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Victordali

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Publications sur Toute La Poésie

Paris sous la pluie

25 février 2011 - 09:35

Paris sous la pluie

Toi l'enfant qui naquis un matin de printemps,
Tu hantes à présent les soirs de mauvais temps.

Le Soleil bienveillant te fit une promesse.
On sait ce roi mourant, et toi tu le délaisses ?

Dans un ciel vert-de-gris, ta silhouette s'efface,
Livrant ta chair aux crocs des néons écarlates.

Dans ton regard blessé, le monde s'est éteint à jamais,
Et de tes yeux s'écoulent d'infimes perles nacrées.

Les paroles s'envolent et les chimères s'affolent,
Ce soir l'ignoble pluie salira la métropole.

Rien ne sert de crier, les amants perdent confiance,
Les charognards découvriront ton corps noir de silence.

Aucun baume ne soulage des brûlures de la vie.
Carcasse sans rêve, ici tu gis sans envie.

L'Arche

23 février 2011 - 12:52

L'Arche

Tout est possible lorsqu'on sait revenir.
La coque est brisée, il faut s'enfuir !
L'arche met les voiles, on embarque indécis,
Le temps s'écoule, endormi dans son lit.

L'homme tambourin salue, il a reconnu
Plus loin l'horizon, à perdre la vue !
On oublie tout et on n'espère plus,
Une nuit soudainement la mire s'est tue.

Les yeux grands ouverts, on entend alors,
Là ! Une réponse ! Le silence est d'or.
L'existence finit par tendre ses bras,
L'infini se propage tout autour de soi.

On se souviendra alors
L'avoir déjà vu.
Un été près du lac,
L'enfant rêvait nu.

À Ciel Ouvert

21 février 2011 - 10:51

À Ciel Ouvert

Pour voir le ciel se déchirer,
Il faut garder
Un œil ouvert, un œil fermé,
Une coquille vide, noix à côté.

Pour retrouver son âme d'enfant,
Il faut laisser
Ses rêves voguer dans l'océan,
Écume soulevée par le vent.

Pour savourer l'instant présent,
Il faut sentir
Le ciel frémir, son cœur s'ouvrir,
Une mandarine, chair dénudée.

Désert

20 février 2011 - 08:16

Désert

Un soir, l'aigle auroral prit son envol
Pour aller butiner le miel céleste,
Là-haut, dans l'azur éthéré.

Mais ses yeux brûlèrent,
Et ses ailes tombèrent,
Dans la gueule du lion.

Le serpent, lui, fuit dans le désert
Pour parachever sa mue,
Là où nulle ombre ne survit.

Puis il renaquit orné de longs crocs,
Puis il déchira sa peau,
Puis il cracha son cri.

L'aigle consumé dans le vaste océan,
Le lion lové au creux d'une vague,
Le serpent repu de son propre venin,
La nuit se tut.

Et l'enfant parut.

La Muse Éphémère

20 février 2011 - 11:59

La Muse Éphémère

Ô éternel instant du Soleil distant,
Qui féconde l'horizon, et fuit chez Hadès !
Je vois s'échapper du fin fond du néant,
Dans un tourbillon, les étranges promesses !

Quand scintille solitaire, l'éclat du point du jour,
Hormis sur les promeneurs égarés, mon amour,
Par-delà les toits, les allées engourdies,
Nous courrons ramasser l'Ipomée endormie.

À midi, traînassant, dans les gais pâturages,
Nos corps lambinés sous les saules pleureurs,
Vois ! Le ciel n'est pas mort, un ange est de passage !
Mais déjà tu m'échappes, tu rejoins l'Enchanteur.

Ô éternel instant du Soleil distant,
Qui féconde l'horizon, et fuit chez Hadès !
Je vois s'échapper du fin fond du néant,
Dans un tourbillon les étranges promesses !