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Biographie De Leopold Sedar Senghor


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Posté 04 septembre 2007 - 09:21

Léopold Sédar Senghor (1906-2001)

Né le 9 octobre 1906, à Joal, au Sénégal, ce poète « chantre de la Négritude », comme on a pu l’écrire, reçoit dans sa jeunesse une solide éducation ; d’abord à la mission catholique de Ngasobil, au collège Libermann (il pense alors au séminaire) et au cours d’enseignement secondaire de Dakar, puis à la Sorbonne et au Lycée Louis-Le-Grand, à Paris où il rencontre le Guyanais Léon Gontran Damas et le Martiniquais Aimé Césaire. C’est avec eux et sur leurs traces qu’il exprime en 1934 sa conception de la Négritude (terme créé par Césaire) : « L’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des noirs. Je dis que c’est là une réalité, un nœud de réalités ».

Un fin grammairien…

Bachelier en 1928, il obtient l’agrégation de grammaire en 1935 : ses hauts faits intellectuels ne s’arrêtent pas là, il obtiendra de nombreux prix et reconnaissances diverses, littéraires, politiques ou militaires au cours de sa vie. Senghor sera docteur Honoris Causa de trente-sept universités et le premier Africain à siéger à l’Académie Française (élu en 1983)!

Enseignant la grammaire et les lettres à Tours, tout en suivant des cours à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (linguistique négro-africaine) et à l’Institut d’Ethnologie de Paris, il est ensuite nommé professeur à Saint-Maur-des-Fossés avant d’être mobilisé en 1939 et fait prisonnier en juin 1940. Réformé pour maladie deux ans plus tard, il s’engage dans la résistance par le biais du Front national universitaire.

Il publie une Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française (préface de J.P. Sartre), Orphée noir fait retentir l’idée de la Négritude.

Après 1945, il se tourne vers la politique, successivement député au Sénégal, conseiller dans diverses instances internationales et européennes (Unesco, Onu), secrétaire d’état dans le cabinet d’Edgar Faure, ministre-conseiller du gouvernement de la république française en 1959, avant de devenir le premier président de la république du Sénégal en 1960 et d’être constamment réélu jusqu’à sa démission en 1980, à l’âge de soixante-quatorze ans.

Côté cœur, en 1946, il épouse Ginette Eboué, de laquelle il aura deux fils (dont l’un meurt en 1983). Suite à son divorce en 1955, il épouse Colette Hubert (le 18 octobre 1957), une Normande (dont il a un fils, décédé en 1981), de Verson, commune qui possède un espace culturel dédié au poète homme d’Etat.

Vers une Civilisation de l’Universel…

Le poète, un champion de la connaissance grammaticale à faire pâlir nombre de Français, est médaille d’or de la langue française et on ne compte plus les prix qu’il a obtenus. Sa poésie « essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire, est construite sur l’espoir de fonder une Civilisation de l’Universel fédérant les traditions par-delà leurs différences. Senghor a estimé que le langage symbolique de la poésie pouvait constituer les bases de ce projet ». « La prospective nous enseigne que la civilisation du XXIème siècle sera celle de l’Universel, à laquelle chaque ethnie, chaque nation, pourra apporter sa contribution…» écrit-il en 1971

Son poème intitulé « A l’appel de la race de Saba » (1936), inspiré de l’entrée des troupes italiennes à Addis-Abeba, est l’un des poèmes les plus étonnants. Le 29 septembre 1956, est publié le recueil de poèmes des Ethiopiques, avec en postface Comme les lamantins vont boire à la source, une véritable clef pour comprendre la poésie de Léopold Sédar Senghor.

Son cinquième et dernier volume des « Liberté », publié par les éditions du Seuil, paraît en 1993. Le premier avait été publié en 1964, regroupant des textes traitant de problèmes culturels.

Retiré à Verson avec son épouse, près de Caen, en Normandie, l’homme de culture y décède le 20 décembre 2001. Célèbre en son temps, il l’est encore aujourd’hui…

Biographie rédigée par Maud Fauvel