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petitcoeurdoux

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Publications sur Toute La Poésie

La mante religieuse

14 avril 2008 - 12:52

La mante religieuse

Fière de mon profil svelte de championne,
Mon corps vert se confond dans l’environnement.
Quand je chasse à l’affût, le moindre mouvement
Eveille mes instincts carnassiers : je pilonne.

Glaciale amoureuse, intraitable espionne,
Je mange sans remords mon imprudent amant.
La nature en effet impose ce tourment
D’être un jour le festin qu’un pair ambitionne.

Que ce portrait concis de petit samouraï
Brutal comme un puissant et fougueux boxeur thaï
Ne vous conduise pas à broyer ma chitine !

Je revendique ainsi ma grande utilité :
Quantité d’agaçants insectes j’élimine.
Voilà, frères humains, ce qui fait ma beauté !

Le canari

09 avril 2008 - 11:07

Le canari

Plumage coloré, petit bec affûté,
Chanteur insatiable à belle tessiture,
J’avale chaque jour mon poids en nourriture,
A propos d’appétit fais l’unanimité.

Grand bonheur de mon maître et sa communauté,
Je me donne en concert sous sa seule toiture,
Bien mieux que les Pink Floyd et sans pré-écriture,
Le tout auto-produit, et sans publicité.

Malgré tous les bons soins, quitter les capitales
Et voler de nouveau dans mes îles natales
Est un sujet qui me rend assez guilleret…

Mais la tentation d’une épaule bien chaude,
Douce, ainsi qu’un endroit reposant et douillet
Sont pour mon cœur d’oiseau dignes de l’émeraude.

Mélanie

07 avril 2008 - 01:44

Mélanie

Mélanie, avez-vous le temps d’être joyeuse,
Ô vous, la veuve, noire en votre habit d’hiver,
Lorsqu’un de vos amants prend votre peau soyeuse
Ainsi qu’on prend un sac de poudre à lessiver !

Les cloches de l’église ont une plainte honteuse ;
Et pourtant tout en vous bouillit comme un geyser.
A l’heure où un amant de sa langue pâteuse
Inaugure le soir avec un long baiser.

Mélanie, à présent, vous croulez sous l’étreinte,
Etreinte d’une peur qui vaut bien d’être peinte,
Sous cet homme qui tient dans sa main un couteau.

Le sang coule… Ah, chérie au dément cœur de pierre !
Quelque jour, il faut bien aller au cimetière…
Grâce à moi, l’assassin jaloux, vous partez tôt !