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L'/r/ de l'a


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5 réponses à ce sujet

#1 serioscal

serioscal

    Serialismo Rigoroso

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  • Une phrase ::All series are not red. But some are. They burn-speak.

Posté 29 mars 2021 - 06:28

Les choses se sont arrêtées ici : /i/ devenait /r/. Ce qui ne correspondait à aucune loi phonologique ou graphique, bien évidemment. Il fallait que la folie d'un minimalisme morbide et maniaque fût à l'oeuvre pour qu'existât une pareille loi d'équivalence.
 
Toutes les preuves n'ont pas été réunies. On remarque la présence des traces, çà et là. Des traces aigres, sans doute liées à la présence de l'auteur (noté a). Mais elles n'incriminent que des résidus et un potentiel faramineux, bien qu'inexistant. 
 
L'aspect consonantique de la réalité serait ainsi en cause. Soit ! On note également la présence de revues scientifiques, dont l'intérêt semble "purement documentaire". La poussière souligne cet abandon heuristique total. La vie est faite de coulures de lumières, n'est-ce pas ?
 
On imagine qu'a (exclu de sa propre trajectoire, si l'on en croit les éléments résiduels) se sera étranglé dans son propre "poème" : l'/i/ étant devenu l'/r/, l'/e/ étant principalement dénié dans sa structure comme dans sa profération, l'/n/ pourrait être encore quelque chose de consistant, de constant mais au fait, on n'en sait rien.
 
Reste l'/r:. Sa présence gutturale diminuante. Son existence critique pareille à une expression cancéreuse. L'/r/ de l'a serait le reliquat ou la relique d'un "poème" prétendu, égale à son dessin, inaccessible à la parole.
 
On comprend l'exclusion de l'a. Sa forclusion aussi. Et on le plaint. Pourtant.
 
Le train avance 
lentement (c'est une ligne
où les incidents techniques sont
constants) mais il
avance (il roule)
lentement (ou 
peu à peu) d'une station
à l'autre. Les roues
frottent sévèrement
les rails. D'une station à
l'autre. Le train.
Rien. Non. Il ne progresse
presque pas. Il n'y a
pas de train. Et rien
n'avance ici.
Pas encore.
 
La principale préoccupation de l'a serait à ce moment de savoir si Carmina parviendra à perpétuer le chantage sériel sur lequel elle a pu asseoir son couple depuis des années (et ça a bien fonctionné) au point d'inverser toute la réalité des choses : elle n'a pas seulement fait croire à Augusto que son épouse d'alors (la soeur de Carmina) l'avait trompé avec celui qu'il voyait comme son meilleur ami (et qui l'était réellement). Elle ne s'est pas contenté e lui faire croire que l'enfant qu'elle attendait était de lui (alors qu'il était de son amant d'alors). L'enfant n'a pas vécu, au bout du compte. Elle a réussi à lui faire croire que sa propre fille n'était pas de son sang. C'est un mensonge sériel, qui irrigue toute la dramaturgie de la série. Et à présent, elle s'apprête à révéler ce mensonge appuyé par des preuves falsifiées à la propre fille d'Auguste, la jolie Elisa (jouée par la magnifique Angélique Boyer, héroïne par ailleurs de Teresa dont le personnage est à l'inverse d'Elisa opportuniste et manipulateur).
 
On peut comprendre que l'a délaisse toute autre préoccupation, dès lors : les brûlures d'estomac, la dérive psychique qui devrait le conduire à l'écriture d'un prétendu "poème", l'extrême ralentissement du train dû au malaise d'un passager d'un voyage antérieur (et qu'est-il devenu, ce passager ? Le malaise a manifestement eu une série de répercussions sur l'ensemble des trains de la matinée, dans les deux directions). Le mensonge triomphant, la cruauté régnante, les victimes salies et le crime impuni, l'amour en passe d'être rendu définitivement impossible pour les deux personnages généreux et altruistes que sont Elisa et Damian. Il reste certes une lueur d'espoir dans cette nuit sentimentale autant qu'axiologique. On pourrait s'accrocher à la croyance universelle qui veut qu'une telenovela se termine toujours bien. Que le couple injustement interdit, empêché, passe toujours victorieusement les épreuves au terme de 120 à 160épisodes. Mais l'ombre des Deux visages d'Anna plane sur l'univers complet des telenovelas mexicaines car, par un acte sacrilège, cette série se résout en deux variantes, dont l'une voit l'union d'Anna avec le rival de son prétendant initial. L'harmonie du genre s'en trouve perturbée à jamais. Et la sécurité morale qu'offrait jusqu'alors la télenovela est corrompue de façon irrémédiable.
 
