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2 réponses à ce sujet

#1 Jean-Marie Vidal

Jean-Marie Vidal

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Posté 22 août 2008 - 03:19



Le vrai sujet de mes écrits n’est pas moi-même mais une série non défendable d’excursions en dehors de moi-même aux confins des limites possibles, ce début de siècle de l’insatiable besoin de vivre, et des possibles à la langue de se rendre encore accessible.

J’ai cru entendre, mais est-on jamais sûr de ce que l’on perçoit, qu’en dehors de l’activité subversive, seul l’art pouvait alimenter un vrai sentiment de liberté.

Il est certain que j’ai, durant ma jeunesse, voulut transgresser les lois morales et que, la psychose dont ont bien voulu me qualifier les psychiatres, beaucoup plus physique dans le rejet de moi-même, ne va pas aussi loin que ces états d’âme qui me traversaient quand j’osais imaginer ces impossibles abjections, que sont, au pied de la lettre, la plupart de mes écrits. Douloureux étaient mes choix d’un point de vue moral, et je vivais à ce point dans la division que je goûtais à la fois un sentiment d’inutilité, si je n’écrivais pas, et de profond rejet de moi-même du point de vue de mon humanité, si j’écrivais.

Je dus dans ma vie accepter constamment l’un et l’autre, et si j’éprouvais mes écritures avec force de négation de moi-même, la visite la nuit, hors de son sommeil, par ma compagne, de ma triste personne, me faisait croire de façon pénétrante en l’amour.

L’amour, du fait qu’il donne un plaisir certain et une justification aux lâches, me fit vivre mes choix dégoûtants, non par une sorte de satanisme, mais pour occuper mon temps dans la plus complète immoralité. L’artiste en ces faits me semblait être ce triste pitre qui se jugeait lui-même comme inaccessible à la morale et comme jouissant de la plus totale liberté qu’aucun talent pourtant ne semblait jamais justifier.

Chez moi, l’actualité de ces faits, me fait dresser les cheveux sur la tête, mais je dois dire que je ne trouve, à des sortes d’auto-mortifications de mon incapacité à vivre, la justification de ma personne humaine que dans des excursions toujours plus reculées au pays de l’atroce et du mauvais goût.

De « joyeuses coliques » naissent sous ma plume sans qu’il me paraisse injustifiable que je me reconnaisse un droit quelconque à continuer d’écrire.

On dirait qu’il me semble toujours préférable de dire que de ne pas dire (alors qu’il y a une voie salutaire non encore envisagée de faire le contraire) et que je préfère dire dans une horrible incongruité semblant même parfois dire aux Dieux que faites-vous de ne pas m’interdire ?.

Dernièrement, je trouve plus de justification à faire cela qu’il m’apparaît que la vérité sur mon compte plaira un jour à un de mes lecteurs véreux, plus qu’un mensonge exagéré, mais moral, plonge dans l’obscurité toujours plus avant sur ma vérité.

J’attends même ce petit sifflement d’admiration que la réalité me sert aussitôt mais sous la forme brisée du bruit d’un vélo moteur, mieux servi qu’un quelconque admirateur qui, je l’imagine, me ferait vaciller comme la moquerie (l’attendais-je ?) que je mérite.

Mais quelle victoire de vamper des images, de les tracer dans l’énervement, quelle ivresse de me lancer dans les impossibles vertiges de l’aveuglement, ah chère jeune femme, cher jeune homme, ne choisit pas ce chemin de perdition.

Les plaisirs, aux débuts, y sont immenses mais que ma pauvre vie lamentable t’exhorte à te contenter de moins. La gloire ne pourra jamais compenser la vanité aveugle de conquérir la liberté qui justifierait une vie consacrée à franchir les barricades du goût, les barrières du bon sens.

Mais je prétends que je suis un mystique car j’ai plus conscience du péché qu’un homme sans lois, et que j’attends les secours du Sauveur pour ne pas trop me détester.









COMMENT TAIRE « LES NERFS »



Comment ! Mes papiers sont retrouvés un jour mauvais ? Mes papiers ? Je raconte encore.



Je les lis comme s’ils étaient d’un autre. C’est presque rassurant. C’est même ma morale qui le veut. Mes procédés. Mon dialoguisme avec le Monde. Et là, autoscopie comme disent les hommes de science. Je voyais donc un autre à ma place. C’était moi peint avec talent. Un talent méchant, celui d’un double identique qui saurait, qui disait la noirceur de mon âme – avec ma grossièreté dans les images. (…) En tout cas vidal n’a pas d’humanité aux yeux de ce double dont l’identité laisse planer un doute. Presque tout est vrai dans ce roman psychologique. A-t-on changé les mots ? Converties les encres ? Est-ce Jean qui écrit malade tout à coup que j’ai pris des cours de grammaire chez lui ? Non, que ces dames me plaignent, s’indignent, ou me pardonnent, un tel talent pour me vaincre vient d’une femme. Un roman psychologique. Alors je deviens prudent.



