Je suis de l’île des hiboux
Là où les chouettes sont sur le joug
Où les hommes sont à genoux
Je suis de l’île du tonnerre
Là où les mères sont sur les nerfs
Où la misère nous fait la guerre
Je suis de l’île de la souffrance
Là où l’on s’enfonce sans défense
Où les gens vivent de la pitance
Je suis de l’île cadavérique
Là où les gens sont sadiques
Où les responsables sont impudiques
Je suis de l’île de la décadence
Là où la vie s’effrite en silence
Dans le dégoût de la déchéance
Je suis de l’île de l’intolérance
Là où l’on crie sans espérance
Où l’existence est une sentence
Je suis de l’île des prémices
Là où l’on s’en fiche du service
Où l’on s’enlise dans le vice
Je suis de l’île de la délinquance
Là où l’on vécut et meurt sans demeure
Où l’éloquence est une offense
Je suis de l’île de la démagogie
Là où la dégénérescence et la gabegie
Élèvent en profusion la pénurie
Je suis de l’île de la mort
Là où les sages ont tort
Où l’on meurt de remord
Je suis de l’île de la naïveté
Là où l’immoralité produise l’insécurité
Où l’avidité engendre la cruauté
Je suis de l’île de la saleté
Là où les gens pataugent dans l’impureté
Où la passivité produit l’agressivité
Je suis de l’île du bourbier
Là où l’on tombe comme des gibiers
Dans le gouffre des sorciers
Je suis d’ où l'on accepte
D’être laid, il suffit du concept
D’être là et de subsister
Je suis de l’île imaginaire
Là où les gens sont originaires
Et laissent libre cours à l’arbitraire
Je suis de l’île de la désinvolture
Là où le citoyen se tue sans posture
Pour l’émergence de l’individu non mature
Je suis de l’île de la merde
De cette île là, on s’emmerde
De ne pas mourir sans remède.
Cette île là est " Haiti" et je l'aime à mourir.





