Toute La Poésie: Toute La Poésie - Communauté poétique internationale

Aller au contenu

Depuis le 9 septembre, Toute La Poésie s'intègre à une association et l'utilisation complète de ce site est soumis à un abonnement. Pour mettre à jour votre compte cliquez ici. | Le projet est ici

Fin des "10 jours de politique-fiction"...

L'utilisateur est en ligne  
Paname Icône
- Aujourd'hui, 04:38 - 0 commentaires

EPILOGUE


L’Elysée. Le petit, dans le bureau du Grand…

- Ah c’est vous, Patrick ! Entrez, entrez. François et moi vous attendions. Allez-y, François. J’ai décidé. Vous, vous exécutez…
- Bon, Patrick. Je pense…enfin on pense beaucoup à Kouchner.
- Ben…il a perdu, ç’est le jeu, non…On va pas faire trop de senti…
- Euh…non…On pense bien à lui…mais…pour le Quai d’Orsay !
- Ah…! J’aurais pas refusé, moi, vous savez…
- Toi, non…mais Védrine, si !
Bon, cela dit, pour la Ville, on a des contacts avancés avec… Fadela Amara…
- Ah… ! Une bonne idée, elle !…Bien de droite aussi…
- Remarque, si elle coince un peu avec Boutin, elle fera du bon boulot avec Martin…
- Martin Bouygues ? On ouvre aussi à la société civile, alors ?
- Non, Martin Hirsch…
- Ah… ! Un bon petit gars de droite, lui aussi…Et un sacré bosseur ! Rien à voir avec un Emmaüs de gauche, hein…!
- Pour caser Besson, on a créé un Secrétariat à l’Evaluation…
- On aurait peut-être pu se faire évaluer…par la droite, non ?
- Non non, j’ai décidé…enfin…on a décidé.
- Finalement…vous pouvez me dire ce que je viens foutre ici ?
- Mais…te tenir au courant, bien sûr. Moi aussi, le débat participatif, je sais faire…intervient Sarkozy.
- Mais…MOI, dans tout ça ?
- C’est là qu’on fait appel à toi, Patrick !...reprend Fillon. Comme tu es en assez bons termes avec Jack Lang, on pense que tu pourrais le décider…à venir…euh…grossir...notre tableau de chasse, tu vois…
- Vous ne trouvez pas, monsieur le président, que vous me demandez un peu trop, là ? ignore-t-il le sous fifre.
- Le pouvoir est souvent dans les coulisses, tu sais. Tu ne le regretterais pas. Il n’y aura que quinze ministres, c’est vrai. Mais ça veut dire qu’il y aura forcément quinze chefs de cabinet ! Et avec leurs quinze adjoints, encore…Ce qui fait de la place pour du monde, tout ça …
- Et…il ne vous viendrait pas à l’idée qu’un bon ministre bien de droite, avec un chef de cabinet de gauche, ça serait déjà pas trop mal, comme ouverture ? Et que si ça ne se passe pas comme ça, je pourrais tout simplement, et tout normalement, refuser vos petites miettes minables ? Voire claquer une porte qui n’ouvre que du mauvais côté ?
- Tu as tort de le prendre comme ça, Patrick ! tente Sarko.
J’ai plus besoin de toi à l’arrière de la scène que sur le devant.
Allons, voyons…Laisse donc ça aux amateurs de paillettes…!
Souvent, ceux qui comptent vraiment, ils savent rester dans l’ombre, tu sais…Rappelle-toi Pierre Juillet…Et puis Marie-France Garaud…Et le beau Villepin, donc ! Celui des débuts, hein, bien caché derrière le Grand. Dès qu’il a voulu briller et sortir de l’ombre rien que pour m’en faire, il s’est usé au pouvoir. Et il s’est planté ! Et lamentablement, encore, non ?
- Mouais…
- Réfléchis un peu, Patrick, et tu verras que ta place n’est pas la plus moche.
Je ne te donne pas trois mois à attendre pour qu’il y ait une bonne occasion de jeter tous ces alibis d’ouverture.
Une fois tout le bon vin nouveau tiré, je me débarrasse des pépins ! Aujourd’hui, c’est champagne pour tout le monde…
- Pas vraiment pour moi, si… ?
- …mais quand y’aura plus de bulles, ça ne vaudra plus un
clou, pas vrai ? Plus que de la pisse d’âne…Alors…serpillière !
D’ailleurs, ça ne sera pas long, rassure-toi !
- Alors…tu verrais bien ça…comme un grand nettoyage…de printemps, président ?
- Ou grand rangement d’automne…En fait, dès que je me serai non pas…dédiabolisé, ça c’est déjà fait et bien fait, je crois. Mais dès que je me serai un peu…spécialisé, disons…en politique new trend hors clivage idéologique, comme le vrai-faux novateur de la new look gouvernance, hors partis ringards et pachydermiques!
Et là, tu peux me faire confiance, on y reviendra, aux bons vieux partis, et chacun à sa place ! La plus grande pour le plus gros ! Et c’est promis, t’en seras, Patrick ! Et certainement dans les tout premiers, même !

