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Un pré sioniste

Posté par manado, 30 décembre 2009 · 856 visite(s)

Point-sans-faux lisait Nous Deux Sud Est Algérie Express.
Virgule-Gueule de Mouche se réveillait doucement sur sa couche-toi là. Un éclat de lune renvoyé par l’étiquette en quête de miroir du camembert vieux porche de service inondait la pièce un pré sioniste. Point-Virgule le gars main, un peu nain, une sucette au coin des lèvres, finissait sa choucroute.
Un bruit de clef dans la serrure, c’était Ni-Col-Ni-Cravate, la femme de mes nages. Avec son masque et ses palmes acacadémiques, son tube à spires à c’t’heure en avance d’une pellicule Kodak. Elle venait à la rencontre du monde des choses. Oui, les chausses. Chaussons, chaussettes, chausse-qui-peut, tout y passait.
Elle tenait de son père, Uke, une calvitie précoce à écosser les petits pois rob. Elle était chauve et chauvissait ses petites oreilles en parlant.
Je vais finir les quelques feuilles de salade qui traînent dans la sauce tomate avec les croûtons et les épluchures de pommes en vrac sur la table de la cuisine et je reviens te raconter la suite qui n’est pas triste tu t’en doutes…
Voilà, j’ai sauvé le pas-tri-moîne. La petite auto-mob débile et des champs est à sa place de park-in.
Donc, Point dit à Virgule, sa tendre : « il faut s’attendre à tout ».
Nous allons enfermer Ni-Col et Point-Virgule dans l’accu cuisse in pour pouvoir nous raconter calmement nos sorts-titi-Lèges-Cap-Ferret.
C’était une manie chez lui, ça lui venait régulièrement comme une montée de laid.
Un haussement des pôles et c’est toute la couche d’eau zone qui file en douce dans les étoiles. Oh ! Mon grand Lugwich-Van-Gogues, je me tire illico à la chasse. Et tu me colles à la peau comme une vessie d’esturgeon. Jonquille et coq-lit-knout. Ton fou est un supplément de première classe. Nous allons trier l’abîme jusqu’à l’équateur. Et nous l’annoncerons à grands coups de ra sur le tambour faitout pour aujourd’hui.
Quel en-goitre ! Mon bassin rétréci à vue d’œil. Un peu de goménol s’il-te-loutre ou je me mouche dans ma virgule.
Ecoute, mon fakir famélique, assumes tes virus ! Sinon ton rayon a toutes les chances de devenir inactinique.



