Il s'agit d'un mouvement lent
ainsi qu'on voit passer la foule
furieuse comme la pierre qui roule
qui enfle grossit comme la houle
qu'un nom infâme enflamme et soûle
sur la grande place quand elle déboule
comme lentement elle s'écoule
elle se repose devient plus cool
les courses folles les cavalcades
les slogans les rires en cascades
les piaffements et les ruades
les huées et les rires insolents
perçus sur un rythme affolant
s'entendent sur un rythme plus lent
rompant avec son bruit de forge
ayant quitté l'étroite gorge
le peuple en marche se fait dolent
avant de reprendre son élan
Dans un orchestre ça va de soi
Ce n'est jamais chacun pour soi
Comme dans le vent les roseaux ploient
Obéissant à la même loi
Comme s'ils caressaient de la soie
Tous les violons jouent à la fois
Et puis tel un oiseau de proie
Sur l'avant scène pour qu'on le voit
tirant la couverture à soi
Comme s'il disposait de l'endroit
Pour lui tout seul et à bon droit
Commence à jouer le piano roi
Quand le piano charme nos oreilles
Quand les violons jouent les abeilles
Qu'elle se fait douce comme du miel
Qu'elle nous promet monts et merveilles
La grande musique nous ensoleille
Alain