Patrick Devedjan quitta le Château tout ragaillardi.
Quel homme, ce Sarko !!
Pas encore Dieu, non…mais au moins fils de Dieu !!
Pas à dire…il a ça dans les gènes…

Restés seuls, le président et son premier ministre s’octroyèrent deux minutes de répit bien mérité.
- Eh bien, François, nous avons réussi à le calmer ! Je comprends sa réaction première, mais le voilà enfin gagné à notre stratégie, non ?
- Surtout, il va pouvoir convaincre tous les copains de sa nécessité. Et les calmer à leur tour. Evidemment que tout l’UMP ne peut pas être au gouvernement…Il faut qu’il reste quand même un minimum d’intelligence dans le parti…
- Surtout que moi parti…
- Oh…si peu…
- Quand même, je ne peux pas tout faire, je ne suis pas un surhomme !
- Mais si…
- Allons, François, la pause est terminée. Au boulot !
Tiens, pendant que je rédige les grandes lignes de ton discours
de présentation de mon programme, tu pourrais aller nous chercher deux bons cafés ?
Je sens que je vais en avoir besoin……Euh…non sucré, hein !...
Et n’oublie pas les petites serviettes…



EPILOGUE DE L’EPILOGUE



Patrick Devedjan attendra donc son heure.
Et un bon nombre avec lui.

MAM, à l’Intérieur ou à la Défense, empochera sa petite mise.
Elle n’en aura pas fini de faire voler ses longues écharpes au milieu des uniformes, képis étoilés ou casquettes glandées.

Douste reprendra du service, mais dans un service hospitalier.

Debré reverra Chirac de temps en temps, comme prévu, mais ça ne sera plus jamais exactement la même chose.

Poncelet finira par passer la main, en traînant des pieds.
Il bombera encore le torse sous ses sapins, où il aura toujours la jambe alerte…et le bras long.

DSK fourbira ses armes, et fera tout au PS pour démaquiller et décoiffer Ségolène…et il décoiffera !

Villepin remballera définitivement ses espoirs, et ira pantouffler en CAC 40. Avec son carnet d’adresses, sans oublier ses listings personnels, il n’aura que l’embarras du choix. Dans son vaste bureau, ses lourdes tâches lui permettront beaucoup d’écrire.

Hortefeux, l’ami de toujours, ira bouter mille feux, à Beauvau ou ailleurs, puis se précipitera pour les éteindre.

Bayrou, autopiégé, enfourchera son tracteur pour aller labourer la France profonde et morale en de profonds et justes sillons.

Kouchner ira sans doute à la soupe, puisque Sarko va lui ouvrir un couloir humanitaire pour se dépêtrer d’un PS qui le snobe.

Bernadette Chirac, souvent seulette, et refusant de prendre le métro, ira souvent à pied prendre le thé chez des amies. Le long des quais, elle ramassera un max de petites pièces jaunes.

Madame Royal repartira à la conquête d’un PS déboussolé, dès qu’elle aura retrouvé elle-même sa boussole. Pour son désir d’avenir, on lui souhaite bien du plaisir.

Hollande, à cause d’une tempête plus forte que des lacets de droite, se résoudra à libérer S.E.G.O. qui voguera plus au large.

Doudou se montrera aussi habile à embarquer le Président sans encombre dans ses marathons sur pavés parisiens, qu’il l’avait été pour le débarquer sain et sauf sur les cailloux siciliens.

Tous ses compagnons, devenus dans le mois travailleurs français et salariés disposant d’un vaste logement, feront venir leurs compagnes en France. Ils vivront très longtemps et très heureux, et ils auront beaucoup d’enfants.

Claude Allègre tentera bien plusieurs fois de se faire inviter à l’Ile de Ré. Pas de chance, son hôte fameux, qui emmène toujours un garde du corps quand il fait son jogging, lui, et qui a gardé plus d’un bon contact à Matignon, sera à chaque fois sorti en mer pécher la sardine.

