| De peur que je n'apprenne à te
connaître trop facilement, tu joues avec moi. Tu m'éblouis de tes éclats de rire pour
cacher tes larmes. Je connais tes artifices. Jamais tu ne dis le mot que tu voudrais dire.
De peur que je ne t'apprécie pas, tu m'échappes de cent façons. De peur que je te
confonde avec la foule, tu te tiens seule à part. Je connais tes artifices. Jamais tu ne
prends le chemin que tu voudrais prendre. Tu demandes plus que les autres, c'est pourquoi
tu es silencieuse. Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons. Je connais tes
artifices. Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre. (Le Jardinier
d'amour, XXXV)
Rabindranath Tagore
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