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(Note de lecture), Samira Negrouche, Traces, par Christian Désagulier


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Posté 10 mars 2021 - 09:56



6a00d8345238fe69e2026bdec2f623200c-100wiIl y a des Traces qui sâeffacent à mesure quâon les suit, emprunte le chemin à qui elles mènent, sâeffacent et se perdent de plus en plus derrière à mesure que lâon va de soi devant.

Il y a des Traces qui se perdent quelque part, te sèment à mesure quâelles te rapprochent de ce de quoi tu tâéloignes et reconnais le chemin de mémoire, dont la reconnaissance est à la fois découverte et répétition.

Comment dire les Traces de Samira Negrouche, qui sâeffacent à mesure que tu les remontes, laisses et reviennent à la mémoire, Traces de toutes foules dans la ville qui sâécartent pour te laisser passer, se referment en gardant un souvenir de toi et toi dâelles.

Une ville en forme de langue mais laquelle et dans laquelle dire ce mur auquel ces Traces mènent, un mur devant lequel il faut se déchausser comme quand on pénètre en mer pour le traverser, trop haut pour lâenjamber, lisse pour lâescalader, ce mur de sons inaudibles parce quâassourdissants comme quand les vagues explosent au rivage de la ville en se faisant échos.

« Il y a, plantées là, des civilisations immobiles sur la crête dâun colisée en dormance. »

Traces que les mots de Samira Negrouche tâinvitent à identifier, celles que tu as suivies, dont elle tâa fait voir et entendre les indices des lieux et des circonstances qui les ont suscitées, dont lâattirance est le fruit de leur similitude avec celles que tu viens dâeffacer pour brouiller les pistes.

À lâécoute des murmures de la langue et du bruit de frottements des yeux dans leurs coquilles de chair, les constantes et les inconnues que tu sauras reconnaître.

« Dans lâespace entre nous, il y a beaucoup.
Il y a ce qui est dit et ne le sera jamais.
Il y a ce qui est écrit et ne le sera jamais.
Il y a ce qui est pensé, il y a aussi ce qui est négligé.

Dans lâespace entre nous, il y a une nuée dâimpossibles
comme chants dâoiseaux que nous ne savons pas retranscrire.

Il y a le poids du temps, il y a le poids des histoires, que nous ne partageons pas. »

Christian Désagulier

Samira Negrouche, Traces avec trois photographies de Nathalie Postic, éditions Fidel Anthelme X, 2021, 46 p., 7 â¬


extrait :
Je ne dors pas la nuit quand la lumière tombe.

Quand le noir tombe, câest la poussière qui se soulève sur moi, la poussière tenace qui envahit mes narines et se pose, épaisse, sur tout ce qui me fait office de compagnons.

Je ne dors pas la nuit. Quand le silence tombe, ce sont les visages qui remontent dans ma mémoire, ceux que je nâai jamais vus aussi.


Des visages mâhabitent, tous ceux qui me sont passés devant le jour durant et dâautres que je nâai pas vu passer.


Je ne dors pas la nuit, mes oreilles sont tellement sensibles, elles entendent tout du boucan du jour et, la nuit, elles les régurgitent, elles les analysent.

(â¦)

Traces (p. 5 à 7)


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