Ils leur arrivent d'être dégueulasses
D'avoir de la merde sous leurs godasses
Z'ont pas le souci du qu'en dira-t-on
C'est le tissu des bas-fonds
Les torchons
On les ménage, on les dispose
La journée elles se reposent
Elles sont à prendre avec des pincettes
On ne leur laisse que les miettes
Les serviettes
On les sous-entend, on les cache
C'est des apaches sans panache
Des gardes du corps de patachon
Des morceaux de toile sans éducation
Les torchons
C'est hygiénique, c'est bien pratique
C'est neutre, ça ne fait pas de politique
Elles s'adaptent comme des girouettes
Elles ont la tache discrète
Les serviettes
Ca part à la guerre dans le désordre
Ca obéit au doigt et à l'ordre
Ils se dépensent sans conditions
Et finissent leur vie en chiffon
Les torchons
C'est fragile, ça fait des manières
Elles sont sur nos genoux comme des écuyères
Sont copines avec les savonnettes
Elles sont nos témoins muettes
Les serviettes
Insouciance des torchons, ennui des serviettes,
Se sont mélangé un jour de tempête
Sans communes mesures se sont emmêlés ;
Partouze historique dans une machine à laver
Après l'essorage on les a séparés
L'humidité de leurs fibres s'est évaporée
Le vent a soufflé sur leurs amourettes
Mais depuis ils s'aiment en cachette
Les torchons et les serviettes
Ricoche
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LES TORCHONS ET LES SERVIETTES
11 mai 2008 - 11:01
ROMEO ET GINETTE
10 mai 2008 - 09:57
ROMEO ET GINETTE
C'est des feuilles mortes qui s'accrochent
Un pull-over pour deux qui s'effiloche
C'est une cuisine dans la soumission de l'habitude
Contre une envie de respirer des altitudes
C'est une télé qui regarde l'amour en faillite,
Du quotidien quand l'ennui est au zénith
Une ménagère qui astique son alliance
Contre un poète qui s'enlise dans la prudence
Roméo n'aime plus la blanquette
Et ne dénoue plus le tablier de Ginette
Leur regard tendre et complice s'est tu
Dans l'indifférence d'un naufrage absolu
Roméo se noie dans des bouteilles fatales
Il voudrait s'évaporer du brouillard conjugal
Redevenir amant à plein – temps
Repeindre son cœur en bouquet de printemps
Ginette rêve que « monsieur propre » frappe à sa porte
Qu'une tornade blanche la réconforte
Faire l'amour du sol au plafond
Comme quand Roméo avait de la passion
Se contenter d'être fatigué, résigné, et sage
Entre un aspirateur et une table de repassage
La robe de mariée est tombée dans l'eau de vaisselle
Et les bouteilles vides se ramassent à la pelle.
EN VRAC
06 mai 2008 - 10:06
Le livre qui se referme à la page de l'enfance
La bouteille que l'on vide dans les artères de la colère
Le stylo qui sèche sur le papier de la défaillance
La cigarette qui mise à la loterie du cancer
Le cri de la solitude dans le noir de l'absence
Le chien fidèle dans le festin des cimetières
Le rouge nocturne des voitures de l'urgence
Le pain perdu dans l'anonymat des pissotières
Le message cardiaque dans les mains de l'insomniaque
Le trajet des larmes sur le visage des garçons
Le trou de mémoire d'un sexe au premier acte
La folie de l'ivrogne qui a perdu son tire-bouchon
La pureté maladroite des enfants de trente ans
Le micro débranché le soir de la générale
Le radeau de la rage au milieu de l'océan
Le mec tout seul dans la lumière de leur carnaval
La chaussure trouée de mes vers à pieds
Le quotidien banal sur écran cinéma
L'action du verbe dans les bourses clôturées
Mon ignorance qui donne sa langue au chat
La bouteille que l'on vide dans les artères de la colère
Le stylo qui sèche sur le papier de la défaillance
La cigarette qui mise à la loterie du cancer
Le cri de la solitude dans le noir de l'absence
Le chien fidèle dans le festin des cimetières
Le rouge nocturne des voitures de l'urgence
Le pain perdu dans l'anonymat des pissotières
Le message cardiaque dans les mains de l'insomniaque
Le trajet des larmes sur le visage des garçons
Le trou de mémoire d'un sexe au premier acte
La folie de l'ivrogne qui a perdu son tire-bouchon
La pureté maladroite des enfants de trente ans
Le micro débranché le soir de la générale
Le radeau de la rage au milieu de l'océan
Le mec tout seul dans la lumière de leur carnaval
La chaussure trouée de mes vers à pieds
Le quotidien banal sur écran cinéma
L'action du verbe dans les bourses clôturées
Mon ignorance qui donne sa langue au chat
ENCORE MOI
06 mai 2008 - 02:47
ENCORE MOI
Je suis en panne de vos sourires, je suis en peine sur mon navire
J'ai pour vous des cargaisons de lapis- lazulis, d'agates et de saphirs
A fond de cale, je reste sombre, un capitaine qui n'ose offrir…
Toutes ces chutes à mes élans emportés par le zéphyr…
J'entends un piano lointain qui m'accorde des notes juvéniles
Une petite fille qui me tend son aile pour aller sur son île
Une île désenchantée, une île à réparer, une île qui semble être en exil
Envoûtement ou sortilège, je suis volontaire pour me rendre dans cet asile
N'être qu'une ombre à ces chinoiseries qui nous encombre
Appartenir aux fleurs, s'offrir loin de leur vie de nombre
Protéger les chimères, les extraire de dessous les décombres
Dessiner un mouton à la petite princesse, luciole de ma pénombre
Je ne veux pas participer aux championnats d'amour économique
Je suis hors catégorie avec des éruptions de tendresse volcanique
Passionnément, à la folie, je n'ai pas d'allégés dans ma boutique
J'écris contre l'oublie, cascadeur de phrases acrobatiques
Chaque matin, je prépare le picotin pour les chevaux de la mort
Je les soigne dans l'enclos des prairies de la vie, sans remord
Larbin de la poésie, je ne sais plus taire la réserve de mon sort
Adolescent permanent, j'ai l'impatience de la visite de mon âge d'or




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