Les vents du monde.
La morsure du simoun cingle le touareg
Sur son vaisseau bossu, qui pour une méharée,
Des djebels de l'Enndi à Tanezrouft et ses regs,
Déplace sa carcasse bleue sur les dunes desséchées.
Dans le golfe du Bengale la mousson de printemps
Souffle sur Kolkata ses torrents d'eau du ciel,
Diluant dans le Gange ses flots malodorants
De cadavres imbrûlés, manne providentielle.
LÃ bas dans la pampa les grands capybaras,
Se chauffent au soleil et à l'air du pampero,
Faisant naître les vagues du Rio de la Plata
Au bord duquel s'entendent les sons rauques du tango.
Du wâdî Araba au golfe d'Aqaba,
Seth le dieu destructeur fait brûler au Khamsin
La rocaille du Sinaï, où naquit la Torah,
Emportant dans sa barque la lumière de Sin.
Les hilotes de Sparte travaillant dans les champs,
Craignaient le froid de l'Etésien venu du Nord,
Telle une phalange d'hoplites qui allait de l'avant,
Armés de palladiums, sous les ordres d'Hector.
Du Mexique à l'Alaska les rocheuses étendent
Leurs sommets enneigés qui fondent sous le Chinook,
Dessinant l'arc-en-ciel que décrit la légende
Et sculptant les glaciers pour modifier leur look.
Des colonnes d'Hercule marquant deux continents
Venant de l'océan, à travers le rocher
Le Vendavel se lève aux confins d'occident,
Gonflant la grande voile du pécheur égaré.
Les nuages ont quitté le ciel de la Provence
Poussés par le Mistral et ses rafales denses,
Desséchant la garrigue et son sol minéral,
Aux senteurs de lavande et aux sons des cigales.
Du centre du monde ou habite le dieu Mexi,
Là où on parle depuis toujours le Nahuatl,
Le souffle chaud du Chocolatero défie
Les derniers des Mayas et leur Quetzalcoatl.
De la poussière chaude sur les terres australes
A peint le paysage aux couleurs de la pierre ,
Le Brickfielder du Nord a donné le signal,
Pour de son terne linceul transformer la matière.
Dans l'enfer Canadien, le terrible Barber
Enfonce ses fines aiguilles de glace dans les visages
De vieux trappeurs indiens à la peau pleine d'icters,
Comme s'il voulait par-là leur laisser quelques outrages !
A la barre de son sloop, un matelot barbu
Vers les îles des tropiques navigue vent arrière,
Au gré des alizés, ayant pour seule vue
Le sémaphore du port sur la rive côtière.
Ainsi sont ces grands vents qui partout dans le monde
Façonnent les paysages et contrarient les hommes,
Apportant du bonheur ou des soucis immondes,
En imposant à tous, ses non-choix dichotomes.
Moietmoi juillet 2007.
Les vents du monde
Débuté par Moietmoi, juil. 10 2007 07:51
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