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Naufrage


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#1 Perthro

Perthro

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  • TLPsien
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Posted 19 December 2005 - 06:18 PM

C'est aujourd'hui Mardi et nous appareillons
Sur un bateau trois mats dans le port du Havre.
Comme à mon habitude, quitter la terre me navre
Car je suis étranger parmi les moussaillons.

Je faisais route avec ma chère et tendre femme
Qui n'avait qu'une idée : visiter l'Amérique,
Elle voulait voir de près ce "monde féerique"
Et vérifier si il méritait qu'on l'acclame.

Alors que nous voguions depuis plus d'une semaine,
Le vent était constant et il gonflait les voiles.
Mais ce jour là, puissant à faire céder les toiles,
Nous comprîmes ce qu'était la dimension humaine.

Les vagues ainsi grossies démontaient l'océan
Alors que l'équipage démontait la voilure.
Le capitaine, sincère, nous dit qu'à cette allure,
Dans une heure nous serions tous réduits à néant.

Une lutte débuta : l'homme face aux éléments.
Balancée par la houle, notre frêle navire
Voulait rester intact avant qu'il ne chavire.
L'honneur d'un bateau face à  la force du vent.

Fermés dans nos cabines, nous attendions la mort
Sur une coque de noix transformées en radeau.
Nous sentions l'embarcation voguer en lambeaux,
Les illusions perdues, attendant notre sort.

Le premier mat tombé tua un matelot.
Ce drame ne précédait que de peu le naufrage :
Une vague gigantesque mis fin à ce voyage,
Nous nous retrouvâmes tous éparpillés dans l'eau.

Ceux qui savait nager s'arrimèrent à des planches,
Mais bien d'autres coulèrent, assommé par le choc.
Quel horrible spectacle en cette belle époque,
Les hommes prenaient la mer et la mer sa revanche.

Accrochéà une porte, je ne pus que pleurer
Ma femme. Je souhaite que son âme repose en paix
Au fond d'un océan d'un tout autre aspect
Que j'ai quitté au Havre et j'en suis écoeuré.

Autour de moi, personne, c'était une hécatombe.
Une heure avait passé depuis le cauchemar,
La tempête cessait, se levait le brouillard.
Les hommes avaient rejoint leurs sous-marines tombes.

Mais moi, les dieux eux-mêmes m'empèchaient de faiblir :
Je ne pouvais mourir sans avoir essayer
De revenir vivant pour pouvoir raconter
Ce terrible naufrage et pour s'en souvenir.

Je devais périr noyé, à bout de force,
Vingt minutes plus tard, dans une mer calme.
C'était il y a cent ans que c'est passé ce drame,
Et le temps, à présent, m'a volé mon écorce.




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