Vous qui savez si bien mentir
avec vos airs de ne rien dire,
mes mots étranges,
dites-moi ce qui vous dérange ;
Dites-moi tout du tableau noir
et de nos visages de craie,
tout des nuages et des miroirs,
et des orages brouillant nos traits ;
Dites la foudre, dites le feu
sur nos poèmes s’abattant,
dites la peur, dites pourtant
notre poing levé vers les cieux,
et dites l’envol émouvant
des lettres sans correspondance
qui vont par delà le non-sens
confier notre souffle au vent...
Et puis persistez à mentir,
avec vos sourires de rechange,
mentez ! Puisqu’il m’a torturé
libérez-moi de mon cœur d’ange,
mentez, mentez, j’existerai,
j’existerai de vous écrire ;
Alors vous me signifierez,
en double langue d’émigré,
au présent de l’indicatif,
vous serez moi plus que moi-même
et moi je chanterai que j’aime
ma vie criblée de hiéroglyphes ;
Mais en bon fils, pour vous servir,
né de vos airs de ne rien dire,
je serai d’abord page blanche,
comme un sauf-conduit délivré
à vous, comme une carte blanche,
comme un blanc-seing pour vos secrets,
35+
je serai blanc comme l’écran
après le film de famille,
comme le dos de la photo,
le champ de neige où s’égosillent
do si la sol fa mi ré do
en décrescendos transparents,
des colombes et des merles blancs,
avec un noir en chef d’orchestre
immobilisé dans un geste
qui représentera mon nom,
le vrai, le mien, celui d’avant,
d’avant que Dayssol on me nomme...
PAGE BLANCHE
Débuté par Henri Etienne Dayssol, avril 09 2012 09:51
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