Rathur
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Publications sur Toute La Poésie
L'arbre à quatre bras
30 mai 2009 - 10:35
à M. Abel Sablé
Un chêne comme un frère veille au bord du lit.
De la terre, il reçoit la pluie.
De l'herbe, il grave la rivière.
Sa grège envergure est comme les yeux des pays :
Bossuée de patience autant que d'humilité.
Auprès, une vieille machine empiète de sa rousseur
Avec la ronce dentelée et profitante.
Un homme donne l'eau aux bêtes,
Il a les doigts gonflés, rugueux, qui craquèlent au froid.
Le chêne à quatre bras semblait voir et ses feuilles entendre.
Embrassant de sa couverture les sols exploités.
Guerrier de silences diffus !
La foudre lui éclata le tronc en étoile
Mais de ses lambeaux il divisa sa manne.
Pareil est cet homme chenu, courbé par la peine,
En souriant avec un patois plein de bonté
Qui comme l'arbre, suivait le cycle du soleil.
Issus des soubresauts naturels :
La maison de terre et les meubles épais,
Aux quatre coins d'une pièce lasse,
Aux quatre cœurs d'une science profonde.
Typologie des aréoles
29 mai 2009 - 12:35
Mettre le contact à ta nuque en remontant les doigts autour de l'oreille.
Tes cheveux me couvrent.
Je te guide dans l'ombre pour couvrir encore, pour préserver le long frisson.
Ta tête bascule, tu offres ta gorge blanche et la belle échancrure qui rayonne.
Tu es le chemin du soir, mes lèvres entament sa rosée.
Tu te pâmes et j’investis ta bouche.
Crissent les étoffes et tintent tes parures, ...sans contrôle !
Tes épaules faites pour l'amour forment une douce image que les mots réduisent.
Je voudrais m'emparer de toi toute entière, accentuer l’expression exiger les cris.
Libre, ma tête n'est plus qu'une langue qui courre, qui frôle ou qui gobe.
Aux étapes de ton dos, sur la coupe de ton sexe glabre, je dégomme le décompte des heures !
Tes cheveux me couvrent.
Je te guide dans l'ombre pour couvrir encore, pour préserver le long frisson.
Ta tête bascule, tu offres ta gorge blanche et la belle échancrure qui rayonne.
Tu es le chemin du soir, mes lèvres entament sa rosée.
Tu te pâmes et j’investis ta bouche.
Crissent les étoffes et tintent tes parures, ...sans contrôle !
Tes épaules faites pour l'amour forment une douce image que les mots réduisent.
Je voudrais m'emparer de toi toute entière, accentuer l’expression exiger les cris.
Libre, ma tête n'est plus qu'une langue qui courre, qui frôle ou qui gobe.
Aux étapes de ton dos, sur la coupe de ton sexe glabre, je dégomme le décompte des heures !
Nada !
27 mai 2009 - 04:55
La feuille : sur la feuille je n'ai rien à dire,
Mais quelles sont ces heures,
Ces heures du jour et de la nuit ?
Le temps : sur le temps je n'ai rien à dire.
L'arbre : sur l'arbre je n'ai rien à dire,
Mais qui donc claquette ainsi ?
Qui donc perfore le bois sans faillir ?
Le pic-vert : sur le pic-vert je n'ai rien à dire.
La terre : sur la terre je n'ai rien à dire,
Mais qui est ce qui vallonne ou étale ?
Qui donc ensemence sinon le vent ?
La falaise : sur la falaise je n'ai rien à dire.
L'étoile : sur l'étoile je n'ai rien à dire,
C'est un point sur comme un fruit
C'est une poussière qu'on poursuit,
Vénus : sur vénus je n'ai rien à dire.
Le chat : sur le chat je n'ai rien à dire,
C'est une veille et c'est un cri,
C'est un oeil, un salmigondis,
La nuit : sur la nuit je n'ai rien à dire.
La mort : sur la mort je n'ai rien à dire,
Une errance à jamais enfouie,
Le vivant disperse ses lèvres de sang,
Le cœur : ô théâtres, ô forêts, ô extases, ô soleil.
Mais quelles sont ces heures,
Ces heures du jour et de la nuit ?
Le temps : sur le temps je n'ai rien à dire.
L'arbre : sur l'arbre je n'ai rien à dire,
Mais qui donc claquette ainsi ?
Qui donc perfore le bois sans faillir ?
Le pic-vert : sur le pic-vert je n'ai rien à dire.
La terre : sur la terre je n'ai rien à dire,
Mais qui est ce qui vallonne ou étale ?
Qui donc ensemence sinon le vent ?
La falaise : sur la falaise je n'ai rien à dire.
L'étoile : sur l'étoile je n'ai rien à dire,
C'est un point sur comme un fruit
C'est une poussière qu'on poursuit,
Vénus : sur vénus je n'ai rien à dire.
Le chat : sur le chat je n'ai rien à dire,
C'est une veille et c'est un cri,
C'est un oeil, un salmigondis,
La nuit : sur la nuit je n'ai rien à dire.
La mort : sur la mort je n'ai rien à dire,
Une errance à jamais enfouie,
Le vivant disperse ses lèvres de sang,
Le cœur : ô théâtres, ô forêts, ô extases, ô soleil.
Une fleur gercée
23 mai 2009 - 11:14
Ô grands abattoirs de l’air,
Joueurs de haches ou de couteaux
Empoignant la nature déverdie
De leurs mains grosses,
Jusqu’aux arêtes des plaines.
L’oiseau hébété, le bosquet spectral, l’herbe épars,
Vous confortent de ces mues.
Par ces jours au soleil infructueux,
S’emplit de beautés inactives et sèches
L’herbier des songes.
Ô buées et givre d’aurore !
Mais un point intrus,
Une veilleuse scintillante
Sur un lit de feuilles dures,
Une fleurette au chant ténu
Dit le dessous qui palpite
A travers la glace hyaline,
Pour souffler, encore,
Toujours, son petit baiser rose.




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