Ils voulaient dans des cages enfermer tous leurs mots,
Comme tous ces oiseaux, derrière des barreaux,
Pour qu’ils ne chantent plus, pour qu’ils ne volent plus,
Parce qu’à un pouvoir, un jour ils ont déplu.
Ils ont même un matin, au prétexte de Dieu,
Enlevé à l’amant, la bonté de ses yeux,
Décapitant ses vers, à coups de cimeterre,
Croyant qu’ils allaient là, pouvoir le faire taire ;
De pages de poèmes, ils en ont fait du feu,
Pensant là effacer les preuves de leurs jeux,
Sans voir que la fumée, qui montait jusqu’au ciel,
Leur a donné des ailes à les rendre pluriels.
N’est qu’au seul ignorant, de croire qu’on inhume,
Le chant du rossignol, en arrachant ses plumes,
Car une fois écrits, les mots, comme les coups,
Laissent à l’âme des bleus, Qui ont toujours un coût.
Ibn Al-Dhib, Sénac, Hikmet ou Rivero,
Li Bi Feng, Losovski, Malallah ou Kvitko,
Emprisonnés, forcés, qu’on vous batte ou vous tue,
Jamais vos mots, vos vers, au monde, se sont tus !
Moietmoi mai 2013





