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« La retraite sentimentale »


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Posté 20 janvier 2019 - 06:31

« La retraite sentimentale » clôt le cycle des Claudine par lequel la future présidente de l'académie Goncourt inaugura sa carrière.

Colette on le sait écrivit cinq romans mettant en scène une adolescente puis une femme qui lui ressemblent, la série des Claudine, (que s'attribua son mari Willy) et dont le premier (« Claudine à l'école ») parut en 1900 non sans provoquer un scandale tant il témoignait d'une vraie liberté de ton. Après « Claudine à Paris », « Claudine en ménage » et « Claudine s'en va », la série se clôt sur « La retraite sentimentale » (1907).
On y retrouve les personnages des précédents ouvrages : la narratrice Claudine, son compagnon Renaud (en sanatorium pour y soigner un début de tuberculose et dont l'absence pèse lourd dans ces pages), Manuel, beau-fils homosexuel de Claudine qui nous vaut un portrait amusé, et surtout Annie, l'amie et confidente dans son domaine de Casamène où elle a accueilli Claudine.

Pour l'essentiel, le livre tient dans les échanges entre les deux femmes. Claudine pense tenir l'amour dans sa relation avec Renaud, mais la mort de celui-ci à la fin du roman la place dans une sorte de « retraite sentimentale », néanmoins assez sereine.

colette_1907-e61cc.jpg?1548330167Photo de l'écrivaine et journaliste Colette dans « Rêve d'Égypte », 1912

Quant à Annie, que les hommes émeuvent beaucoup et qui a eu autant d'amants qu'elle a accompli de voyages, elle incarne cette liberté conquise par certaines femmes de ce début de XXe siècle, dont Colette. Pour autant, son goût de « la chair fraîche » est parfois tyrannique et elle ne se croit pas heureuse, peut-être faute d'assumer et de revendiquer sa liberté.
Les bêtes - Toby-chien, Prrrou, fille de la chatte Péronelle - comme toujours chez Colette, sont d'autres personnages très présents et attachants du livre. La campagne, les éléments naturels, soleil, vent, pluie, neige, y font l'objet de belles évocations. Car c'est bien sûr ici, dans ces prémisses de son Åuvre, déjà le style de Colette qui fait tout l'intérêt d'un vagabondage et de digressions dont l'intelligence, la sensualité et la finesse séduisent à presque toutes les pages.

Michel Baglin

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