Cécilia succombera vite sous le charme des ors des palais, en oubliant tous les autres. Gala compte bien sur du provisoire.

Le larbin jaunihallidesque laissera patron et patronne retourner en France et s’installera à Gstaad. Ce sera quand même plus pratique pour aller voir sa mère à Pontarlier, bien qu’il lui faudra contourner par le trou de Bâle, ce qui lui fera bien mâle…au portefeuille car, comme disait sa grand-mère, la maternelle, bien sûr, parce que la paternelle, elle , il l’avait jam……………….

François Fillon, pour mener à bien sa lourde tâche et y laisser sa marque personnelle, achètera vite une cage, dorée à souhait et garnie d’un beau mainate, plus un porte-voix, un amplificateur, et les Mémoires du mime Marceau. En prime, des disques tout gravés et estampillés « La voix de son Maître ». Achats indispensables pour exister.



Quant au trois personnages principaux de cette aventure, est-il vraiment besoin de dire au lecteur ce qu’il adviendra d’eux ?

Sarko régnera en homme orchestre, et tambour battant.
Tout petit déjà.
Napoléon III n’avait été pour un Hugo du XIXè que Napoléon le Petit. Pour quel autre petit scribouillard aussi partial et ringard du XXIè, Napoléon IV sera-t-il encore moins grand ?

Chirac, qu’on voudra d’autant plus vite entendre qu’il voudra pour une fois se taire, s’abonnera sans attendre au « Canard Enchaîné ». Tous les mercredi, il apprendra son texte.

Quant à Baroin, il ne sera plus ni Troyen, ni Parisien.
Ni même Européen, sauf pour quelques passages aussi rapides qu’alimentaires à Genève ou à Jersey.
Il restera mi-ami avec Chirac, mais à Miami avec l’amie Marie. Et au gré des saisons et de leur fantaisie, on les verra tour à tour La Mamouniens, Acapulquains, Tahitiens, Maldiviens, Mauritiens, Trinidad et Tobagiens, Sri-Lankais, Dubaïens, Balinais, et aussi Moustiquiens……ou Sainte-Luciens…!
Sainte Lucie…priez pour eux !
Qui ne les comprendrait ?
Le bronzage des tropiques en palaces perpétuels, ça vaut tous les ors de tous les palais de toutes les Républiques, non ?

Aaaaah !...Sacré Baroin, va !


* FIN *

PANAME
Lu 4 fois - faire un commentaire   Icône   Icône

Permettez que je m'invite: Mes Méditations

L'utilisateur est hors-ligne  
Phul-Bélézys Icône
- Aujourd'hui, 02:57 - 0 commentaires

Le sage prescrivant la méditation
Ainsi, je débutais mes réflexions :


Est-ce que parmi nous les gros
Sont-ils effectivement de trop ?
Est-ce que les gens malingres
Sont-ils nécessairement pingres ?
Bien que tout cela rime ensemble,
Est-ce pour autant un bon exemple ?

Ne pouvant trancher en ses objets
Je choisis de changer de sujet ;
Je vis au loin un ouvrier en chandail
Je me dis alors méditons sur le travail :


Selon moi les hommes travaillent trop
Et c’est là leur plus grand défaut ;
A l’inverse de ce que pensent les novices
L’oisiveté n’est pas la mère du vice ;
Je partagerai peut-être cet avis
Si Dieu nous faisait suer en paradis ;
Hors il n’en est rien ; ce concierge,
Qui offre quarante sept vierges
A chacun des nouveaux entrants,
En dépit qu’il soit male ou femelle,
(Les plus lésées étant les demoiselles),
Ne peut pas penser en sa science divine
Qu’un homme qui a autant de concubines
Puisse sillonner cette mer d’éventails,
S’il a passé sa journée au travail.

Qui est plus sage que le bon Dieu
Qui tout juste crée a chassé des cieux
Le plus nigaud de tous les hommes
Pour le larcin d’une petite pomme.
Pour l’imiter, et sans prendre de gants,
Nous chassons de France les Afghans,
Mais continuons d’importer leur opiacé,
Qui est pour le mal occidental la panacée ;

Je saisis les feuillets d’un journal,
Qui couraient le long du canal ;
Le premier article traitait des vaccins
Destinés à la santé de nos porcins
Qui serviraient peut-être demain
Aussi à la vaccination des humains.

