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Publications sur Toute La Poésie

L'interdit

21 mai 2011 - 02:35

J'ai croisé ton regard
Au détour d'un passage
Une lueur à part
Éclairait ton visage

Poussé plus loin la porte
D'une chambre au hasard
Attiré de la sorte
Densité de l'espoir

Effeuillé nos deux corps
Nu en face de l'autre
Désirant le trésor
Que l'on offrait à l'autre

J'ai caressé ta peau
Transgressant la méfiance
Les yeux remplis de l'eau
De la reconnaissance

J'ai embrassé ta bouche
Mélangé nos parfums
Lorsque nos mains se touchent
Nos cœurs ne font plus qu'un

J'ai posé sur ta verge
Douceur d'une caresse
Quand le désir émerge
Balayant la tristesse

J'ai posé sur ton corps
Encore frais de tendresse
Le chaud du réconfort
Quand le plaisir agresse

J'ai suivi de la langue
Les lignes de ton être
Quand les forces exsangues
Redoublaient de promesses

J'ai posé sur ton ventre
La semence éternelle
Pénétré dans ton antre
Découverte nouvelle

Les sens tout engourdis
La menace est soudaine
De l'amour la folie
Qu'un voisin nous assène

Les tribuns se soulèvent
Dernier baiser d'adieu
Quand le bonheur s'achève
Fait place à d'autres cieux

J'en redemande encore
Malgré les interdits
Qu'on nous condamne à mort
Pour ces instants de vie.

Benoît Malthet, le 14 Mai 2011.

Retrouvez ce texte dans les choix de duodevies

Vent de traverse

11 mars 2011 - 07:30

J'ai traversé bien des tempêtes
Imaginé bien des rivages
Avec le soleil sur la tête
Ou à deux doigts d'un vrai naufrage

J'ai sillonné des océans
Abandonné mes seuls ancrages
Mais pour ramer contre courants
Il m'en a fallu du courage

J'ai désiré femme et enfants
En ai rêvé de mariage
Mais quand on seul face au vent
L'espoir devient vite un ombrage

J'ai recherché dans l'étendue
La force de poursuivre encore
J'ai bien été souvent déçu
De ne pas être déjà mort

J'ai écouté le chant perdu
D'une baleine avant l'aurore
Y vis la sirène éperdue
Qui me guidait vers le bon port

J'ai connu le froid et les doutes
A m'acharner contre l'immense
Ai tant de fois changé de route
Mais il fallait bien que j'avance

J'ai croisé tant de fois l'instant
Où le silence vous rend sage
Mais aussi fou car incessant
Le sel a rongé mon visage

J'ai désespéré si souvent
Jusqu'à ramer rempli de rage
Mon seul regret parfois étant
D'être mon unique équipage

J'ai traversé bien des tempêtes
Imaginé bien des rivages
Mais après tout ma vraie conquête
Est d'avoir été du voyage.

Benoît Malthet, le 10 Janvier 2006.

Texte présenté dans le cadre du printemps des poètes.
Poursuivez la découverte sur www.duodevies.fr

Au féminin

08 mars 2011 - 07:05

Au féminin à l’infini
Juste un regard dans la nuit
Impatient, imprudent
La masculin s’affaiblit

Au féminin à la raison
En corps une autre saison
Inconscient, insouciant
Le masculin fait rebond

Au féminin à l’espérance
Juste un revers d’importance
Impotent, indécent
La masculin se repense

Au féminin à l’avenir
En corps un autre plaisir
Ignorant, impuissant
La masculin fait sourire.

Le 29 mai 2001.


Ce poème est proposé à l'occasion de la journée mondiale de la femme.
Retrouvez ce texte et bien d'autres sur le site de l'auteur : www.duodevies.fr

Déraisonné

18 février 2011 - 06:31

Penser juste un instant à l’aurore éternelle
Et s’effondrer soudain dans les bras de Morphée
Se réveiller un jour sur une aube nouvelle
Sans savoir si la mort vient de nous emporter

Fermer les yeux encore en espérant rêver
Saisir à feu de vol le papillon de chair
Qui transporte nos corps sans même se soucier
De l’étrange distance entre lui et la terre

Et crier tout à coup dans un silence lourd
Où un écho de verre illumine les sons
Plonger sans réfléchir, tomber sur le velours
Petit espace libre au cœur de la raison.

Benoît Malthet, le 08 Septembre 1999


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