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    Salvador de Bahia

    J’aime ce pays. Tout ce fatras, ce mélange, cet anachronisme, ce cosmopolitisme ambiant me va bien. Hier matin par exemple, lever 5h30, recherche sans espoir d’un café autre que le nescafé du bord. Tentative longue et longtemps infructueuse jusqu’au détour d’une ruelle qui débouche sur une petite place. Une petite entreprise improvisée sur un vieux bidon propose un thermos de café avec un pack de lait et un gâteau de semoule. Quel bonheur ! Assis sur le trottoir pour déguster ces délices, plutôt à l’ombre car déjà le soleil donne. Devant nous au premier étage d’un bar, ça se déhanche grave, sans aucun doute depuis le début de la nuit, un chaloupé d’enfer d’hommes et de femmes les yeux hagards, la clope au bec et le verre à la main. Une réplique en miroir sur le bitume. Fascination de cette aisance corporelle naturelle, spontanée, minimaliste et pourtant essentielle, touchant droit à l’expression vitale. Dans la ville basse, à part cette bulle, c’est le désert. Essayons de voir plus haut. Escalator à 3 centimes en trente secondes. Les portes s’ouvrent sur un monde dantesque. Des corps partout, dans toutes les positions, au milieu de gobelets en plastique. La fête a été chaude, tous les Saints ont été honorés incontestablement. Les images sont gravées dans la mémoire, l’appareil photo est resté rangé. Le silence est surréaliste. On avance, on avance et partout les mêmes images. Des pieds en l’air sur les marches en pente raide des églises, les corps se devinant par translation de transsubstantiation comme dans la bible. On avance, on avance dans la ville coloniale. Les images et les souvenirs reviennent par vague comme cette houle si particulière de l’Atlantique. Oui, c’est la bibliothèque de la fac de médecine. Les échafaudages sont toujours là, un peu plus rouillés, certes, mais rien n’a changé. Les murs sont toujours couverts de cette tachelure mycocélionique. En blanc et noire la pierre survie. Souvenirs, souvenirs sur les pentes et les plats des pavés chargés d’histoires. Une brouette s’essouffle. Une proposition d’aide est rejetée avec un grand sourire illuminant le visage tout entier. Senior ! J’ai l’habitude et c’est bon pour la « saudé ». Tu parles, tu en chies, oui, de ta chienne de santé ! La poussada des Flores s’est embellie d’une terrasse avec vue assurée sur baie. Il est trop tôt. Partout il est trop tôt, mais la lumière illumine les restaurations et les ruines d’une égalité parfaite. Perception, incidence dans l’âme, soulagement de l’âme, existence précieuse d’un réel en soi et d’un ancrage retrouvé du souffle de la vie toute entière. Un attroupement attire le regard. Que diable peut-il faire dans cette galère ce presque vieillard entouré de ces malfrats éclopés avec son enveloppe et sa distribution parcimonieuse et précise de billets, respecté de tous en apparence ? Un mouvement de foule, une réprobation. Un cri dans le vide. Injustice. Course-poursuite inégale. Tout rentre dans l’ordre comme au jardin du Luxembourg. Les pigeons se transforment en dindons. La Fontaine est toujours à la même place. Eugène Sue te regarde. Je t’aime, je t’aime, je t’aime ! Oui c’est exacte. Trois fois mademoiselle. Désespérant de parler d’amour par l’intermédiaire d’une standardiste plus que standard. Brusquement, imperceptiblement, c’est l’heure. C’est l’embauche. Les flics arrivent de partout. Les deux sexes se déploient dans l’espace qui se transforme à vue de lentille. Nickel, vous avez dit nickel ? Tout reprend clean. Artémis hôtel et JP fidèle au poste avec son caractère si lunatique. La terrasse au petit-déjeuner somptueux avec l’immense baie devant les yeux. Abondance de fruit avec jus, crêpes sucré- salé café à volonté senior toasts. Le monde de la voile est assis autour des tables. Point Mariage a démâté au moment même où la bagarre faisait rage. Drôle d’idée faut dire. A notre époque le mât-rit-âge n’est pas du tout au point ! Yves Le Blevec, un visage taillé à la serpe, deux tours du monde sur Orange avec Bruno Peyron et record à la clef. Un débutant dans la mini ? Oui mais quelle expérience ! Et quelle simplicité dans le récit. Droit au but le Monsieur Yves. Droit dans le mur pour tenter le tout pour le tout avec un bateau inférieur en performance par rapport à Corentin. André le basque sillonne les côtes du continent sud américain depuis trois ans. Un puit d’informations en tout genre engrangé. Quelle superbe dans l’expression. Il revient de temps en temps à Montalivet dans sa petite entreprise.
    Ce matin une autre rencontre se profile. Monsieur le policier des frontières se montre intraitable : - « Vous êtes coupable Mr le capitaine, alors comme ça vous embarquez n’importe qui à bord ! Je vais remettre un peu d’ordre dans ce navire. La citoyenne nord américaine ne doit plus quitter la marina, s’il lui arrive quoique ce soit vous en êtes responsable et vous ne quitterez pas le Brésil, ni votre bateau, tant que l’enquête n’aura pas abouti. Je vous verbalise de 120 réal et vous Madame vous devez me présenter le plus vite possible un billet d’avion à destination de l’Europe. Retournez d’où vous venez ! Fuera de aqui Norte Américanos ! ». Je ne peux m’empêcher d’éprouver une immense satisfaction. Enfin quelqu’un qui sait parler aux amers- loques !