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coycot

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Publications sur Toute La Poésie

C' est la nuit

16 janvier 2012 - 06:16

C' est la nuit que je cherche le chemin



Je marche la nuit comme à tâtons, la faim illumine au creux du ventre telle une pierre d'azote liquide pur,

un poing fermé de diamant au lieu du nombril.


Cette faim qui dans l'ombre féconde les entrailles de la nuit



Leurs rejetons sont mes compagnons de route,
aussi précieux que mes bottes et mon couteau,

voici leurs noms:



Poissons météores lunatiques

Poly-chiens de silicate

Baleines à creux, girafes à longs coudes et lionnes à crinières ( dites lionnes suffragettes )

Oiseaux cumulo-nidificateurs

Cyclo-papillons à trois ailes

Tigres métaphoriques ( longtemps prétendus tigre de moteurs, erreur rectifiée depuis )

Chameaux chamoirés en banc et à bandes, de la même région zèbres monochromes



Et toutes les autres créatures que la vie a affublé d'une existence maladive presque relative

et qui chevauchent avec moi l'espace de la nuit.

La ville

16 janvier 2012 - 06:14

La ville continue est un théâtre d'errances



Le voyage n'est qu'un projet de destination

Un endroit sans lieu, ni plus ici ni tout fait là-bas
comme une donnée dans le lisse du câble électrique

Un usager de tapis roulant en transit dans les rues inertes


Le voyage manque d'aspérité


Mais l'errance est un point fixe situé dans un ailleurs toujours renouvelé



Goûtez le désespoir d'être libre

Le furieux excès des disponibilités

Quelle curieuse maladie

Le convalescent ne veut pas guérir

Il s'accroche à la blouse de l’infirmière
un oeil lubrique choit dans les profondeurs du corsage échancré

Un autre halluciné se cramponne à la lumière crue du néon



Bienvenue à l'institut du véhicule inversé


Le personnel est soigneusement interné

Le patient fait sa ronde dans le couloir principal et sonne le couvre-feu

Sa matraque hors-d' usage racle le crépis jaune-mur




Mille lieux de perdition dans le parc 



La ville

16 janvier 2012 - 06:13

La ville continue est un théâtre d'errances



Le voyage n'est qu'un projet de destination

Un endroit sans lieu, ni plus ici ni tout fait là-bas
comme une donnée dans le lisse du câble électrique

Un usager de tapis roulant en transit dans les rues inertes


Le voyage manque d'aspérité


Mais l'errance est un point fixe situé dans un ailleurs toujours renouvelé



Goûtez le désespoir d'être libre

Le furieux excès des disponibilités

Quelle curieuse maladie

Le convalescent ne veut pas guérir

Il s'accroche à la blouse de l’infirmière
un oeil lubrique choit dans les profondeurs du corsage échancré

Un autre halluciné se cramponne à la lumière crue du néon



Bienvenue à l'institut du véhicule inversé


Le personnel est soigneusement interné

Le patient fait sa ronde dans le couloir principal et sonne le couvre-feu

Sa matraque hors-d' usage racle le crépis jaune-mur




Mille lieux de perdition dans le parc 



Présidentielle 2012

09 janvier 2012 - 05:09

Vouloir être assis à la droite du seigneur,
tout contre son sein chaud et mou, voire flasque, tout flétri d'éternité,
son auréole nimbée de gros poils blancs biscornus ?

Vouloir lui adhérer,
être d' accord, complice , friand d'avantages ?

Participer aux miracles quoique plus souvent déclencher des épidémies,
pour une déclaration de paix faire sonner mille fois la charge ?

Avoir le droit à son petit massacre quotidien,
livrer indistinctement coupables et innocents au bourreau qui sera gracié ?

Mort là-haut, mieux la semer ici-bas ?

Etre impitoyable, féroce, sournois, malhonnête, fourbe, partial, cruel, injuste... en toute impunité ?

Surclasser de loin dans le dégoût
le cannibale raffiné,
le prédateur arachnéen de soie costumé,
l' infanticidaire battant sa femme,
le pervers haut de gamme ?

Devenir pathétique ?
Plutôt crever !

Je chausse dés à présent mes sandales de fortune et m'engage sur la voie sans détour, malicieusement la voie la plus longue.
Après une courte marche, la paresse me pousse à le lever quand, dans la stridulation de la gomme arrachée par l' asphalte, mugit une Mustang 24 carats, monstre d'acier à faire pâlir un tank, animé par un titanesque moteur survitaminé propre à s'envoyer en orbite autour du Centaure proxima.
En contrepoint du staccato insensé de la mécanique, un vieux blues oublié fait chialer la radio.