Le second, peut-être moins anecdotique,
Exposait les désordres climatiques,
Dont le réseau d’inextricables équations,
Capotait sur le facteur de la surpopulation.
Cela vous semblera sans doute risible
Mais cette lecture me ramena à la Bible :

Comment expliquer de façon scientifique
La chute sous son aspect écologique.
Le Seigneur a du penser que son paradis,
Un simple jardin, deviendrait trop petit,
Pour accueillir toutes les générations,
Cette armada de toutes les nations
Suspendue dans l’azur des cieux,
A la mamelle du Bon Dieu.

Sans compter les milliards de couches
Et le tintamarre d’autant de bouches
Qui vagissant du soir au matin
Auraient épuisé nos Séraphins.

A l’instar de notre Petit Prince,
Il s’est dit en lui-même : Mince !
Même avec neuf mois de gestation
En à peine deux ou trois générations
Tel un chapelet de grimpeurs encordés
Je vais me retrouver débordé
Par une marée de moutons affamés
Qui viendra sa pâture réclamer.

Eurêka ! J’ai la seule solution
Il créa le péché et la tentation
A partir de là le piège était tendu
La suite vous l’avez déjà entendu.

Filant ainsi le fil de mon discours
J’en arrivais logiquement à l’amour :

On prétend ici et là que les femmes
Des plus vieilles aux plus jeunes dames,
(Et ça je le tiens d’elles, assurément)
Préfèrent à leurs marris leurs amants
Qui sont sans doute plus réceptifs
A leur besoin d’amour prohibitif.
Même sans être moraliste
On a tous une longue liste
D’exemples de cas incontestables
Pour illustrer ce fait bien déplorable.

A qui la faute ? Sans doute à ces marris,
Qui ont acheté pour le même prix,
Le caprice et les sautes d’humeur
Entremêlés à beaucoup de douceurs
Dans la corbeille de leur mariage ;
Ainsi trouve-t-on dans le lignage
De la douce confrérie des dragées,
Ce qui ne laisse rien de bon présager
Une amende amère sertie
Dans sa gangue de sucre Candi.

Mais passons c’est un sujet éculé :
Cet amant qui a pieusement adulé
Cette déesse aux chastes souris
Une fois métamorphosé en marri
Ne distingue plus dans cette figure délicate
Que les traits vociférant d’une nouvelle Hécate.

Poursuivons, cela vaut mieux
C’est là un sujet trop spécieux
Une riche et monstrueuse canopée
Dans laquelle beaucoup ont achoppé.

Moi qui fus un garçon insouciant, frivole,
Là où j’ai achoppé c’est bien à l’école :


L’instruction dit-on est le levain
Qui a fait lever tant d’écrivains ;
Et moi encore je vous fais le serment
Que l’oisiveté en est aussi le ferment.
A-t-on jamais vu désertant leurs halliers
Les Grâces allaient peupler les ateliers ?
Qui d’entre nous peut imaginer sans mal
Notre bon et sémillant Stendhal
Ecrire son roman Le Rouge et le Noir
Sous le fracas assourdissant d’un laminoir.

Quant à cet écrivain paria
Qui fut le chantre du prolétariat,
Parce que le sort de l’homme le désola,
Je veux parler du sombre Zola ;
Peut-on seulement imaginer le voir
Ecrire ses romans fleuves et noirs
Dans ses mines tristes et humides
Où la suie cache les profondes rides
Que le labeur a creusé sur les visages,
Dont il peignit la noblesse et le courage.

L’affaire est entendue, comme un basson,
Cessons de bourdonner et passons.
Tandis que dans l’azur les nuages avec paresse
Déroulaient son tapis, je songeais à la vieillesse :


Depuis que la retraite est à soixante ans,
Les hommes d’Europe vivent plus longtemps.
On parle partout de progrès de la santé,
Moi je vous conseille de vous absenter
Le plus souvent en feignant d’être malade,
De vous aérer le temps de belles promenades,
Et surtout de n’en concevoir nul remord
Si vous ne souhaitez pas précipiter votre mort.

A l’évocation de la mort je frémis ;
Le visage du plus malheureux blêmit
Lui qui entre tous pourtant ne possède rien
Dont le départ puisse faire naître du chagrin ;
Pourtant l’Orcus est un mot effroyable
A tout homme même au plus misérable.
Quand alors il sent le voile de l’Erèbe
Faire un habit à cet homme de la plèbe,
Doucement à son esprit qui sombre
De ses espoirs ressurgissent les ombres.



