Dans mes cahiers de papier blanc,
Je n’écris plus, qu’à l’encre blanche,
Tant il est, ce jour, endiablant,
De vouloir sortir de la manche.
Aujourd’hui là, partout, dérivent,
Les rets, que des gens bien-pensant
Télécommandent de la rive,
Nous croyant tous concupiscents.
Au nom d’on ne sait jamais quoi,
Ils enferment la liberté,
Sans même bien savoir pourquoi,
Aux vagues sons d’égalité.
Sous prétexte de bon aloi,
Ils voudraient polir nos consciences,
En poliçant de par des lois
Les expressions de notre science.
Ils croient qu’en supprimant des mots,
Dans les pages des dictionnaires,
Ils règleront partout les maux,
Qui composent notre ordinaire.
Et plutôt que de voir le fond,
Ils préfèrent traiter la forme,
Sachant qu’on voit mieux le plafond,
Que la fondation, même énorme !
Ne modifiant que les décors,
Ne s’occupant que de la scène,
Laissant les coulisses, en dehors,
Ils n’en voient même pas l’obscène.
Et quand demain, de nos valeurs
Il n’y aura plus jamais trace,
Que l’on voit bien, si c’était l’heure,
De rayer de nos cahiers : « race »
J’aurais bien préféré : « chômage »
Dommage !
Moietmoi mai 2013





