19.8.2006 - Chants de l'errance (extrait)
-Les démons à visages humains
Têtes de buffle et pieds de fourmis
Qui voient le bien dans la laideur et le beau par le crime
Jour et nuit à présent piétinent la terre sacrée
Sacrée malgré l'affront l'assaut et la souillure
Malgré les sept armées du viol
Sacrée sans fin sacrée même si le trouble gagne
Le repos éternel des architectes en humanité
Ici
Dans le sol immobile de la mort.
Je vis distinctement des larmes glisser sur son visage
Les yeux au loin me traversant comme l'air
Le grand Sanâ'î poursuivit:
-Je vois aujourd'hui parmi vous ô mes fils
Des prétendants en foule à rêver de pouvoir
Et des foules de mes fils en exil
Egarés ignorants désarmés face
Aux ambitieux dévots aux avides dévoués
Et j'avais dit il y a longtemps pour eux
Ces nouveaux venus des temps de ruine et de malheur
Fascinés par le pouvoir et marchandables à merci
Ne rêvent en fait que domaines et jardins
Luxe puissance et gloire
Coeurs sans raison ni loi
Visages lunaires intelligences ténébreuses
Nids d'aigle et colères de faucon
Yeux de vautour et langues de perroquet
Ils se pourchassent entre eux aussi durement
Qu'ils massacrent les justes
Dénonçant l'un comme mécréant et l'autre comme pécheur
Démons grimaces à visage humain
Présences du mal aux cotés du monstre
Ils sont le monstre et sa tyrannie
Et qui se réjouirait de leur tyrannie
A ceux là qui ont parole fleuve et connaissance nulle
Mais en vérité le repos des architectes n'est pas troublé
Dans le sol immobile de la mort
Les sages tissent la trame du ciel mobile de la vie
Les enfants de ce sol et de ce ciel
Les enfants en beauté et en vérité
En vérité triompheront des armées de l'enfer
Va retourne en ton exil et dis le à mes fils
Ici dans le sol immobile de la mort les sages de ce pays
Tissent la trame d'un ciel où seuls crient les oiseaux.
Sayd Bahodine Majrouh
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