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1 réponse à ce sujet

#1 Vivien

Vivien

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Posté 18 janvier 2012 - 02:48

Comme si toucher avait été
un parcours d'aveugle depuis longtemps
brûlant et dangereux,
depuis longtemps gardé
à l'abri du jour éclatant -
comme un geste d'enfant
qui est allé se perdre dans les vallées
où l'ombre et la pluie lavent
les blessures secrètes des hommes
depuis les temps immémoriaux -
je te hèle sans être certain
du pouvoir de mon coeur
et du prolongement de ses mains.

°°°
Sans forme ni vide
Un acte interrogé par l’ombre relève la lumière
D’un nom gravé dans la pierre
D’un esprit de légende
Un acte inconnu mais jamais oublié

Laisse ta peur traîner dehors
Et reconnaît l’honneur intérieur
Et souviens-t-en lorsque tu doutes même de l’espoir

°°°

Peut-être suis-je né déjà bien vieux
Je veux dire – avec un esprit
Pour compagnon
Ayant déjà voyagé
Depuis plusieurs générations

Croire en la transmigration
Sinon pourquoi cette lassitude
Et ce corps fatigué
Qui se méfie du corps de ses frères et de ses sœurs
Comme si maintes et maintes fois
Il les avait usés déjà
Jusqu’à épuiser leur réalité

Comme si toucher avait été
un parcours d’aveugle depuis longtemps

°°°

Je vois la plainte de la matière
Expulsée en volute de fumée
Du fond de ma gorge
Comme un silence coupé

Quand je marche c’est un coup de revolver
Venu me chercher depuis l’abîme
Celle qui donne aux fous des démangeaisons
Et aux sages la raison

Les uns grattent avec fièvre
Les autres pensent assis à rêver des heures
Mais tous sont là je le sais

J’entends d’ici leurs voix qui s’appellent et s’évitent
Avec peur et pitié


°°°

Comme s’il y avait une autre oreille
Un autre œil
Plus subtils que mes jeunes attributs
Qui s’éveillent quand l’armure du rébus
Se fissure

C’était une chambre d’hôtel clean
A Las Vegas au trentième étage
Ou la petite lucarne
D’une chambre parisienne sous les combles
C’était une vieille église à Londres – je ne sais plus
Quels sont Les instants et les lieux
De la formule
Comme si le vent, le souvenir, effaçait
Les traces superflues
Pour continuer
A vivre

#2 Vivien

Vivien

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  • 1 318 messages

Posté 25 janvier 2012 - 06:57

C'est un désir si fragile
qu'il hérisse le pelage
de tous les fous de l'asile
en un manteau de nuage
que je revêts, la nuit venue.

C'est une large avenue
bordée d'arbres fantastiques
où mon corps ploie, libre et nu
sous le poids de vents magiques
que j'appelais déjà, enfant.

C'est le grain du temps, du temps
noir, dérisoire et sans fin
du temps à jamais naissant
dans la gueule sans venin
que j'ouvre pour manger la nuit.

C'est une saine lubie
capable d'ouvrir soudain
tous les coffres de rubis
qu'enferme rageur demain
que renferme mon poing rageur
sans s'en douter, sans apprêts et sans peur,
pour recommencer, ou finir.