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(Anthologie permanente) Jean-Claude Caër


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Posté 03 décembre 2018 - 06:26

 


Caërsrc="https://poezibao.typepad.com/.a/6a00d8345238fe69e2022ad37ed263200c-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Caër" />Jean-Claude Caër publie
Devant la mer dâOkhotsk
aux éditions Le Bruit du temps.


Jâentends les merles sâagiter dans le marronnier.
Près du cyprès plus sombre
Le pommier est en fleurs

Lâarbre, petit et robuste, dresse ses feuilles dâun vert tendre.
Je pars pour Tokyô me recueillir
Sur les tombes de Kafû, Mishima, Shiga et Sôseki,
Peut-être aussi celle de Lafcadio Hearn.



Jâai retrouvé ces vers écrits à Verbier, à la fin de lâété :
« Au pays du Soleil-Levant
Je cherche le visage de ma mère
Mangé par les aigles. »



13 mai, jour de ta naissance

Mère, tu ne m'entends pas.
Je t'écris de l'empire des Mikados, le pays du Soleil-Levant.
Je remonte le temps direction la mer de Finlande
Le lac Onega, la mer de Barents, direction le Nord.
Je traverse des turbulences comme au jour de ma naissance
Je nage à contre-courant (en bordure du cercle polaire).
La steppe glacée, la Sibérie, la ligne de l'aube
Sur le fleuve Amour.
Le Japon viride
Et déjà au-dessus des nuages j'aperçois le mont Fuji.
Mère, tu ne m'entends pas.

Je t'écris de l'hôtel Akihabara dans le quartier de l'électronique.
J'ai vu les rizières bien ordonnées,
Les reflets de l'eau dans les champs découpés.
Et puis la jungle, les très jeunes arbres touffus et tordus.
La majesté ici se situe dans les temples aux toits immenses â
L'architecture sévère, abrupte de Tokyô.
Les petites rues à l'ombre m'attendent alors que le soleil éclate
Sur les grandes avenues, les dôri.
Les magasins, les boutiques regorgent de téléphones portables,
De coques vides, d'ordinateurs flambant neuf.
Je cherche ton visage au pays étrange (étranger)
Un pays où les ombres sont présentes, les cendres...



Je cherche ton visage parmi les ombres grandissantes,
Légères dans les rues, près du parc impérial, dans les grands bambous
Je cherche ta présence parmi les ombres sur les chemins de campagne.

Jâarrive fatigué à lâaéroport Narita.
La douleur est présente, elle ne me quitte pas
Lancinante, la chaleur humide, étouffante.


Jean-Claude Caër, Devant la mer dâOkhotsk, Le Bruit du temps, 2018, 96 p., 18⬠(en librairie le 6 décembre), pp. 15/18.

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