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Le terril de Bilo


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#1 Invité_Philippe Algrain_*

Invité_Philippe Algrain_*
  • Invité

Posté 11 mars 2010 - 08:35

Les après-midi de vacances, nous les passons invariablement à jouer sur le petit terril derrière les ateliers de Bilo.
C’est un terril très ancien, datant de bien avant «l’ère industrielle », d’une hauteur ne dépassant pas la quinzaine de mètres, couvert jusqu’à mi-hauteur de merisiers, de sorbiers et de sureaux. Son sommet est chauve et la vue que l'on y a plonge sur la vallée de la Haine, sur l’église du village et sur l’arrière des innombrables petites maisons qui le bordent.
Toutes se ressemblent mais aucune n’est vraiment pareille à l'autre : un toit de tuiles rouges, deux fenêtres à l’étage, une porte donnant sur le potager minuscule, une «remise », une serre où poussaient des tomates et des potirons, souvent un poulailler et parfois un pigeonnier ou une volière.
La diversité se remarque surtout à la couleur des châssis, bleu-clair, vert ou rose.
Un de nos jeux favoris est bien sûr d’épier les gens «en-bas ». Nous nous cachons derrière le tronc d’un arbre et le jeu consiste à s’approcher le plus possible de la clôture, sans se faire voir.
Lorsque l’un de nous est repéré et qu'une voix de mégère sonne l'alarme, c’est la débandade. Nous nous retrouvons, haletants, dans un trou que nous avons creusé au sommet du terril.
Pour rentrer à la maison, le soir, il nous faut passer devant les bureaux où, souvent, Bilo et Gabrielle classent des papiers. Les employés sont partis, ils ne dérangent personne et ont ainsi l'impression de se rendre utiles.
Pour cacher nos coudes écorchés et parfois nos mines honteuses d'avoir fait quelque bêtise, nous avançons à genoux, le long des fenêtres des bureaux, en priant le ciel qu'ils ne nous voient pas. Surtout Bilo qui, comme je l'ai déjà dit, savait crier fort, très fort!