L’exubérance, fleurs, feuillages, du milieu de juin n’est rien comparée à la puissante maturité qui saisit cette terre plus belle qu’aucun ciel. A la fin de juillet le ciel auparavant comme une lisse toile bleue se creuse soudain, gouffre sans un frisson où baignent les feuillages verts et noirs d’une dureté inexorable ; et lorsque août arrive, on voit vers le soir la lumière comme un fleuve fuir à l’horizon vers une mer inconnue et rendre à la voûte abandonnée sa transparence peu à peu chargée d’étoiles.
La terreur de ne rien retirer du torrent confus de ma pensée (et pourtant, sans tant d’eau vaine et de sable les quelques paillettes précieuses ne brilleraient jamais au soleil intérieur le temps même d’apparaître et de disparaître) s’apaise parfois : je rencontre un dessin d’idées qui se relie à telle ou telle certitude en moi-même brièvement perçue. Saurai-je conduire un jour ce flux indiscipliné. Qui m’en prouvera l’importance ? Ou jusqu’à la fin devrai-je le regarder passer, fiévreux, pêcheur moqué les mains vides ?
Extraits
Débuté par tim, déc. 03 2012 03:37
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