Quid de mon terrorisme sans armes, quid de ma révolution de l’amour opposée à l’amour de la révolution. Et mais toi, escroc, qu’as-tu fait de mes images incongrues. Rends-moi ce qui lévite, ce qui tourne. Rends-moi gargantua. Coquin tu t’es moqué ? Tu t’es moqué du monde.



Je sais en tapant que tout se tourne et se retourne contre moi un jour ou l’autre. Dieu merci j’ai troué la bibliothèque de France en n’y remettant pas de plaquette. Mais cet ouvrage a tant de talent pour me ridiculiser, me peindre comme un personnage vindicatif et jaloux… Allons bon, tout cela est seulement trop mesquin pour être vraiment de moi. Ce sera je ne sais quel artisan besogneux dans la ridiculisation, un maître corbeau, que ces lignes m’adressent dans l’espoir que je me flingue.



Mais il ne sait donc pas que je me déteste trop déjà et au nom de cette écriture elle-même, de ce que j’ai souffert pour l’amour, d’être insatisfait des faux-semblants et que pour cela j’ai cherché un enfoncement dans la Démence à quel point j’aime si peu une Terre que je ne connais pas. Je me déteste donc pour tout cela trop pour sentir au travers sa cruauté grotesque comme valant un dernier un coup de fusil.



Envie d’oublier. Puis par l’écrit retrouver les papillons, la luzerne, et les cheveux fous, la beauté si simple d’une liste de ciboires nacrés, vitraux, fleurs et kaléidoscopes où les papillons tournent enfin vainqueurs en moi.



Tandis que cet essai, pathétique parce que tragique, grotesque parce que pathétique, je le verrai volontiers dans une de mes moqueries, quand j’étais débutant, que je faisais envers des œuvres qu’il eût mieux fallu que je lise.



Au lieu de cela, l’histoire devient fantastique, au lieu d’être merveilleuse. Le fantôme scripteur fait de son mieux, mais il ne sait pas écrire – Mieux, mais comme moi. Seulement mon nom sur la couverture, les ratures manuscrites, signées, pugnaces et ratées, comme moi – si, exceptionnellement, je me reconnaissais.



Je me reconnais dans cette méchanceté, cet orgueil vain, mais les coups sont bas, désenchantés. Durant cette lecture ahuri de cette si folle volonté, cette dinguerie dans la démonstration, de me détruire, me pulvériser (il faut que je dise que ce que me reproche l’auteur de mes textes c’est que : je n’aime personne à part moi) jusqu’où va-t-il chercher de si petits détails, cette précision méticuleuse, je « me te le cite » : « L’homme si tu lui cherches la crasse au col ou le clou sur la joue nous nous perdions à ces hécatombes. »



Juste, un mot, auteur : je suis allé trop loin dans la terreur, pour ne pas trouver presque obligeant, ce scripteur d’une besogne aussi fastidieuse.



Que la prochaine fois, par exemple ce trop long exposé, il le laisse tel quel ; je suis assez fou pour inventer encore une fois une irresponsabilité à ce propos.



Mon œuvre ne vaut pas qu’on me la reproche.

Je travaille dans le silence brouillon d’une radio que je n’écoute pas, je trace des signes qui se contredisent ou s’entendent et que je dirige malgré moi comme on creuse ..

#2 Lé Clone

Lé Clone

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Posté 22 août 2008 - 06:02

C’est un art difficile de décortiquer sa dualité. Rien que la notion de celle-ci est fausse parce que nous avons à faire avec l’autre. l’autre dedans . exil .

#3 Jean-Marie Vidal

Jean-Marie Vidal

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Posté 22 août 2008 - 06:11

C'est un art difficile de décortiquer sa dualité. Rien que la notion de celle-ci est fausse parce que nous avons à faire avec l'autre. l'autre dedans . exil .



un art "difficile" ? rien qui ne m'excite plus les nerfs . Mais je voulais surtout rendre compte d'une expèrience . Comment à la relecture j'avais été dupe de moi-même et comme saisi par un autre, dépersonnalisé face à des écrits que je jugeai d'un coup d'un AUTRE, et comment, ému d'une véritable répulsion, mais en même temps, pétrifié de façon fort singulière, je pouvais avec les même armes de l'écriture, et sachant qu'à ma réponse il pouvait arriver pareille mésaventure, répondre à l'individu venu échanger mes mots avec les siens,,, ,,, ,,, mais à vrai dire surtout j'ai cru voir la réalité vasciller et quelque chose comme la Porte d'un Monde malléable, modelable, où aucun centre jamais plus n'aurait pu servir de socle,,, ,,, ,,, et certes, j'étais perdu, mais dans une sorte d'Océan où l'Aventure et les Tempêtes que je chéries se tenaient derrière la porte . JM