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L’esprit de l’escalier


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3 réponses à ce sujet

#1 Ariel

Ariel

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Posté 06 septembre 2022 - 10:19

L’esprit de l’escalier


On traverse le rêve mais c’est celui des autres.

Elle s’est levée du banc, a quitté le jardin aux ombres centenaires, a traversé la rue, les odeurs de la rue, les bruits de la rue. A refermé la porte, s’est coulée entre les murs de l’histoire, rejoindre l’odeur du café et le parfum de fruits mûrs.

Entendre des pas. Ils viennent vers vous, le savez-vous ? Vous le savez. Les marches sont lentes. De bois, de clous, de cire. Fatalement, lentes. Et la voie étroite.

Se retourner pour comprendre l’inaccessible. La lumière au-dessus de l’échafaud. Je ne pouvais imaginer le lieu dans le noir. Le sombre, ou l’obscur, oui. Mais monter dans le noir complet, occupant entièrement l’espace, comme un zéro le vide: non. Il y aurait toujours une source de lumière - comme une mémoire- et sans espoir de jamais tout recommencer.

Pourtant j’ai vu des oiseaux qui n’existaient pas. Ils étaient bien là, dans leur cage ouverte.
Il y avait une mer verticale, dressée, droite. Un arbre et une maison que je ne connaissais pas. Ou une maison et un arbre, on ne pouvait savoir lequel avait précédé l’autre.
«  - Allez-y, allez-y, je vais rester là et vous regarder partir. »
Je marchais je marchais. Anna Andreïevna toujours à la même place je me retournai elle était devenue minuscule mais la canne se levait encore, je la voyais l’agiter.

On ne pourrait jamais tout recommencer



#2 balila

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Posté 07 septembre 2022 - 08:44

Après plusieurs lectures, j’ignore où tu vas avec ce texte Ariel (même si j'en devine parfois le chemin), ni l’endroit où tu souhaites amener le lecteur tant il prend des sens différents à chaque paragraphe, et à chaque relecture. C’est comme si le regard changeait de direction selon les images que tu projettes sous mes yeux. Les sens sont pris dans d’autres étaux, d’autres sensations, d’autres vertiges, ce serait comme un labyrinthe où chaque bifurcation fait surgir un élan, une crainte, une lumière, tous les sens sont en éveil. Il y a sur ce chemin tous les contrastes et tous les contraires, de l'obscur à la lumière.

 

Le troisième paragraphe m’a bouleversée. 

 

Il y avait longtemps qu’un texte n’avait pas fait vibrer en moi de telles sensations, et c’est tellement ce que j’attends de mes lectures que je suis vraiment sous le charme de cet escalier qui m’emmène où tu veux bien m’emmener… 

 

J’ai traversé tes paysages, je les ai fait miens, c’est toute la magie de l’écriture telle qu’elle s’impose à moi lorsque je voyage avec le narrateur.

 

Merci de ce moment Ariel.

 

balila

 

 

ps : ne manque-t-il pas un s à « retournai » ? Sinon le temps changerait, à moins qu'il soit volontaire ?



#3 balila

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Posté 08 septembre 2022 - 07:36

 



#4 Ariel

Ariel

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Posté 08 septembre 2022 - 09:52

Merci.

 

Il y a bien un changement de temps sur retournai. J'ai conjugué la phrase à la troisième personne pour m'assurer de ça.

Le passé simple crée une interruption, un moment particulier dans l'action lente de s'éloigner.

 

Fine lectrice. J'ai mis longtemps à écrire cet escalier, ce jeu entre les regards, les points de vues, les sensations.

Et le sens.qui demande à recoudre un peu la cohérence.

Mais je pense qu'à choisir entre les images, les impressions visuelles ou sensorielles créées par les mots, et le sens, j'ai choisi de privilégier les premières,

même si ça donne un peu (beaucoup) un ressenti de peinture abstraite.