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Génie de la lecture


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3 réponses à ce sujet

#1 Hattie

Hattie

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Posté 18 juillet 2019 - 10:03

.

 

Voir en dieux adorables
‘ l’Ange et le lecteur ‘
D’autant plus vrai,
sur une terre d’ombres
qui hurle ses errances
___ l’ange est le lecteur
Œil intérieur _ D’azurs
violets. Plus proches sont.



#2 Ioscrivo

Ioscrivo

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  • Une phrase ::Il y a ces heures qui ne font pas partie du jour, celles où je gagne du temps en en perdant, celle où je me libère de l'engrenage de ce monde qui tourne à l'envers. Alors elle est revenue et je la laisse faire.

Posté 18 juillet 2019 - 10:24

Lecture où s'entremêlent le sens et la passion. La poésie c'est un bien joli pansement sur nos errances.

#3 claus

claus

    envers et contre tout

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  • Une phrase ::des mots pour soigner mes maux, chant des vibrations intérieures offert à tous, tous ceux qui y sont sensibles.

Posté 18 juillet 2019 - 05:52

superbe de voir comment "l'Ange et le lecteur" évoluent, se transforment en "l'ange est le lecteur", magie ou génie de la lecture. Et l'on se perd, loin dans l" Œil intérieur" de ces "azurs violets", deux couleurs qui se questionnent et se répondent, très beau.



#4 Hattie

Hattie

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Posté 19 juillet 2019 - 06:45

Dans la lecture, où allons-nous chercher nos sources d’émotions et de connivences ? Lire est un état d’âme, une vision insoupçonnée et instinctive de figures et messages successifs. ...Par-dessus notre épaule.

 

 

 

 

                                                                                                                                          Paul Valéry __ L’AMATEUR DE POÈMES

 

 

Si je regarde tout à coup ma véritable pensée, je ne me console pas de devoir subir cette parole intérieure sans personne et sans origine ; ces figures éphémères ; et cette infinité d’entreprises interrompues par leur propre facilité, qui se transforment l’une dans l’autre, sans que rien ne change avec elles. Incohérente sans le paraître, nulle instantanément comme elle est spontanée, la pensée, par sa nature, manque de style.

 

Mais je n’ai pas tous les jours la puissance de proposer à mon attention quelques êtres nécessaires, ni de feindre les obstacles spirituels qui formeraient une apparence de commencement, de plénitude et de fin, au lieu de mon insupportable fuite.

 

Un poème est une durée, pendant laquelle, lecteur, je respire une loi qui fut préparée : je donne mon souffle et les machines de ma voix ; ou seulement leur pouvoir, qui se concilie avec le silence.

 

Je m’abandonne à l’adorable allure : lire, vivre où mènent les mots. Leur apparition est écrite. Leurs sonorités concertées. Leur ébranlement se compose, d’après une méditation antérieure, et ils se précipiteront en groupes magnifiques ou purs, dans la résonance. Même des étonnements sont assurés : ils sont cachés d’avance, et font partie du nombre.

 

Mû par l’écriture fatale, et si le mètre toujours futur enchaîne sans retour ma mémoire, je ressens chaque parole dans toute sa force, pour l’avoir indéfiniment attendue. Cette mesure qui me transporte et que je colore, me garde du vrai et du faux. Ni le doute ne me divise, ni la raison ne me travaille. Nul hasard, — mais une chance extraordinaire se fortifie. Je trouve sans effort le langage de ce bonheur ; et je pense par artifice, une pensée toute certaine, merveilleusement prévoyante, — aux lacunes calculées, sans ténèbres involontaires, dont le mouvement me commande et la quantité me comble : une pensée singulièrement achevée.