Personne au volant, je m'installe nonchalamment, un pied nu agrippé à l’accélérateur pour mieux lui faire lécher le tapis de sol.
Quand soudain c'est l'envol:
la Mustang est un pégase !

Je dépose littéralement Hélios et son char de feu. Furieux, il lève le poing à
mon adresse mais s' éteint aussitôt dans le lointain du rétro.

Puis je surplombe Icare à son apogée, ma vive allure m' évite un bien triste spectacle.
Celui-ci en devient d'ailleurs hypothétique :
vole Icare, vole !
Ne laisse pas tous ces terriens racontars ton histoire de sa chute te déplumer :
tu l'auras ton étoile !

Bientôt je déboule sur les pistes de l' hippodrome saturnien où je tire la bourre à d'étranges pur-sang , révolutionnaires permanents, foulant de leurs sabots spatiaux les gigantesques anneaux .

Un bond astronomique plus tard et me voici dans la banlieue proche d' Uranus. Mais je n' ai que faire de l'astre sombre et solitaire, il est une destination pour laquelle cette solitude est des carburants le meilleur.
Quant aux marches de l'infini, c'est ici que débute véritablement le voyage.
En effet, je ne tarde pas à rencontrer le grand rapace et l'oiseau rare évoluant dans le vide, ensemble nous errons dans l'intangible tandis que de leur perchoir sur une haie le roitelet et ses amis n'en finissent pas de ricaner.

Vivement je me retrouve seul, je suis au seuil de l'horizon qui n' étant ni le ciel ni la terre est pourtant les deux à la fois.

Horizon !

Fontaine lucide,
source indifférenciée, non évaluée,
dans ton eau sont dissous Verbe et Nombre.
Encore un pas donc et dans ce vacarme assourdissant que l'on nomme le silence , en secret, je serais...Tout.

Sans hâte, je m'avance
Ici ou maintenant
Corps ou âme
Je confonds tout à l'absolu, enfin je me délie :

Au-delà, en-deçà il n'est plus


ni vérité, ni convention,

ni dieu, ni maitre.

Soupe populaire St-Eustache

09 janvier 2012 - 05:06

Centre-ville, fin décembre, le soir :
soupe populaire St-Eustache.

Parfois le vent s’énerve et tout un tas de sacs plastiques prennent leur envol tels autant de méduses d' hydrocarbure colorées.
Comme dans un poème, le pavé est glissant quoi qu'il n' ait pas plu, les arbustes murmurent bien qu'il n'y ait plus de vent.

La petite foule se masse contre le mur, tentative dérisoire de protection contre les facéties hivernales.
Le bénévole distribue des toasts de foie gras; il grêle.
Dégustation raffinée sous la grêle, ça a une autre gueule qu'au coin du feu, non ?

C'est ici que l'on peut rencontrer la foule la plus bigarrée de la capitale :
brûleurs de dur, transfuges de l' Est ( où ce genre de combines figurent dans les guides touristiques ), jeunes voyageurs internationaux et voyageuses impécunieuses dormant dans les livres de Shakespeare (rive gauche ).

Le prototype du clodo semblent présider l'assemblée, silencieux.
Regard vague, vaguement illuminé.
Qui peut bien se nicher au creux de ses dreadlocks naturelles, mélange saisonnier de cheveux, de solitude et de crasse ?
Mystère, évoluant dans le vide l'homme n'est pas abordable.
Sa logique s'exprime dans l'organisation du mille-feuilles vestimentaire:
la dégradation des blousons y est proportionnelle à l'éloignement du corps.
A travers l'usure des couches extérieures, le regard zigzague entre les déchirures jusqu'au noyau tissulaire: une veste présentant bizarrement l'aspect du neuf, novice en vagabondage. Mais la pelure ultime, vétérante en première ligne, est une toile composée d'épluchures synthétiques tissée par une araignée improbable.
Derrière: une grande balafre datant probablement d'un temps où l' on se donnait des coups d'épée dans le dos.

Les mecs de l'est portent un uniforme de rigueur: rangers, treillis, bombers et cranes rasés obligatoires ( dérogation : une crête bicolore ), série de tatouages.
Un d' entre eux arbore pas moins de cinquante piercings faciaux et multiples chaines reliant les lacets aux passants de ceinture. Une vraie quincaillerie exhibant en guise de porte-clés une mini basket Converse rose !

Sous le porche de l'église, appuyée à la paroi, une toute petite vieille tend la main aux touristes, un doigt crochu indique la porte toute proche où de grosses lettres blanches sur fond noire dessinent le mot « ENTRÉE ».
Non, mais aligner nos vieux contre le mur des églises ?
En vérité c'est la fin.

Qui veut désemmurer le monde et s'assoir avec moi parmi les mendiants ?