Jules Ballez, c’est le plus ancien des ouvriers de Sèyue. Je suppose qu’il a dû l’engager quand il a commencé à fabriquer, d’abord des cercueils, ensuite des meubles. Ils ont visiblement le même âge et ont vu l’entreprise se développer, petit à petit, jusqu’à devenir ce qu’elle est devenue aujourd’hui, une fabrique de meubles comptant une dizaine d’ouvriers.
Jules porte toujours un bleu de travail impeccablement repassé. Ses chaussures, des bottines en cuir, brillent toujours, quel que soit le temps, comme si elles venaient d’être cirées. Même la mèche qui protège son crâne dégarni est parfaitement perpendiculaire à la raie qui sépare sa calvitie des quelques cheveux gris qui s’obstinent encore à pousser.
Depuis le temps qu’il travaille, Jules sait ce qu’il doit faire et jamais je n’ai entendu Sèyue ou papa se plaindre de lui. Il a toujours un sourire au coin des lèvres et ses yeux bleus reflètent la bonté.
Jules habite Pâturages, rue de l’Incroyable. Une maison minuscule, aussi bien tenue par sa femme que ses vêtements sont propres et bien repassés.
Quand il est à la maison, Jules s’occupe de son potager. En saison, il offre à Elise des bâtons de rhubarbe ou des groseilles dont elle s’empresse de faire des tartes ou des confitures.
Jules
Débuté par
Invité_Philippe Algrain_*
, mars 10 2010 08:43
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