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Lectures de Philippe Leuckx 2019


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Posté 18 janvier 2019 - 06:34

Philippe Leuckx est né en 1955 à Havay et vit dans le Hainaut belge. Il est l'auteur d'une trentaine de livres et plaquettes de poésie et de plusieurs monographies. Mais il est également critique et collabore à ce titre régulièrement à de nombreuses revues et plusieurs blogs.

Revue Texture est heureuse d'accueillir également ses notes de lecture.

Michel Bourçon : « Tout contre rien »

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Cent poèmes au ton bien Bourçon, entre délicate mélancolie et description quasi métaphysique d'un mal être constant, dès porte fermée, par la fenêtre ouverte, en promenade, en soi.
L'auteur de « Ce peu de soi » (la tête à l'envers, 2016) retrouve, après quelques recueils peut-être moins désespérés, où l'air maritime, les oiseaux, les vacances concédaient quelque ouverture , l'existence fragilisée, mise à nu, dans cette objectivation presque clinique d'un soi tourmenté, par un rien, trois fois rien, un intime délitement, entre angoisse informulée et poids du ça là, très husserlien. La phénoménologie à la « Bourçon » nous vaut souvent ces deux ou trois petites lignes décisives dans leur constat abrupt, dense, quoique toujours biaisé d'une tendresse même pour ce qui va moins bien :
« Il ne veut pas de cette vie prise au piège »
« Il crie mais personne n'entend dans le jour, le froid ou le noir, mieux vaut se taire dans la pièce à vivre. » (p.22)
« Quand cessent au ciel ses regards éperdus, / il voit à portée de mains, l'inatteignable ». (p.65)
Est-ce dire que notre poète de Nevers supporte moins le temps qui passe ? Une espèce de « fatigue pour toute compagne » (p.86) détrempe ces poèmes d'une eau de franchise et d'exposition de soi, en toute nudité des sentiments (« le passé pleut », « il est ballotté par une houle de peine »). La nuance veut qu'octobre, entre autres circonstances, souffle parfois de quoi « rajeunir » les traces pesantes du vivre. Mais « une étroite enveloppe » corsète notre bonhomme, si peu décidé à affronter parfois les autres « devenus inaudibles » (p.82).
La maîtrise des poèmes en prose, brefs (la plupart autour de 2, 3, 5 lignes), fluides, saute aux yeux du lecteur : il ne sent ni pose ni boursouflure de sens ; il repère la faille, l'audace tout de même de la dire sans ambages, « vivre hors de lui-même » suppose qu'on juxtapose à soi un autre, apte à vous décrire au plus juste.
Bourçon, selon moi, affine encore sa langue originale, et me semble l'un de nos meilleurs poètes francophones avec Grandmont, Miniac, Vandenschrick, Rouzeau, Dagtekinâ¦

(Michel Bourçon : « Tout contre rien », Vibration éditions, 2019, 110p., 16⬠.)
Philippe Leuckx

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