J'aime le fond du temps, le voir au fol du vent...
Alfred me le crée, oh! Je lis. Trop-plein délite
Et moitié de ma vie à plein temps se débite
En temps morts décomptés par vanité souvent.
Le prendrai-je ce temps de m'accorder l'instant
Que l'on ne jauge pas en comment ni pourquoi,
Sans vouloir le gagner par joute ou bien tournoi?
Contretemps n'est fâcheux que par désir constant.
Ce zèle pour bien faire occulte le moment
Où l'erreur me fait dire: "Oh! C'est autant pour moi;"
La rousse de service en sourit sous l'émoi:
"Au temps pour toi, rêveur!", continuellement.
A la mi-temps du Je, le prenant comme il vient,
Je le calcule assez pour le voir dérisoire;
Espère-t-il passer de trop doute à tôt croire
Pour finir en retard en ligne qui convient?
Le guérisseur sublime est ici charlatan
Si blessure d'orgueil temporise et se joue
Des règles et bontés qu'auprès du dieu on loue.
Gardien du sablier glisse, ombre de satan.
L'espace d'heure sonne, note partiellement
Le plaisir du record de l'art de ne rien dire,
D'égrainer le boulier antique du délire
De versifier longtemps sous pseudo l'Air du Temps.
Je me voyais Vigny rimant ses « Destinées »
Mais las ! Mon âme rit à un si vain mirage
Et ici je deviens, enfin, Chemin Sauvage.
A la fin de ce vers mes mues sont terminées.
WildPath, mars 2012
Caméléon Du temps
Débuté par WildPath, mars 21 2012 04:53
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