Esméralda
Il n’y a pas si longtemps encore, on la disait
Par le démon toutes les nuits le corps secoué,
Car son buste s’était paré des fruits nouveaux :
D’une fière poitrine, aux seins portés très haut
Les nuits de la saint Jean, nuits des bacchanales,
Elle était alors Esméralda, vierge et femme fatale,
Et elle dansait en virevoltant en jupons retroussés
Pieds nus et fines chevilles, de chaînes d’or cerclées
Tentante et farouche elle frôlait les hommes, insolente
Eux de leurs regards embrasés convoitaient son corps
Et rêvaient longtemps après de cette bouche impudente
Beau fruit mûr dans lequel ils se seraient perdus encore
Troublés par son parfum entêtant quand elle les frôlait
Pour l’avoir dans leur couche ils auraient donné leur âme
Mais d’une vive feinte amoureuse d’eux elle se dérobait
Elle n’était qu’un mirage, une idole, mais pas une femme
Esméralda
Débuté par ELYSE, mai 15 2008 12:42
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