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Le detour par le monde ancien.


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2 réponses à ce sujet

#1 michel à franquevaux

michel à franquevaux

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Posté 14 mars 2019 - 08:18

Ils cherchent des vaches au pré, les taurillons promis au sacrifice, sous leur trace tout se mélange. Le ciel à l’horizon enferme la ferveur, on se répand, on se comprend, on se mélange, on y cherche tout, les sons, les saveurs, le temps est composé. Les insectes volent et les hommes avancent, on dure, on se frotte, on s’étreint, le temps est suspendu, l’horizon est mêlé à la ferveur, aux mots, aux sacrifices.

Autour, des oiseaux : les nids sont pleins, les herbes ploient, le vent se couche, ils s’effarouchent et ils entendent le chien dans l’eau, les oiseaux y volent, ils se cherchent, ils s’entendent, ils perdent contenance et contenu, ils débordent. Ils avancent et frottent les mains aux cailloux, il faut laver le corps et l’âme. L’esprit est plié sous le feu, ils déplacent, ils avancent, leur vie est tenue par un fil.

Les barrières penchent, un bateau passe, les chevaux mâchent : fétus et herbes vertes, ils déploient au vent le crin et jouent, la jambe en arrière, ils se défendent, ils enfoncent le pas dans la poussière et dans la fange, ils enfoncent un pas et l’autre, ils se courbent bien bas sous les roseaux, les pieds mouillés sur la poussière, ils tournent, ils se détournent, ils se retournent, la rosée sur les herbes, le pied mouillé au sol, les oiseaux les ignorent, les claquements au loin : du bec, du bec dans l’air, ils voient, ils entendent les gémissements : joie, ou amour. Déborde au loin la complainte. Les oiseaux se battent, ils calment les toujours là, les beaux paisibles, les biens tenus, ils se confondent dans le vert, ils écrasent les pointes des roseaux.

Ils sont toujours tenus, toujours là, les biens posés, les plus marquants, le pied mouillé de rosée fraîche, de rosée propre et toujours là, les biens posés, les plus paisibles, ils sautent et de joie et d’espérance : les oiseaux claquent le bec et volent et marchent sur l’eau noire et verte, ils tournent rond, ils inventent une raison, il faut oublier le temps chaud, l’air est paisible, ils sont saisis, ils se parlent, ils interpellent, ils soufflent fort, ils chantent haut, les ailes battent, ils s’envolent, effarouchés ils regardent, un air de machine, un air vif, ils se retournent et laissent la place, ils sont pour conter la ritournelle.

Les chevaliers passent au vent et crient, crient fort et interpellent, les hérons lourds, les grèbes, les macreuses, ils tournent sur l’eau, ils interpellent le temps venu, le temps trop tôt, il marche sur le chemin, il est venu pour se taire et tout entendre, tout voir et porter au ciel le silence des choses, le silence assourdissant de la vie des oiseaux sans cages, il abandonne, talons tournés. Les machines anciennes tranchent, coupent des javelles de rien du tout, de tout compté, de toit léger, d’ombres charmantes.

Aux bardanes rousses, aux liserons toujours ensemble et pas si haut et répandus au soleil il s’échauffe, il efface le poids du pied plein de rosée, il ira vers l’été, il ira vers le temps, le temps compté, le temps au temps uni, les oiseaux restent encore entre les bardanes, les liserons blancs et des fleurs encore jaunes.

Dans l’herbe verte et sage tout est coupé et mouillé de rosée, aux alentours le silence, le silence et le secret, les oiseaux taisent leurs avances, ils taisent et plongent, ils nageront pour revenir, un pas, un autre sur le sol. L’eau rompue, il ment pour la rigueur et l’éloignement, herbe mouillée, rosée fragile, chant plaintif : ils sont absents et ils cachent leur vie, ils sont secrets et ils attendent. Le réveil est tenu, la langue est fragile, ils ferment les yeux et respirent, le ciel est proche, le conte est bleu.

Un peu d’air, un peu de joie, de la rigueur et de l’attente sous le soleil, les bras en croix, l’air passe sous les bras tendus, la croix touche les ombres, roseaux fragiles, il n’y a pas d’arbres, le vent souffle sur cette croix, rigueur tendue, le pardon et l’offrande, il faut être en charité, il faut grandir sous le soleil, le secret est posé, perdus les oiseaux chantent et recommencent, ils tournent sur ce voyageur, ils déposent a son cœur une offrande de ciel sans amertume, avec un peu de joie et du pardon sincère.

L’espace dans son ombre, il pense au toit fleuri, les herbes y tremblent encore, le faite est ouvragé, les ouvriers y sont contents, ils décorent, ils se penchent, ils fermeront les yeux et compteront au bout des doigts le long écho, la flèche heureuse. Il avancera, il sera, il tirera un trait sur le temps clair, sur le partage, il faut y dire, il faut y faire, le temps est venu, les oiseaux bien venus, sur le calme il trouvera, il enchantera le clair, il va, il en vient, il y retourne, il est fragile et corps perdu et soulier plat sur le sentier, les fleurs fauchées, le pied rentré, il écarte encore les bras, l’air passe au-dedans.

A la joie silencieuse, à l’explosion d’avant midi, il a tourné les talons, les hommes sont à la machine, ils coupent, ils tranchent, ils refont des murs de silence, ils font de l’ombre sans attente. Les cloches sonnent, le soleil passe, bardanes et liserons et fleurs encore à compter, ils sont de jaune et de bleu, ils arracheront.

Ils attendent, ils espèrent, il le faut bien, le rouge est mis, le drapeau flotte, au bord un drame est noué, le sacrifice a eu lieu, taurillons vous êtes épargnés, un petit rat est sacrifié, triste bataille perdue, les pieds palmés pour lui chantent les grenouilles. Un meurtre sans réparation, bataille ancienne entre le domestique et le sauvage et on pleure, les oiseaux passent, le mur saigne, le cœur se déplace, il faut rentrer, le chèvrefeuille et la grenade signent le retour à la civilisation.

20 Juillet 2010.


#2 hasia

hasia

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Posté 14 mars 2019 - 10:21

Tellement dense et somptueux que l'envie me conduit à relire chaque séquence avec toute l'attention qui lui incombe...

Tout est si foisonnant...

 

 au poète,

hasia



#3 hasia

hasia

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Posté 15 mars 2019 - 08:14

Je ne saurais choisir la plus insigne des séquences, tant elles explosent chacune, d'une ingénuité brûlante, de fraîcheur pure et élevée...

Et là, je ne peux que tarir d'éloge!

 

au poète

hasia