Aller au contenu

Photo

(Disparition) Anne-Marie Soulier


  • Veuillez vous connecter pour répondre
Aucune réponse à ce sujet

#1 tim

tim

    Administrateur

  • Administrateur principal
  • PipPipPipPip
  • 5 249 messages

Posté 26 janvier 2020 - 10:18


Câest avec un profond chagrin que Poezibao a appris, ce vendredi 24 janvier 2020, la disparition dâAnne-Marie Soulier, poète et traductrice.
Isabelle Baladine Howald lui rend ici hommage.

Anne-Marie Soulier, te rendre ton sourire

6a00d8345238fe69e20240a504a9a2200b-100wiElle était si pleine de vie, si pleine de talent, si pleine de doutes, si souriante et si inquiète.
Comme nous avons pu rire ensemble, et déambuler après le déjeuner, bras dessous bras dessus, câest cela dont je me souviens aujourdâhui.
Anne-Marie Soulier, poète et traductrice, est décédée vendredi 24 janvier dans lâaprès-midi, après sâêtre battue si courageusement durant deux ans contre la « longue » maladie quâelle nâa jamais pensé ne pas vaincre.
Elle était née à Lunéville, avait vécu en Algérie, en Allemagne, en Norvège et en Angleterre, avant de mener sa carrière à lâuniversité de Strasbourg comme professeur dâanglais.

Sa poésie (Après guerre, Dire tu, Je construis mon pays en lâécrivant, Carnets de doute et autres malentendus,  aux Editions Lieux dits) étaient empreinte du jeu des mots, dâune approche très sensible du monde et des choses.
Elle avait traduit le norvégien Øyvind Rimbereid ou Torild Wardenaer (BF), le poète chinois Cai Tianxin ( lâOreille du loup) et plus récemment Hanne Bramness Le poids de la lumière chez Ères, avec un grand talent.
Elle a monté de nombreuses lectures à Strasbourg en particulier, avec Ouï Lire. Elle avait également fait partie de la commission poésie du CNL.
Et Anne-Marie aimait chanter, faisant partie dâensemble vocaux, aimant partager les textes avec des comédiens et des musiciens. Elle défendait également le droit des femmes avec une force que tout le monde ne comprenait pas. Elle avait été une petite fille élevée au milieu de garçons, et se battait comme une lionne durant les réunions pour faire inviter des poètes femmes, et elle sâest battue comme une lionne contre cette maladie qui nâa pas un prénom de femme.

Durant toute sa maladie, la seule chose quâelle demandait, câétait de lui raconter ce que nous faisions nous, petits agités, de nos vies. Cela lâintéressait, lâaidait, la faisait vivre et me remplissait dâadmiration.
Ses derniers mots ont été, quand je lâai vue : « ne tâinquiète pas, nâest-ce pas ? Ne tâinquiète pas », en détachant ses mots.

« Je la rencontre sur la plage un jour de printemps très tôt
lâun de ces jours débordants de lumière
sur les bateaux les bâches sâagitent en ce matin frileux
elle rugit soudain soudain entre les abris debout devant moi
bien plus petite que dans on souvenir jâen reste bouche bée
jâentends le plastique clavier autour de nous, le vent siffler dans
ma bouche. « Lève-donc la tête ! » crie-t-elle en venant vers moi
de biais, comme un crabe, et même sans voir sa mine
narguer la lumière, je sais quâelle sourira une fois tournée vers moi
Et comme jâai été si souvent bravé les ordres de mon cÅur, mangé
malgré les hauts le cÅur ravalé mes mots levé le
doigt avant de demander, je lui rendrai son sourire. »

(Hanne Bramness, Le poids de la lumière, Erès, traduction Anne-Marie Soulier)

Isabelle Baladine Howald

Anne-Marie Soulier dans Poezibao :
carte blanche (il nây a pas de langues étrangères),
(Entretien) entre Anne-Marie Soulier et Isabelle Baladine Howald, autour de la poète norvégienne Hanne Bramnes,
(Anthologie permanente) Anne-Marie Soulier,

Ses traductions :
Hanne Bramnes, (Anthologie permanente) Hanne Bramnes, Le Poids de la lumière,
Olav H. Hauge, (anthologie permanente) Anne-Marie Soulier et Olav H. Hauge
Øyvind Rimbereid, bio-bibliographie, ext. 1 (AM Soulier)


Qrim_XQF--w

Voir l'article complet