Je ne sais plus qu’écrire en gris,
Tant tout à la couleur du noir,
Mes mots n’évoquant que le soir,
Quand tant de matins toujours rient.
D’un peu partout, là on me dit,
Qu’il n’y a plus aucune issue,
Qu’on nous conduit, à notre insu,
Vers tout ce qui nous étourdit.
Alors vite que cela saute,
Qu’éclate enfin ce gros orage,
Qu’on puisse enfin tourner la page,
Sans rechercher, à qui la faute.
Qu’on revoit un peu de couleur,
Que le jour détrône la nuit,
Qu’on remplace tous nos ennuis,
Par les teintes qu’on sait, des fleurs.
Que nos verbes évoquent le bleu,
Nos adjectifs, le jaune et blanc
Et qu’on ne fasse plus semblant,
De se vouloir enfin, heureux.
Qu’on pense la terre en orange,
Qu’on voit le ciel multicolore,
Qu’on s’invente enfin les décors,
Qu’on croit être tous ceux des anges.
Débarbouillons enfin ce grège
Qui polluait tout notre esprit,
Acceptons d’en payer le prix,
Tant c’est encore un privilège ;
Et faisons voir à nos gamins,
La beauté de nos arcs en ciel,
Pour que comme un référentiel,
Demain, ils bordent leur chemin.
Moietmoi mai 2013






