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La raison n'existe pas ou si peu


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10 réponses à ce sujet

#1 sanpan

sanpan

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Posté 26 juin 2009 - 06:59

La raison n'existe pas ou si peu
Et les masques vivants sont en carton
Ils s'animent parfois de flamboyances baroques
A la pâleur des lampes de carnaval
J'ai joué au grand grand mêchant loup
Et j'ai gagné une partie absurde
J'ai vidé sans fond ma propre vie
D'un sampan de fleuve contrarié
Avec une simple louche percée
Les frères Grimm sont des géants
Chaussés de bottes de 20000 lieux
Dans une glace au tain glauque truqué
Un nouveau visage et quelques grimaces
Un lifting payé au prix d'épines de sang
J'ai rejoins Freaks et sa grande parade
Le cirque ambulant d'êtres malingres rejetés
Un phénomène de blog en peau de poésie
Depuis mes débuts non-dits et Promithéfié
Je me dévore moi-m^me complexe d'indécence
Je suis au plus profondément seul
Et du m^me temps si profondément vrai
Peut-^tr comme au début de l'existence
2001 l'Odyssée de l'idiotie à rebours
L'idée m^me d'un embryon au premier jour
Je suis au plus profondément seul
Et du m^me temps si profondément humain
Cela ne m'effraye plus vraiment
Car il n'y a pas de raison non plus
On peut aisément surseoir à l'apparence
Au nom d'une dette d'enfance
Je comprends, de loin, certains reclus
Enfermés à double tour de l'intérieur
Frottés au paillasson des somnambulences
Je joue à qui perd, paye et passe
Elephantman grisé d'incandescences oisives
Je suis aussi profondément humain
Et en passe de gagner si calmement
Tu tires le tapis, tout le monde descend
Alors aujourd'hui, 29 juin au matin
J'écris cette fois un peu de vérités
A la lueur vascillante des sincérités
Pour m'éclairer, juste trouver la route
Je joue à qui perd, perd et paye
Au nom d'une fausse note de défiance
Je vole Birdy, fait l'ange et la bête
Comme un Schreck en mal d'aimer
Profondément seul en mon île australe
Perdu en ma savane, poète naïf
Au couchant empiété d'oiseaux gisants
A l'heure où l'aigrette veille sur une patte
J'ai glissé la barque à fond plat
Et songe désormais au coeur du marais
Bercé librement du calme d'eau plate
Je vois les sables ocrés d'ambre et mouvants
Il y a cette femme belle à la flûte
Tout ce paradis emplein de verdoyance
Le serpent des tentations et de luxuriance
Et pourtant je reste si profondément humain
J'aimerais pouvoir finir comme un félin
Me coucher sur le flanc en grognant
Léchant mes zébrures une dernière fois
Il n'y a pas de raison, juste des apparences.







#2 .ds.

.ds.

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Posté 26 juin 2009 - 07:10

... oui !





L'isolement
Alphonse de LAMARTINE - (1790-1869)

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

#3 sanpan

sanpan

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Posté 26 juin 2009 - 07:12

Aux lecteurs et lectrices
J'ai hésité à publier ce texte (trop...).
Je suis en colère après moi_même. J'ai dépassé mes propres bornes (littéraires). Je ne peux pas devenir une simple caricature de caricature.
PS: Profondément seul ne veut pas dire que je sois seul, je parle de formes subtiles de l'isolement.



#4 .ds.

.ds.

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Posté 26 juin 2009 - 07:14

Aux lecteurs et lectrices
J'ai hésité à publier ce texte (trop...).
Je suis en colère après moi_même. J'ai dépassé mes propres bornes (littéraires). Je ne peux pas devenir une simple caricature de caricature.
PS: Profondément seul ne veut pas dire que je sois seul, je parle de formes subtiles de l'isolement.



Je pense l'avoir compris.
Ne pas hésiter surtout, puisque ce texte "vit".
En tout état de cause, merci.

#5 sanpan

sanpan

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Posté 26 juin 2009 - 07:26

[quote name='.ds.' post='171881' date='Jun 26 2009, 08:10 PM']... oui !


Ah la oui et je le connais fort bien celui-là.
Magnifique ce texte de Lamartine, il y en a un de Victor Hugo.
Sinon ... oui aussi !!
PS: rien à voir mais on s'en fiche: quel regard de défiance.



L'isolement
Alphonse de LAMARTINE - (1790-1869)

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons ![/quote]

[quote name='.ds.' date='Jun 26 2009, 08:14 PM' post='171886']
Je pense l'avoir compris.
Ne pas hésiter surtout, puisque ce texte "vit".
En tout état de cause, merci.

Ta compréhension des choses est toujours belle... Et qu'est-ce que tes derniers textes sont inspirés. Le mien ne me satisfait pas à l'écriture mais il dit bien certaines choses. Bye ma bohémienne.

