Dans tes grands yeux miroirs, grand-mère
Posté par Esmargod, Sep 23 2007, 08:19 PM
Dans tes yeux miroirs, grand-mère…
Dans tes yeux-miroirs les nuages déjà
Portent les premiers signes de la nuit ;
Les trains de l’autre côté de la vitre,
Avec leur traînée d’argent et de feu
Sont comme des étoiles filantes.
Ah ! Pouvoir encore un peu,
Accrocher des rayons d’autres jours ;
Tout n’a pas été dit.
Il suffirait d'un presque rien,
Juste un peu de temps…
Le temps qui n’est rien qu’illusion.
L’obscurité connaît son triomphe
Sur nos prières, misérables autels d’égoïsme.
Déjà le jour n’est plus qu’un souvenir.
Dans tes yeux-miroirs, encore ajouter
Quelques rires et quelques fleurs
Pour un tableau du bonheur
Qui s’estompe soudain.
Au fond des tes prunelles argentines.
Ton regard, d’hier, porte nos amours
Plus loin que l’horizon menteur.
Un sourire mystérieux naît tout à coup,
ne s’abusant pas de nos espoirs superflus.
Toi, tu sais déjà la paix qui t’attend.
Déjà le jour n’est plus que souvenir.
Dans tes yeux-miroirs, des anges blancs
Effacent les souffrances de la chaire.
Ah ! Pourquoi les fermes-tu déjà ?
Pourquoi ne nous laisses-tu pas
Contempler encore le ciel de nos vies
Pour y déposer des fleurs de printemps !
La nuit pressée tout à coup,
Comme un cheval au galop,
Avançant en aveugle, pour nous tombe trop tôt .
Déjà notre jour n’est que souvenir ….
Dans tes grands yeux-miroirs, grand-mère !
Arwen Gernak
Le passage obligé
16-04-07
J'ai perdu ma grand-mère la veille de cet écrit. Je garde intact en ma mémoire le regard qu'elle avait. Ses yeux qui ne sont déjà plus de notre monde et qui vaguent on ne sait où. Je n'oublierai jamais ce regard, ce regard encore là mais tellement absent déjà.
Ma douleur aussi est intacte, comme alors.
L'autre
Posté par Esmargod, Sep 17 2007, 09:49 PM
L'autre.
Nous ne sommes rien,
Ni vous, ni moi,
Rien que d'éphémères instants
Dans l'énigmatique éternité.
Rien que des poussières incarnées
Qui ne laisseront point de traces.
Nous ne sommes rien,
Des milliers de rien qui font L'entièreté de l'humanité.
Mais dans tes yeux,
Il y a tout.Il y a l'immensité de l'amour,
L'infinie douceur des soleils mourants.Dans tes yeux où le ciel se mire,
Passent les oiseaux les plus gracieux.
Comme des lagons enfermés
Entre des forêts noires papillotantes,
Tes iris nous appellent.
Tu es tout ce qu'il suffit
Pour qu'un instant éphémère frétille.Sans toi, nous ne sommes rien,
Rien que des fragments infimes,
De minuscules grains perdus,
Quelque part dans l'infini du gris.
Nous ne sommes rien que pluie en suspension,
Le temps que tu es là.
Dès que tu disparaîs le soleil nous évapore,
Nous pulvérise dans le néant.
Toi, l'autre qui nous est destiné,
Toi, de chacun la moitié,Toi tu es tout….
Nous, nous ne sommes rien.
Arwen Gernak
Dans Le Matin, Tu Brilles....
Posté par Esmargod, Sep 13 2007, 09:06 PM
Dans le matin, tu brilles, petite étoile...
(A Morningstar)
Venez, gentils, vous insinuer dans la truculence
Des nuits trop longues et fausses de lourd silence.
Ne les voyez-vous pas ? Juste là, les âmes dansent.
Des squelettes, ces pleutres, rampent sur leur panse.
Ils n'ont point encore acquis la forte assurance
C'est la fête au royaume de la purulence :
Partout, plane cette odeur âcre de chair rance,
De putride jardin que la mort ensemence.
Pourtant, de ce macabre lot de transhumance,
Ecoutons, nous qui vivons, la sourde romance
Jaillir au-delà des croix, curieuses potences.
Entendez comme est opiniâtre sa naissance,
Un chant porteur infatigable d'espérance
Au milieu d'un monde insensible à ses instances.
Et te voici, toi petite fille, pleine d'insouciance,
Avec ton visage toujours empreint d'enfance,
Te voici, douce et les yeux couleur d'innocence.
Pour toi, pour empêcher qu'encore tu t'avances,
Je donnerais ma vie avec toutes les chances
Qu'elle m'offrit en guise de remontrances.
Tu n'as pas l'âge de sermonner tes souffrances !
Qui de vous, qui de nous, s'arrête sur tes silences ?
Ta voix semblable au rossignol pourtant s'élance
Par delà les doutes, jusqu'à la clairvoyance
Qui nous fait défaut, nous qui méritons quittance
Pour nos vies menées souvent avec outrance.
Tel un lys blanc dressé dans un charnier immense,
Comme le Fils du Père accepta la sentence,
Tu brilles, petite étoile, plus fortes que la pestilence.
Que ton nom soit une leçon de vaillance
Pour nous les sots qui galvaudons sans décence
Ton présent, oublieux de toute bienveillance.
Pardonne-moi, si tu peux, ces quelques stances
Ineptes à effacer l'injuste sentence.
Arwen Gernak
Matins Oniriques
Posté par Esmargod, Sep 13 2007, 08:53 PM
Matins oniriques
Que nos paupières se closent,
Sans crainte ni remords,
Sur des présents à venir
Soigneusement enveloppés
Par de scintillants papiers de rêves.
Pour protéger ces précieux mystères :
Quelques rubans d’or,
Empruntés à des chevelures féeriques.
Qu’ils s’ouvrent, à l’heure encore frileuse,
Sur des jours nouveaux,
Comme tant et tant
D’étrennes merveilleuses
En apparats assortis
A nos plus chers espoirs !
Arwen Gernak
Le Vert écrin Des Songes
Posté par Esmargod, Sep 10 2007, 10:28 PM
Je confie quelques vers, fruit de mes songes.
Que le firmament azur vienne et les ronge
Afin qu'ils échappent ainsi au néant











le Matins Oniriques