Irrémédiable.
 
C'est un peu la même chose pour le "poème" prétendu de l'a, réduit en somme à deux consonnes dont l'une n'est qu'ombre (l'/n/) et l'autre agonie (l'/r/). Peut-être ces séries mexicaines ne font-elles que rejouer ce drame phonologique, en fait. Mais qui pourrait le dire ? Et avec quels mots ?
 
Peu importe, se dit l'a.
Pey importent les mots. Je ferai des enchaînements.
Avec du sable. Du sable du mot "sable".
Un mot de sable, c'est ce qu'il faut.
Pour balayer.
Rien.
L'a
s'interroge tout de même sur la situation particulière d'Horacio. Horacio est un criminel. Il a tué la plus généreuse femme du village. Par erreur. C'est son mari qu'il voulait exécuter. Et entretemps il est tombé amoureux de Lolita qui est la femme la plus douce du monde. Elle a sacrifié sa vie personnelle pour rester auprès d'Elisa. Elle ignore tout de cet homme qui était en fuite quand il est arrivé au village et qui a commis l'irréparable. Ce personnage est extrêmement intriguant. Si la rédemption est un thème récurrent des telenovelas, celle d'Horacio ne semble pas envisageable. Mourra-t-il ? Ira-t-il en prison ? A bien y regarder, ce village est le plus pourri du monde. La tromperie, l'adultère, le mensonge et le meurtre ont corrompu presque tous les protagonistes de la série.
 
Ce qui en fait une série stressante. A la limite de l'insoutenable.
 
Le "poème" prétendu de l'/r/ que ne parvient à résoudre l'a est une farce, en comparaison. Pourtant.
 
Pourtant cette décomposition du poème et l'élimination de la quasi totalité de ses éléments substantiels peut faire penser à un champ de bataille, le plus affreux au monde. La bataille de la Somme, rapportée au psychisme. Des bataillons entiers tombent. Les yeux de l'a se ferment. Une belle mélodie mexicaine résonne. Le "poème" prétendu anéanti chante à la porte du néant. Il a payé des mariachis pour ça. Ils ont proposé un air triste et embrasé, comme des nids de flamme sur le champ de bataille. On entend quelques mots : "la luna", "corazon", "esperanza". Mais tout cela s'adresse au néant. Et la porte reste close.
 
Pas un filet de lumière
ne traverse l'espace.
Pas une voix ne
résonne.
 
L'a entreprend de reprendre le train.


#2 DimDez

DimDez

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  • Une phrase ::Visiteur curieux

Posté 29 mars 2021 - 01:22

Tout va bien. Y'a R.



#3 serioscal

serioscal

    Serialismo Rigoroso

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  • Une phrase ::All series are not red. But some are. They burn-speak.

Posté 29 mars 2021 - 04:07

Oui mais sans e, pas de RER.

#4 Hattie

Hattie

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Posté 30 mars 2021 - 05:58

' Peu importent les mots. je ferai des enchaînements '

 

A ce stade de la pensée, a / .



#5 serioscal

serioscal

    Serialismo Rigoroso

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  • Une phrase ::All series are not red. But some are. They burn-speak.

Posté 30 mars 2021 - 06:43

Tantum series juncturaque pollet,

Tantum de medio sumptis accedit honoris.

 

Horace, cité par Vaugelas et Diderot.

 

"Plus l'enchaînement et les liens sont puissants,

Plus les mots du registre moyen gagnent en honneur"

 

(traduction personnelle)



#6 Hattie

Hattie

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  • PipPipPipPip
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Posté 31 mars 2021 - 05:03

la pensée précède le mot, la parole _

 

 

 

 

et le mot introduit la pensée _

 

 

 

 

mais la pensée n'est pas forcément bavarde, verbalisée _

 

 

 

 

jacter comme acter   _