Ce temps qui nous avale tout de go comme un oeuf,
et gobe les jours, les semaines, les mois
et que dire des années ?
A peine a-t-on le droit d'avoir vingt ans tout neufs,
que viennent se flétrir petit-à-petit les heures pleines aux abois,
d'une maturité blessant parfois, comme une laisse d'écorché.
Ce temps qui nous avale en self-service, hamburger prêt mâché,
et les clefs pour cette jeunesse si belle, perdues ?
Et refaire ce monde au numérique du surpeuplé, non convaincu ?
A peine a-t-on l'énergie à la fougue déblayant pierres et boue de l'été,
que les os ne peuvent plus, au fourbu et au vaincu,
de la vigueur d'ailleurs, fossoyeurs d'amants au nu
rusant avec la mort bientôt repue.





