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(Note de lecture), Pierre Dhainaut, Après, par Ludovic Degroote


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Posté 05 août 2019 - 10:16

 

6a00d8345238fe69e20240a4c093a2200b-100wiAprès se situe, ainsi que son titre le suggère, dans une double temporalité : celle de lâhospitalisation, où « tu nâes plus que ce corps / qui se redresse et qui / sâeffondre » » (p. 23), avec ses peurs et la solitude amplifiée que celles-ci provoquent, jusque dans lâincapacité poétique, et celle dâune réflexion sur le retour à lâapaisement. Les poèmes de 8 à 12 vers, écrits dans un présent qui témoigne de cette temporalité, sont pour la plupart faits dâune phrase qui enveloppe lâinstant de réalité quâils évoquent : sây ajoute une manière qui me semble nouvelle chez lâauteur de créer une circulation qui la densifie par un jeu de débordements syntaxiques et de rejets, à lâimage de cette angoisse qui envahit, déborde, et se contient avec peine. Sensation, émotion, dérive de lâimaginaire, tête et corps sont ramenés à ce réduit spatial â la chambre - et mental â la peur - que la nuit renforce. Il faudra attendre la dernière partie pour retrouver lâespoir de mots qui apaisent, avec un lexique plus dhainautien, tel que « la promesse dâune source / impérissable » (p. 47) que la réalité de la maladie et de lâhospitalisation avait en grande partie défaite ; « dire ensemble » titre cette quatrième partie, de cette façon que Pierre Dhainaut a de placer la poésie comme un espace dâéchanges possibles.

Ludovic Degroote

Pierre Dhainaut, Après, Lâherbe qui tremble, 2019,  72 p., 13 â¬, sur le site de lâéditeur.


Extraits [choix de la rédaction]

Concentration, débordement,
cela de chambre
en chambre, tout un étage,
la nuit de novembre
se répand très tôt,
celle qui entretient lâécoute
depuis lâenfance : ce quâelle
attend, personne
ne le sait, le sait-elle ?
lâinterrogation se répète
jusquâà plus soif.

*

Graver sur un carreau couvert de givre
des lettres initiales, déchiffrer au plafond
dâinextricables lignes sinueuses,
lâinstant est toujours propice
dâesquisser un geste : que la durée sâen charge
et lâintroduise en sa langue de pertes,
de résurgences, dâaugures, il demeure
en suspens.
(pp. 35 et 53).


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