, qui l'accueille au passage. Tourmaline, la maligne, dépenaillée à l'opposée, lui sourit en retour, et, trêve de plaisanterie, le rejoint, jambes ballantes, vive gardienne, au bord du grand vide. Contemplent ainsi la route, chevalier tristounet et petite Tour de Pique, en silence pensif. J'attends la suite! Amicalement Claricorne
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