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Madame Maton


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2 réponses à ce sujet

#1 Invité_Philippe Algrain_*

Invité_Philippe Algrain_*
  • Invité

Posté 11 mars 2010 - 08:33

Madame Maton, c'est la douceur personnifiée. Elle est institutrice à l' Ecole de la rue Defrise et a la tâche périlleuse et essentielle d'apprendre à lire, à écrire et à compter aux enfants de la première année dont elle a la charge.
Elle n'a pas vraiment d'âge. Elle porte un chignon et des tailleurs. Elle a des yeux très bleus et un sourire éclatant. Elle a déjà quelques années de métier et sait s'y prendre avec les petits. On ne pleure pas souvent dans sa classe, elle ne crie pas pour un rien et ne console que quand elle n'a pas d'autres solutions.
Ma soeur, de deux ans mon aînée, est déjà en troisième et sait lire, écrire et compter. Elle a quitté l'Ecole de la rue Defrise où ne sont organisées que les deux premières années.
On compte bien que j'apprendrai aussi bien qu'elle et, ma foi, je ne me débrouille pas trop mal. Mes premières phrases sont du genre « Philippe a vu la mer » ou « Dimanche j'ai cueilli des jonquilles au bois de Blaregnies ». Pas de quoi postuler pour l'Académie, le lecteur en conviendra, mais assez pour prendre confiance en soi et se lancer dans des exercices de plus en plus compliqués.
Je sais que, après la deuxième, je devrai changer d'école et entrer à l'Ecole Communale de la Place Dooms.
Cette école ne me dit rien qui vaille. C'est un vieux bâtiment en briques rouges. Par les vitres sales des grandes fenêtres on distingue dans le fond de ce qui doit être une classe une buse noire montant bien haut. Elle est courbée à environ un mètre du plafond jauni et évacue vers l'extérieur une fumée grasse. A l'évidence, la classe est chauffée au charbon.
A gauche, sur le fronton, l'inscription gravée dans la pierre « Ecole des garçons ». A droite, l'inscription, logique, « Ecole des filles ».
Il paraît que le projet d'une nouvelle école existe mais qu'elle ne sera pas achevée avant quelques années.
Au milieu, les bureaux de l'administration communale, de la police et du bourgmestre.
Ainsi donc, il y a d'un côté les garçons et de l'autre les filles. Que vont devenir les petites amies de la classe de Madame Maton? Que vont devenir les Geneviève, Patricia et autres Maria qui partagent mes jeux? Et Christian? Et Claude?
Mais ce qui m'effraie le plus, c'est le monument aux morts de la Grande Guerre avec son poilu terrassant d'un coup de baïonnette l'aigle ennemi. Et si l'instituteur de troisième avait aussi une baïonnette?


#2 claricorne

claricorne

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Posté 11 mars 2010 - 11:01

La peur au ventre alors, moi aussi.
Ah Melle Riblet, la mère chignon qui tirait les cheveux libres et aimait humilier...


#3 aliéné

aliéné

    Tlpsien +++

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Posté 12 mars 2010 - 01:15

une autre fois