Tandis qu'un brouillard morbide projetait son ombre et son huile
Au visage de tous les vivants, un poète, sur son banc humide,
Voyait, au travers de cet épais liquide,
Une occasion en or de prouver au monde qu'il était bien agile.
Les mots étaient ses sujets, les feuilles étaient ses esclaves,
Au royaume des auteurs,
Rien ne lui faisait entrave.
Toutefois, il n'était pas un génie et collectionnait les brouillons,
Infectes, de par leur laideur,
Stériles, de par leur maigreur,
Textes délaissés, abandonnés, en cours de construction,
Et les espoirs de voir naître un jour un monde meilleur mourraient.
Jonathan Le Sant

Brouillon de L'Abaissé