Qui n’aspire pas à la richesse, à la célébrité ?
Que les contradicteurs seraient plein de témérité !
N’auriez-vous pas dès lors tous vos jours
A consacrer aux joyeuses distractions de l’amour
Si seulement vous étiez riches et célèbres.
Et sans vous souciez des lois de l’algèbre
Dont l’apprentissage aussi ardu qu’austère
Ne flatte que les savants farouches et solitaires,
Vous iriez sans l’avoir précédemment mesuré
Vous étourdir dans l’espace des joies azurées.
Vous ignorez tout des climats, des noms des océans,
Quand à pouvoir nommer un seul de ces géants
Dont la cime parait-il abrite l’aréopage des divinités
Je veux parler des montagnes en leurs aspérités,
C’est là une chose qui ne vous est pas nécessaire,
Puisque quand on est riche on a tout pour plaire.
Et puisque en plus vous avez la bonne fortune
D’avoir choisi d’être célèbre, de vos lacunes
Il y a peu de chances que parmi vos accointances,
Vous entendîtes sortir quelques remontrances.

A défaut d’être riche, avez-vous des amis ?
Il est plus difficile d’en avoir en étant démuni.
Hélas ? Mais il n’y a pas de raison d’en être navré.
Moins nombreux ne sont-ils pas aussi plus vrais ?
Au commerce de ces milliers d’importuns
Je choisirai pour ma part de n’en avoir qu’un.


A chaque ami que chacun d’entre nous compte
Ne doit-on pas prêter une oreille à ses contes ?
Lorsque par le menu détail de ses longs déboires
Il déroule sans fin le fil de ses histoires.
Enfin, pour pouvoir conserver nos amitiés
N’y a-t-il pas pour nous là une honteuse pitié
Quand dans tous les perpétuels récits
Par lesquels ils nous tiennent en leur merci,
Nous élisant comme juge pour départager
Les différents dans lesquels ils se sont engagés,
En dépit que l’on soit convaincu qu’ils aient tort
Et que notre raison martèle son désaccord
Chacun faisant taire ses intimes convictions,
Vantera dans cette affaire sa modération.
C’est assez je crois de tremper pour un seul,
Dans l’hypocrisie, que devoir jeter un linceul,
Sur son intégrité quand bénissant ses méfaits,
Une brique de notre morale de son mur se défait.
Ah, non parbleu, l’amitié c’est tout sauf cela
Ne s’écriront d’aucuns semblables à des prélats,
L’amitié c’est un cœur qui parle avec justice,
Tâchant de corriger tous les travers et les vices.
Oui, bien entendu, et lorsque vous en aurez plus,
Vous eussiez préférer dans leurs mœurs dissolues,
Les avoir encouragés en loyal ami,
Réservant la critique à vos ennemis.
Comme tout confesseur qui connait son métier,
Recueillant leurs péchés en longs et en entiers,
Condamnant non le pécheur mais la tentation,
De vous Il reçoit une énième absolution.

L’amitié est un alliage de métaux
Aussi exposé à l’air, au feu et à l’eau
Qu’au secret, depuis la nuit des temps ont poli,
Tous deux ensembles, la sagesse et la folie.

Le crépuscule s’était déjà largement invité
Lorsque sur ce point je finis de méditer.
Et cela me semblait une bonne conclusion.
Je rentrais chez moi et j’allumais la télévision.
Lu 19 fois - faire un commentaire   Icône   Icône

Caraïbes

L'utilisateur est hors-ligne  
-X- Icône
- Aujourd'hui, 02:13 - 1 commentaires

Voici la traduction d'un manuscrit d'un poème retrouvé, en excellent état de conservation, dans monastère franciscain au Nicaragua.

" Le vierge rivage semble bien tranquille, quoique
Quelques psittacidés à langue cornue, guinchent
Avec une famille séculaire de petits singes grincheux.
A vue d'oiseau, sur le banc de sable, scintillent les bivouacs
Qu'improvisent les cruels hommes bleus en mal de mer,
Et d'où s'echappent, un singulier fumet de chair grillée,
Les sons funestes du tam-tam et d'un choeur aux voix éraillées...
Au large, patientons, nous les pirates recherchant sûr repère,
Sifflant vieux rhum jusqu'à l'aurore en aiguisant les lames.
Car demain, dès potron-jacquet, coulera flot de sang et larmes! "

Evario Galdeano dos Santos.
Mer des Caraïbes, le 11 Décembre 1471. 23h20. Lune en scorpion.
Lu 14 fois - dernier commentaire par Phul-Bélézys   Icône   Icône


Icône