#6 claricorne

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Posté 26 juin 2009 - 07:57

Déambulation en profondeur, on peut t'accompagner...
Salut toi!

Il ne sert à rien d'être en colère contre soi. Ca fait la bile noire...
(Grand Scarabée)
;)

#7 Estelle

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Posté 26 juin 2009 - 08:20

Bonsoir Sanpan..

Très émue et touchée par tant de sincèrité....
Ton écrit est si beau...
Il est la vie tout simplement...
Tes mots nous guide vers ce toi...


Merci Sanpan..

j'ai vraiment aimé te lire !!!!!

Bonne soirée
Mes amitiés
Estelle

#8 sanpan

sanpan

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Posté 26 juin 2009 - 08:26

[quote name='claricorne' date='Jun 26 2009, 08:57 PM' post='171914']
Déambulation en profondeur, on peut t'accompagner...
Salut toi!

Il ne sert à rien d'être en colère contre soi. Ca fait la bile noire...
(Grand Scarabée)
;)

Merci, ma clari. Tu sais ce sacré Vang parfois c'est trop... L'empathie Ok, dire pour dénoncer oui, flamber des vers du bois de sa vie, pourquoi pas mais pas virer au sensationnel juste pour l'épate. Bref le baroque gore faut peut_être éviter. Byebises (tu ressembles à quelqu'un que je connais très bien hi hi) et te ... bile pas pour moi

#9 Invité_souris_*

Invité_souris_*
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Posté 26 juin 2009 - 10:30


Bonsoir Sanpan

J'aime bien ton évolution poétique, mais surtout qu'elle ne t'enferme pas,
je pense que les poètes doivent essayer toutes les palettes qui se présente...
Décidément oui, je t'aime bien dans ce relatif apaisement :

J'ai glissé la barque à fond plat
Et songe désormais au coeur du marais
Bercé librement du calme d'eau plate
Je vois les sables ocrés d'ambre et mouvants
Il y a cette femme belle à la flûte
Tout ce paradis emplein de verdoyance
Le serpent des tentations et de luxuriance
Et pourtant je reste si profondément humain
J'aimerais pouvoir finir comme un félin
Me coucher sur le flanc en grognant
Léchant mes zébrures une dernière fois

Il n'y a pas de raison, juste des apparences.


Amicalement
Souris


#10 sanpan

sanpan

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Posté 27 juin 2009 - 04:48

Bonsoir Sanpan..

Très émue et touchée par tant de sincèrité....
Ton écrit est si beau...
Il est la vie tout simplement...
Tes mots nous guide vers ce toi...


Merci Sanpan..

j'ai vraiment aimé te lire !!!!!

Bonne soirée
Mes amitiés
Estelle


Voilà pourquoi, j'aime les femmes, intuitives avant d'être soupçonneuses, généreuses avant d'être jalouses (enfin dès fois ça s'inverse après ... :lol: ). On a tous des hauts et des bas, après il faut trouver les mots (et c'est déjà beaucoup de travail >> pour moi). Cette forme de sincérité coûte chère, du même temps, elle permet d'avancer un peu ... Je ne me mens plus, c'est déjà ça (menteur! mdr)
Merci pour ce comm, bon week-end. Mes amitiés

#11 sanpan

sanpan

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Posté 27 juin 2009 - 05:14

[quote name='souris' date='Jun 26 2009, 11:30 PM' post='171996']

Bonsoir Sanpan

J'aime bien ton évolution poétique, mais surtout qu'elle ne t'enferme pas,
je pense que les poètes doivent essayer toutes les palettes qui se présente...
Décidément oui, je t'aime bien dans ce relatif apaisement :

J'ai glissé la barque à fond plat
Et songe désormais au coeur du marais
Bercé librement du calme d'eau plate
Je vois les sables ocrés d'ambre et mouvants
Il y a cette femme belle à la flûte
Tout ce paradis emplein de verdoyance
Le serpent des tentations et de luxuriance
Et pourtant je reste si profondément humain
J'aimerais pouvoir finir comme un félin
Me coucher sur le flanc en grognant
Léchant mes zébrures une dernière fois

Il n'y a pas de raison, juste des apparences.


Amicalement
Souris



Hey miss Souris (humour...) Comme d'autres, j'aime bien varier les registres. D'ailleurs, je suis aussi un excellent interprète apprenti caméléon, une photo me suffit parfois pour écrire un texte. Tant que je suis dans une forme de légitimité cela ne me pose de problème. Mais parfois ;;; y'a des mais. Oui aussi, je préfère mon côté apaisé, serein, rêveur et j'ose encore dire romantique... De toute façon, nous sommes humainement dans le compromis. Très amicalement. Sanpan.