Ô grands abattoirs de l’air,
Joueurs de haches ou de couteaux
Empoignant la nature déverdie
De leurs mains grosses,
Jusqu’aux arêtes des plaines.
L’oiseau hébété, le bosquet spectral, l’herbe épars,
Vous confortent de ces mues.
Par ces jours au soleil infructueux,
S’emplit de beautés inactives et sèches
L’herbier des songes.
Ô buées et givre d’aurore !
Mais un point intrus,
Une veilleuse scintillante
Sur un lit de feuilles dures,
Une fleurette au chant ténu
Dit le dessous qui palpite
A travers la glace hyaline,
Pour souffler, encore,
Toujours, son petit baiser rose.






