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Mon père, ce Héro

Posté par Damabiah, 17 avril 2007 · 3 visite(s)

Je n'avais pas de mots pour dire la fierté
  Que je portais en moi lorsque dans ta main
  Je plaçais la mienne et lorsque dans tes pas
  J'essayais de marcher, lorsque même ton nom
  Résonnait en moi plus fort qu'un clairon
  Sur un champ de bataille et lorsque ton ombre
  Défiant les montagnes passait furtivement
  Devant ma porte le soir éclairant de lumière
  Le plus sombre cauchemar, et lorsque ta voix
  Faisant fuir le tonnerre chassait tous les démons
  Qui peuplaient cette terre, lorsque dans tes yeux
  Je lisais un sourire ou juste une attention
  Qui me donnait un sens et te plaçait plus haut
  Que n'importe quel dieu, je crois que j'aurais pu
  Tuer pour défendre mon droit d'avoir en veines
  Le même sang que toi -berceau de ma haine-
  Car je n'ai eu de mots pour te dire le venin
  Qui m'a terrassé lorsque la vérité
  Aussi cinglante qu'un fouet a surgit d'un aveu,
  Lorsque alors j'ai vomi tout ce que tu étais
  De la voix jusqu'au nom, lorsque tout en toi
  Transpirait le mensonge, lorsque même ta mort
  N'aurait pu rassasier ma soif de vengeance
  Dans mon cœur blessé, lorsque trop de larmes
  Ont étouffés mes cris, lorsque être ta fille
  Etait la pire insulte que l'on eût inventé.
  Puis je n'ai eu de mots pour dire l'oubli
  Dans lequel est tombé le plus loin souvenir,
  Lorsque le temps a refermé les plaies
  Lorsque la pluie a sans doute effacé
  L'image du père que j'avais tant souhaité
  Lorsque j'ai compris que l'erreur n'était
  Pas en tes dires mais en mes espoirs fous
  De t'avoir cru surhomme ou d'avoir imagé
  Un parfait idéal que sur toi j'ai calqué.
  Et aujourd'hui les mots me viennent en tête
  Peut être parce qu'en toi j'ai accepté faiblesse
  Parce que mes idéaux ont aussi pris maîtresse
  Qui se nomme « raison » et parce que ma vie
  M'a prouvé que l'amour n'était pas éternel
  Mais que les liens de sang sont bien des plus réels
  Parce qu'aujourd'hui j'ai le cran de te dire
  Qu'en père que j'ai maudit tu n'étais pas le pire
  Que mon enfance fut celle dont j'aurai pu rêver
  Que tu as couvert les espoirs que j'avais
  Que grâce à toi j'ai pu rire d'insouciance
  Qu'assez d'amour en moi a effacé souffrance
  Et que pour rien au monde je ne voudrais changer
  Mon passé contre un autre où tu aurais manqué
  Et grâce à tout cela tu m'as plus apporté
  Qu'orgueil et inconscience où j'aurais pu tomber
  Qu'aujourd'hui je suis celle que j'ai tant espéré
  Et qu'en quelques années j'ai vécu une vie
  Bien plus riche qu'une autre, pour tout cela merci.
  
  Sache que lorsque mon regard se tourne vers le tien
  Je trouve que mon héros n'est pas parti bien loin




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