ENCORE MOI
Je suis en panne de vos sourires, je suis en peine sur mon navire
J'ai pour vous des cargaisons de lapis- lazulis, d'agates et de saphirs
A fond de cale, je reste sombre, un capitaine qui n'ose offrir…
Toutes ces chutes à mes élans emportés par le zéphyr…
J'entends un piano lointain qui m'accorde des notes juvéniles
Une petite fille qui me tend son aile pour aller sur son île
Une île désenchantée, une île à réparer, une île qui semble être en exil
Envoûtement ou sortilège, je suis volontaire pour me rendre dans cet asile
N'être qu'une ombre à ces chinoiseries qui nous encombre
Appartenir aux fleurs, s'offrir loin de leur vie de nombre
Protéger les chimères, les extraire de dessous les décombres
Dessiner un mouton à la petite princesse, luciole de ma pénombre
Je ne veux pas participer aux championnats d'amour économique
Je suis hors catégorie avec des éruptions de tendresse volcanique
Passionnément, à la folie, je n'ai pas d'allégés dans ma boutique
J'écris contre l'oublie, cascadeur de phrases acrobatiques
Chaque matin, je prépare le picotin pour les chevaux de la mort
Je les soigne dans l'enclos des prairies de la vie, sans remord
Larbin de la poésie, je ne sais plus taire la réserve de mon sort
Adolescent permanent, j'ai l'impatience de la visite de mon âge d'or




