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Sagan 1551 (5/7)


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2 réponses à ce sujet

#1 DimDez

DimDez

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Posté 19 mai 2020 - 11:53

Sagan 1551

 

espaces incompris

 

 

 

 

Chant cinquième

 

 

Nous surferons dans environ trois cents de tes battements de cœur

Sur quel océan Sur le tissu de l’espace-temps Nef ne capte pas

mon humour Et je ne conceptualise pas toutes les informations

transmises par microvibrations J’en déduis que mon cerveau

n’est pas assez flexible pour intégrer les données Surtout celles

qui concernent la physique en général Mon hôte ne me prête

aucune attention et frémit comme le félin qui va s’élancer

 sur l’oiseau Je me risque à intercepter le flux cognitif

Je conçois des suites de calculs que je ne décrypte pas

Très vite je surcharge La céphalée impose de clore le lien

J’ouvre alors les yeux et crois halluciner Hors du dôme

l’espace se gondole Les étoiles se déforment Les galaxies

s’anamorphosent Une vague de lumière se contracte à la proue

pendant qu’une autre se dilate à la poupe En un saut

imperceptible la coque organique chevauche la déferlante

ondulatoire et l’univers dégouline pour fuir en un vortex

éblouissant aux couleurs hors du spectre du langage Nef trace

au centre d’un brasier traverse un nuage en fusion d’un coup

s’arrête au bord d’un océan de matière dorée tournoyant

sur lui-même une crèche à soleils qui par grappes s’arrachent

au cœur cyclopéen et dérivent vers les bras titanesques

de la spirale puis reprend sa course entropique Près de moi

absolument rien ne bouge hormis les fougères arborescentes

qui bruissent sous la brise Pas même une onde sur un étang

magnétique Dans cette bulle relativiste ivre de nébuleuses 

je perds conscience À mon réveil trois heures ont coulées Nef

stationne en orbite de deux étoiles qui valsent autour d’un axe

invisible Elles ne sont pas égales en taille et en couleur Ce duo

procure une impression mitigée de symbiose et de prédation

Un système double C’est très fréquent Dans quelques millions

de rotations la petite aura absorbé la grosse et finira en supernova

 

 

 

Annexe :

 

Écologie Spatiale : l’espace est un environnement dangereux et inhospitalier.       

De par le froid qui y règne, et l’absence d’atmosphère, la vie humaine sans

protection y est fortement compromise. Heureusement, les parois de nos paquebots

vous protègent. Néanmoins, en cas d’improbable incident, une alarme sera

déclenchée et des mesures de sécurité seront prestement mises en action.

Reportez-vous à la section « Sécurité et Préservation Physique » du présent manuel.

 

 

 

(précédemment) (à suivre)



#2 En hoir de Loup-de-lune

En hoir de Loup-de-lune

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  • Une phrase ::_jadescence
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    _évanescence

Posté 20 mai 2020 - 06:47

Merci de nous accueillir encore une fois à bord pour la suite de ce voyage véritablement pénétrant, heureux d'enseignements humbles et profonds...

"Les galaxies s'anamorphosent"

Il est nécessaire parfois de s'élancer, le poids de la pensée rationnelle réduit au strict minimum, et de s'abandonner de tout son être ressentant, à la grande déformation des choses... Alors, en effet, il n'est guère aisé de savoir quelle part revient à la "symbiose", quelle part revient à la "prédation"... et plus encore de devenir l'artisan-contemplateur de leur équilibre...
Il y a peut-être aussi là une métaphore de cet autre forme de voyage lointain qu'est l'écriture...


(une passagère résolument prête) à suivre...

#3 bɔētiane

bɔētiane

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  • Une phrase ::"Les mots sont une peinture des choses"

    boetiane.com

Posté 21 mai 2020 - 01:09

Humour dezien fondu à flanc du récit, omniprésent, indissociable (je lui trouve parfois -oserais-je ?- des affinités anglo-saxonnes >>> ie. cette "conscience souriante de notre propre excentricité") et qui s'exerce ici jusqu'à l'ironie de cette image _naine blanche cannibale dépouillant le géant de son binôme, hihi

                symbiose et prédation

                              et système double

                                  (que c'est bon tout ça. . .)

 

D'ailleurs, on est soudain passé à la vitesse supérieure _le champ hallucinatoire est vertigineux alors même que l'âme humaine (dans une programmation presque reptilienne) s'éprend soudain à traduire l'inhospitalité de ces mondes en merveille visuelle

                   crèche à soleils

                                fougères arborescentes

                                                                                                                                     il est donc bien question de poésie (chant iv)

                                                                                                                                                  de vibrations comme de langue et de musique

        de quoi trouer le regard à l'extrême_

  comment ne pas jubiler

              la fuite est inouïe, centrifuge

       sortie de ma trajectoire,    je regarde    et j'adore

 

     le lecteur n'en ressortira pas indemne

 

 

 

« la spirale est mon unique route » (Monochromies  2013 by Dezorty)

eh bien nous y sommes_