J’ai envie de continuer la conversation avec EL. Dix heures déjà. La musique de Fip, un coin de cheminée. Je suis descendu d’un livre pour faire trois tours dans la vie du monde et je me suis remis à l’écriture.
Comme si j’avais besoin d’être bercé à l’infini dans les arbres. Dehors, la pluie sur les grands arbres léopards en forme de platanes, les branches entremêlées en racines innombrables.
Il va falloir transformer tous les prénoms en fleurs.
- Lorsque vous êtes comme tout à l’heure, dit l’Ange, je vous trouve détestable.
- Ça m’a pris à l’improviste, vous savez, l’envie, détestable envie de l’enfant insatisfait qui veut toujours plus et qui veut que le temps avec El ne soit pas compté.
Tandem, pour sauter les montagnes et arriver jusqu’à EL avec mon petit vélo dans la tête. Tant d’aime sans haine à même le temps. Tant et temps d’aime.
Aimer à perdre le « m » donne : teps d’aie.
Aie : l’utilité du M, sinon le onde ne tourne pas rond.
Tandem. Petit Robert : tambour, tamis, tam-tam, « tandem ».
Définition : « enfin » pris au sens de « à la longue » - se dit de deux personnes associées qui forment un couple.
-Enfin, enfin …À la longue ça manque un peu de spontanéité dit l’Ange. N’allez pas chercher des choses. Des choses, Monsieur, il y en a plein les tiroirs des couples. Alors pourquoi voulez-vous mettre un tandem à la disposition d’un couple ? À la longue, un couple, si vous saviez le temps qu’il fait dans un couple, vous ne risqueriez pas votre « m » pour ça. Rangez votre couple et votre tant d’ « m ».
Et pourtant le « m » insiste. Voyons voir de plus près.
Si c’était un tri « i » sans point ?
- Je ne vous comprends plus. Temps de tri « i » et à coup sûr vous vous enrhumez, dit l’Ange.
Pourtant il semble bien qu’il faille faire un tri.
Reprenons les choses depuis le début.
Au début il était important d’être bercé à l’infini.
- Alors je vous le demande, dit l’Ange : « voulez-vous un bercement d’ « m », de tri « i » sans point ou d’ « EL » ? Remarquez, vous n’êtes pas obligé de choisir. Vous pouvez prendre un tri « m » sans « i » en forme d’ « EL » ou alors un tri « EL » sans forme en point d’ « i ». C’est une question très personne EL.
- Personne « EL » sans « l » ? ça donne quoi ?
- Monsieur, dit l’Ange, je vous en prie… .Ne demandez pas l’impossible. Ce n’est qu’un « EL » Et vous savez, à bien y réfléchir, une personne « EL » c’est déjà beaucoup.
Beaucoup, beau cou d’’ EL ». Un beau coup d’ « EL » et nous voilà à nouveau dans les arbres…..
- Dites ce que vous en dites, Monsieur, dit l’Ange. Voulez-vous rester dans les arbres ?
C’est beau un arbre la nuit, surtout celui de Claude Simon.
Je vais vous rafraîchir la mémoire. Vous prenez le livre, juste à côté du radio réveille Sony, made in Taiwan, les éditions de minuit. La petite étoile bleue. Vous-vous souvenez ? Ces livres blancs avec un liseré bleu. Est-ce que vous avez remarqué ? Et bien justement ! Qu’est-ce qui se raccroche à la branche inférieure droite de l’étoile ? Regardez, regardez bien.
Vous allez retrouver votre « m ».
« Histoire ». Claude Simon. Les éditions de minuit. Étoile et toi « m ».
- Bien sûr, vous allez me répondre : « nous avons deux heures d’avance ».
- C’est exact si nous prenons les choses à la lettre.
La lettre, justement, parlons-en.
Mercredi, vous avez reçu un mail d’EL. Il était 15h37 et 58 secondes.
Avec les ordinateurs, c’est terrifiant l’exactitude. Vous allez dans un super marché, vous attendez, toujours une question de temps. Une « hôtesse de caisse », petit cochon bien dodu adorable souriant vous tend votre ticket. Si vous-vous mettez à lire, vous provoquez un attroupement. Supposons que vous preniez ce risque. Vous apprenez immédiatement : le nom du magasin, le lieu où vous-vous trouvez, le numéro de téléphone de la vendeuse, les horaires d’ouverture, le nombre d’articles que vous avez acheté, et surtout l’heure.
Et pendant que vous lisez, FIP diffuse. Et qu’est-ce que vous entendez ? Une voix d’homme, et vous prêtez attention à cette voix . Que dit-elle ?
« Non, je n’oublierai pas la douceur de ton corps… Et la voix insiste… Non je n’oublierai pas la dou… »
Comment voulez-vous vous concentrer sur la lecture de votre ticket de super marché ? Votre visage devient tout rouge. Vous regardez le petit cochon assis devant vous et vous-vous dites : «, ‘ mais comment ai-je pu avoir une pensée pareille ? »
Et voilà comment vous retrouvez Claude Simon, son arbre et sa grand-mère.
Le petit cochon assis devant vous (tellement assis à longueur de journées, qu’il a fini par occuper tout l’espace derrière le tapis roulant) vous l’imaginez sautillant parmi les branches d’un arbre généalogique.
« Cela nous submerge. Nous l’organisons. Cela tombe en morceaux. Nous l’organisons à nouveau et nous tombons nous-même en morceaux » Rainer Maria RILKE
- Si je peux me permettre, dit l’Ange, je n’ai aucune envie de tomber en morceaux !
Il n’empêche, il y a cette phrase, il faut bien en faire quelque chose.
