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(Note de lecture), Béatrice Bonhomme, Dialogue avec l'anonyme, par Matthieu Gosztola


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#1 tim

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Posté 29 mai 2019 - 10:23

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<p class="MsoNormal blockquote" style="line-height: 125%; margin-left: 40px; margin-right: 40px; text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 125%; font-family: 'Garamond','serif';"> <a class="asset-img-link" href="https://poezibao.typ...0d2c200c-popup" onclick="window.open( this.href, '_blank', 'width=640,height=480,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0' ); return false" style="float: left;"><img alt="Béatrice Bonhomme dialogue avec l'anonyme" class="asset asset-image at-xid-6a00d8345238fe69e20240a4610d2c200c img-responsive" src="https://poezibao.typ...0d2c200c-100wi" style="width: 100px; margin: 3px 15px 5px 5px; border: 1px solid #969696; box-shadow: 8px 8px 12px #aaa;" title="Béatrice Bonhomme dialogue avec l'anonyme" /></a>Recommencer à écrire, comme veiller sur un petit olivier : être cher parmi les êtres chers.<br />Écrire, comme â ni plus, ni moins â poser de petits cailloux sur des stèles. Écrire, comme faire tenir, dans un creux, un petit papier plié â dâune couleur savamment choisie â contenant possiblement un vÅu, ou un merci (du reste, lâun et lâautre ne sâéquivalent-ils pas ?). Comme au vieux cimetière juif de Prague, près de cette inscription : « FRAGMENTS OF GOTHIC TOMBSTONES MID-14TH CENT. »<br />« Voilà, je vais recommencer à écrire », confie Béatrice Bonhomme dans <em>Dialogue avec lâanonyme</em>, avant dâajouter : « Ce qui avait été brisé par la mort recommencera à éclore sous ton regard impersonnel, sous tes yeux sans regard, il y aura un cÅur de neige dans les mitaines de la nuit. Les mains se tendront pour sâoffrir, elles réchaufferont le cÅur qui ne sera quâun flocon, une plume de neige posée sur le gant de la nuit. » <br />« Mon écriture tourne sans cesse [â¦] autour dâune présence absente », avoue lâauteure à Jean-Claude Pinson. « Territoire où lâamour sâexprime sans faux-fuyants mais avec la certitude que la possession sait se faire dépossession, dessaisissement. » <br />Dépossession. Dessaisissement. Et pourtant, « [a]vec le poème, on redécouvre en se souvenant », affirme Béatrice Bonhomme dans <em>La poésie comme espace méditatif ?</em> (Classiques Garnier, 2015). Par un travail mnésique constant qui, le poète sâimprovisant restaurateur, redonne peu à peu à la couleur et au grain de peau du présent inatteignable â celui qui a été enfoui â leur intensité et douceur, consistance initiales, par un travail mnésique inlassable qui, dans le même mouvement, donne au présent inabouti â celui qui affleure â son parfum dâenfance, sa savoureuse pesanteur, lâaltérité devient la cible vers quoi court, sans jamais se dérober, la flèche de lâécriture. Sans jamais se dérober mais sans jamais pouvoir lâatteindre. Ce qui ne lâempêche pas â la flèche â dâêtre reconnaissante dâavoir trouvé en elle â lâaltérité â son élan. Si, chez Béatrice Bonhomme, « [l]e plus souvent, câest un paysage qui imprègne de façon particulière [s]on imaginaire poétique », sâil y a une « dimension mythique personnelle de ce paysage » (<em>Le nu bleu, </em>LâAmourier, 2001), lâaltérité est paysage ; lâaltérité est indubitablement le lieu. « Voilà, je vais recommencer à écrire et tu nâauras ni visage ni nom que ce bonheur dâêtre à lâinfini et ce sera pour toi, mais tu ne seras personne car tu ne voudras ni être nommé, ni être aimé exclusivement, et tu resteras secret comme un trésor ignoré, comme une chose précieuse et méconnue, comme une espérance folle mais anonyme. » (<em>Dialogue avec lâanonyme</em>)<br /><br /><strong>Matthieu Gosztola<br /></strong><br />Béatrice Bonhomme, <em>Dialogue avec lâanonyme</em>, frontispice et dessin de Claire Cuenot, Collodion, 2018, 60 pages, 12 â¬.<br /><br /><br /></span></p><img src="http://feeds.feedbur...~4/NJbJqCchqMM" height="1" width="1" alt=""/>

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