La douceur de son corps.
- De quelle douceur voulez-vous parler, dit l’Ange ?
Comme si j’avais besoin d’être bercé à l’infini dans les arbres. Dehors, la pluie sur les grands arbres léopards en forme de platanes, les branches entremêlées en racines innombrables.
Il va falloir transformer tous les prénoms en fleurs.
- Lorsque vous êtes comme tout à l’heure, dit l’Ange, je vous trouve détestable.
- Ça m’a pris à l’improviste, vous savez, l’envie, détestable envie de l’enfant insatisfait qui veut toujours plus et qui veut que le temps avec El ne soit pas compté.
Tandem, pour sauter les montagnes et arriver jusqu’à EL avec mon petit vélo dans la tête. Tant d’aime sans haine à même le temps. Tant et temps d’aime.
Aimer à perdre le « m » donne : teps d’aie.
Aie : l’utilité du M, sinon le onde ne tourne pas rond.
Tandem. Petit Robert : tambour, tamis, tam-tam, « tandem ».
Définition : « enfin » pris au sens de « à la longue » - se dit de deux personnes associées qui forment un couple.
-Enfin, enfin …À la longue ça manque un peu de spontanéité dit l’Ange. N’allez pas chercher des choses. Des choses, Monsieur, il y en a plein les tiroirs des couples. Alors pourquoi voulez-vous mettre un tandem à la disposition d’un couple ? À la longue, un couple, si vous saviez le temps qu’il fait dans un couple, vous ne risqueriez pas votre « m » pour ça. Rangez votre couple et votre tant d’ « m ».
Et pourtant le « m » insiste. Voyons voir de plus près.
Si c’était un tri « i » sans point ?
- Je ne vous comprends plus. Temps de tri « i » et à coup sûr vous vous enrhumez, dit l’Ange.
Pourtant il semble bien qu’il faille faire un tri.
Reprenons les choses depuis le début.
Au début il était important d’être bercé à l’infini.
- Alors je vous le demande, dit l’Ange : « voulez-vous un bercement d’ « m », de tri « i » sans point ou d’ « EL » ? Remarquez, vous n’êtes pas obligé de choisir. Vous pouvez prendre un tri « m » sans « i » en forme d’ « EL » ou alors un tri « EL » sans forme en point d’ « i ». C’est une question très personne EL.
- Personne « EL » sans « l » ? ça donne quoi ?
- Monsieur, dit l’Ange, je vous en prie… .Ne demandez pas l’impossible. Ce n’est qu’un « EL » Et vous savez, à bien y réfléchir, une personne « EL » c’est déjà beaucoup.
Beaucoup, beau cou d’’ EL ». Un beau coup d’ « EL » et nous voilà à nouveau dans les arbres…..
- Dites ce que vous en dites, Monsieur, dit l’Ange. Voulez-vous rester dans les arbres ?
C’est beau un arbre la nuit, surtout celui de Claude Simon.
Je vais vous rafraîchir la mémoire. Vous prenez le livre, juste à côté du radio réveille Sony, made in Taiwan, les éditions de minuit. La petite étoile bleue. Vous-vous souvenez ? Ces livres blancs avec un liseré bleu. Est-ce que vous avez remarqué ? Et bien justement ! Qu’est-ce qui se raccroche à la branche inférieure droite de l’étoile ? Regardez, regardez bien.
Vous allez retrouver votre « m ».
« Histoire ». Claude Simon. Les éditions de minuit. Étoile et toi « m ».
- Bien sûr, vous allez me répondre : « nous avons deux heures d’avance ».
- C’est exact si nous prenons les choses à la lettre.
La lettre, justement, parlons-en.
Mercredi, vous avez reçu un mail d’EL. Il était 15h37 et 58 secondes.
Avec les ordinateurs, c’est terrifiant l’exactitude. Vous allez dans un super marché, vous attendez, toujours une question de temps. Une « hôtesse de caisse », petit cochon bien dodu adorable souriant vous tend votre ticket. Si vous-vous mettez à lire, vous provoquez un attroupement. Supposons que vous preniez ce risque. Vous apprenez immédiatement : le nom du magasin, le lieu où vous-vous trouvez, le numéro de téléphone de la vendeuse, les horaires d’ouverture, le nombre d’articles que vous avez acheté, et surtout l’heure.
Et pendant que vous lisez, FIP diffuse. Et qu’est-ce que vous entendez ? Une voix d’homme, et vous prêtez attention à cette voix . Que dit-elle ?
« Non, je n’oublierai pas la douceur de ton corps… Et la voix insiste… Non je n’oublierai pas la dou… »
Comment voulez-vous vous concentrer sur la lecture de votre ticket de super marché ? Votre visage devient tout rouge. Vous regardez le petit cochon assis devant vous et vous-vous dites : «, ‘ mais comment ai-je pu avoir une pensée pareille ? »
Et voilà comment vous retrouvez Claude Simon, son arbre et sa grand-mère.
Le petit cochon assis devant vous (tellement assis à longueur de journées, qu’il a fini par occuper tout l’espace derrière le tapis roulant) vous l’imaginez sautillant parmi les branches d’un arbre généalogique.
« Cela nous submerge. Nous l’organisons. Cela tombe en morceaux. Nous l’organisons à nouveau et nous tombons nous-même en morceaux » Rainer Maria RILKE
- Si je peux me permettre, dit l’Ange, je n’ai aucune envie de tomber en morceaux !
Il n’empêche, il y a cette phrase, il faut bien en faire quelque chose.
La douceur de son corps.
- De quelle douceur voulez-vous parler, dit l’Ange ?



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